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mercredi, 31 décembre 2014

Nomadisme et imprégnations patrimoniales et matrimoniales bretonnes

          "Tu as deux mains en Or"... disait ma mère lorsque je lui présentais mes fabrications "Maison" où lorsque je travaillais à ses côtés... Celà me remplissait de fierté et je ne manquais évidemment pas alors de me comporter comme un coquelet... Mon père parlait peu, et ne me complimentait quasiment jamais verbalement... mais quelque chose, changeait subtilement dans son comportement, c'est tout... Au lendemain de mon 62ème anniversaire, ce 1er mars 2014, à quelques mois de mon départ en retraite, je cogite encore et toujours ces temps de mon enfance et de mon adolescence... et de cette cogitation "mémorielle" ressort d'évidence un "apprentissage" par imprégnation genrée et frayage idem. "Ce que je sais", "ce que je sais-faire" et "ce que je sais faire-faire" aujourd'hui résultent ainsi du mixage genré... Mes "coups de patte", mes "tours de main", domestiques ou professionnels, expriment, en quelque sorte, une part patrimoniale (patrilinéaire/agnatique), héritage de mon père, et une part matrimoniale (matrilinéaire/cognatique), héritage de ma mère... Ces héritages ne se limitent pas aux "savoirs-faire" techniques, et je prétend qu'il m'est possible de les décliner en partie dans tous les compartiments de ma vie d'homme... A partir de mon dossier de reconstitution de carrière (prépa. retraite) et de mes souvenirs j'ai monté un tableau de mon itinérance professionnelle et semi-professionnelle. et ainsi établi avoir exercé 29 activités différentes, dont 20 salariées, de 1966 à ce jour de 2014, et 9 non déclarées de 1963 à 1966. Et je pourrais encore affiner cette approche en déclinant chacune d'entre-elles sur le mode "Théorie de l'activité", par action, par opération et par acte... En fait, ce listage de mon itinérance ne rend compte que des activités les plus saillantes et les plus normées, celles qui surgissent immédiatement lorsque je sollicite ma mémoire... mais l'exploration en profondeur révèle aussi une multitude de "bulles" quotidiennes multicolores, multi-référetielles, chacune chargée de minutes actives, aventureuses et découvreuses... un bouillonnement de "petits-pas de vie" dont chacun n'est pas forcément joyeux... Si mes souvenirs d'avant mes 11 ans (1963) sont moins nombreux, plus épars et plus effacés, ou plus enfouis, ils sont tout autant genrés... Aussi loin et profondément que j'introspecte ainsi, aussi loin que je tente l'analyse comparative, descriptive, critique, apparaîssent systématiquement et indéniablement, les empreintes, les signatures matrimoniales/patrimoniales... un héritage mixte et égalitaire = une dose de Matrimoine + une dose de Patrimoine (Françoise Birkui, mars 2012, asso. Idem, Univ. de Perpignan/département de sociologie)... et j'en suis fort aise !!

          A ce tableau d'itinérance professionnelle et semi-professionnelle j'ai accolé un tableau  d'itinérance géographique résidentielle. Ce dernier contient 22 adresses et 21 villes, de Pont Aven à Strasbourg, où je réside actuellement avant de retrouver ma Bretagne natale pour terminer mon cheminement. Il ne répertorie pas les résidences "routardes" de ma "période" beatnik-hippie (auto-stop), ni celles de mes escapades musicales (road-management), non plus celles dans le cadre de mes missions de  formation professionnelle labellisées Europe. Je n'ai comptabilisé que les résidences locatives baillées de plus d'un mois, à une seule exception près, lorsque je travaillais pour la famille Gouin, industriel forain propriétaire de Radios-Skooters (autos-tampons). J'étais alors logé, avec deux autres ouvriers, dans une caravane et nous "faisions" les fêtes des villes et villages du Finistère et du Morbihan. Je raconterais cette période foraine dans une prochaine publication. De cette itinérance géographique résidentielle je réfère un héritage patrimonial et culturel extirpé de l'étude de ma généalogie patrilinéaire Le Garrec (mon père), élargie à Pennnanguer (grand-père maternel), et de mes recherches pour la reconstitution des carrières de mes ancêtres marins/cultivateurs/agricultueurs. Je réfère également un héritage matrimonial extrait de ma généalogie matrilinéaire (par les femmes, avec pour bases ma mère Pennanguer à (29) Ergué-Gabéric et ma grand-mère paternelle Peron à (29) Moélan sur Mer, mais il m'est bien plus difficile d'établir, au fil des générations, les carrières de mes aïeules... Rarement sont indiqués les métiers de celles-ci sur les documents d'état civil, et mëme sur les recensements... Depuis 339 ans les hommes de ma lignée patrilinéaire Le Garrec sont déclarés marins et cultivateurs, tous nés à Kerglouanou, un lieu-dit de Moélan sur Mer (29), sur le littoral Breton... Celà est vrai également pour mes lignées agnatiques de proximité. Dans la lignée Pennanguer, depuis 394 ans, quasiment tous les hommes sont agriculteurs (mon grand-père était aussi ouvrier papetier !) à Elliant et Ergué-Gabéric... mais, sauf pour mes grands-mères (paternelle/maternelle), "à portée de voix", on ne peut, le plus souvent, que supposer l'activité professionnelle des femmes des générations précédentes. Le constat est le même pour mes lignées cogatiques de proximité. Des suppositions basées sur les traditions familiales, dont le mode patrilocal (résidence de la femme chez son mari) et le système traditionnel de l'économie littorale/rurale locale. Sur le littoral, en l'absence des hommes (père, frère, fils, conjoint), les femmes "tenaient" la maison, le foyer, élevaient les enfants, travaillaient la terre, soignaient les animaux, vendaient leurs productions au marché, et parfois encore pratiquaient la pêche côtière à pied ! Et je crois bien possible encore de nombreuses autres activités vivrières, pécuniaires... Dans le monde rural, "dans les terres", c'était la même chose, les activités de pêcheries en moins, mais avec des emplois complémentaires d'ouvrières et de services domestiques (usinier, couturier, ménager, lavandier, par ex.). Le plus souvent ces emplois féminins n'étaient pas déclarés, et, en conséquence, l'analyse des dossiers "Retraite/Reconstitution de carrière" ne produit généralement pas grand-chose sur ce thème. Parfois même de tels dossiers n'existent pas. Reste l'épluchage méthodique de toutes sortes d'autres documents archivés, une recherche par hypothèse (s)... J'aimerais pourtant parvenir à établir sur trois ou quatre générations autant de tableaux individuels d'itinérance professionnelle/semi-professionnelle et d'itinérance géographique résidentielle, mais les données sont difficiles à collecter. A ce jour mes ancrages terriens ancestraux sont tous Finistériens, Moélan sur Mer (1665), Elliant (1624) et Ergué-Gabéric (1785), avec une "bifurcation" matrilocale (résidence du mari chez sa femme) par Beuzec-Conq (29) en 1781... Ancrages terriens, y compris, évidemment, pour les marins... dont on peut, pour chacun, retracer l'itinérance maritime dans leur "Relevé des états de service" officiel. Ainsi, pour mon père, je note, de 1918 à 1953, une itinérance résidentielle économiquement obligée, soit 9, peut-être 10, ports "d'embarquements" réguliers : Doélan ; Bordeaux ; Le Havre ; Toulon ; Lorient ; Groix ; Concarneau ; Lorient ; (peut-être Brest) ; et, enfin, Pont-Aven... Du côté des femmes la sédentarisation terrienne était quasi obligatoire car elles étaient interdites de travail sur les navires !! Le plus souvent, lorsqu'une femme de marin quittait sa terre natale c'était pour accompagner son conjoint en résidence locative, ou de fonction, dans son port d'attache maritime. En vérité aucune n'avait d'autre choix que de suivre son mari (patrilocalisation) jusqu'à la résidence dernière, au terme de sa vie, au bout de leur vie !! La première femme de mon père, Jeanne, originaire de Plougasnou (29), l'a ainsi suivi du port du Havre, lieu du mariage, à celui de Toulon où elle est décédée. Il en a été ainsi pour plusieurs de mes tantes, dont Emma-Marguerite et Marie Josephe, qui, mariées et devenues mères, se sont sédentarisées en terre d'émigration, à plusieurs centaines de kilomètres de leur lieu de naissance... Pour ma mère la reconstitution de carrière et l'itinérance résidentielle, avant 1951, est extrêmement difficile à établir mais je ne désespère pas... Je sais simplement qu'elle a travaillé comme ouvrière agricole, ménagère et ouvrière d'usine dans la région Quimpéroise, puis est "descendue" à Pont Aven où elle a été employée successivement comme "femme de ménage", puis aide de cuisine, chez Nicole Corelleau, où je l'ai souvent accompagné, et au Moulin de Rosmadec, haut lieu de la gastronomie bretonne, et enfin lavandière indépendante jusqu'à son décès en 1978. Après trois mariages et autant de veuvages ma mère s'est installée en union libre avec mon père, à Pont Aven, vers 1951... De leurs diverses unions son nés neuf enfants, une soeur et 4 frères utérins, et une soeur et deux frères consanguins... dont je suis, père d'un énième Guillaume, "Patrimonial", né en 1996 en région parisienne, à Bondy (93)... 

          De là où je suis aujourd'hui j'ai le sentiment d'avoir toujours cherché à établir ce qui, dans mon comportement social et ma gestuelle technique, professionnelle, domestique ou autre, pouvait être considéré comme traces patrimoniales (patrilinéaires/agnatiques) et/ou matrimoniales (matrilinéaires/cognatiques). Ce qui, dans le jeu de mes pratiques techniques  quotidiennes, dans mes "coups de patte", mes "tours de main" où ma créativité, pouvait être attribué au frayage et à l'imprégnation de l'héritage matrimonial et/ou patrimonial... être attribué à ma mère et/ou à mon père, aux femmes et aux hommes de mes lignées généalogiques !?. Un questionnement valant autant pour mes rapports à la matière (la pierre, le bois, les métaux, etc), qu'au matériel (notamment les outils) et à l'environnement global. C'est, entre autres, dans ce sens que j'ai pensé une approche par tableaux d'itinérance. Mes recherches généalogiques vont également, pour une part, dans cette direction, et, de même, mes tentatives de reconstructions de carrières... On dit souvent "tu as hérité ça de ta mère", "tu as reçu ça  de ton père", mais ce qui est hérité ou reçu n'est jamais très éclairé, il faut alors chercher "soi-même", pour "soi-meme", de quoi il s'agit... Par gestuelle technique je signifie les mouvements de mon corps au travail, en activité dans la vie quotidienne... Saisir les traces, les empreintes de vie genrée, nécessite l'analyse de l'activité, et sa déconstruction par actions et celles-ci par opérations. Cette procédure est valide pour toutes les activités, dans toutes les configurations. Ainsi, très schématiquement, pour un maçon, réaliser un enduit de chaux implique successivement la préparation du support, la fabrication d'un mortier (eau, chaux, sable), le "jetage" de ce mortier sur le mur, le dressage à la règle, puis le talochage. La préparation du support et la fabrication du mortier génèrent plusieurs diverses opérations enchaînées, ou embrayées, de même pour le dressage, le "jetage" et le talochage de l'enduit. Un maçon n'est pas forcément de même niveau à tous les stades de l'action, il peut avoir des forces et des faiblesses gestuelles locales, ainsi, par exemple, être super en "jetage" et moins doué en talochage, ou inversement. Il, ou elle, peut aussi avoir des préférences et des "affinités techniques"... Il en est ainsi dans toute activité, chaque action, chaque opération pouvant être plus ou moins genrée, suivant l'importance et la force du rapport avec le frayage et l'imprégnation (patrilinéaire/agnatique-matrilinéaire/cognatique), différent pour chaque individu. Chaque trace, matrimoniale ou patrimoniale, dépend ainsi de l'importance et de la profondeur de l'imprégnation et du frayage. La tendance de l'ouvrier, du maçon, est le plus souvent "naturellement" orientée, lorsqu'il en a le choix et la possibilité, vers "son" activité, "son" action, "son" opération de prédilection, chacune genrée. Cette tendance vaut évidemment autant pour les hommes que pour les femmes. Et, puisqu'il y a ainsi un héritage technique, social et culturel genré, on doit considérer qu'il y a transmission, même inconsciente, de ce qui a forcément été un jour défini et révélé par quelqu'un (e), à quelqu'un (e), en cours d'activité, en cours d'action, au fil du temps... On peut donc essayer l'identification des contenus, les nuancer, les comparer au vécu actuel, au ressenti individuel hic et nunc. Parfois cette identification apparaît, simplement, de manière détaillée comme une évidence. Mais, le plus souvent, une telle tentative de compréhension, de "remontée aux sources", impose une écoute de soi plus ciblée, plus attentive, qui tient compte de la gestuelle et des "réponses" de la matière et du matériel. Une écoute affutée, située, qui révèle, ou pas, une "accordance", une "résonnance affine", la qualifie et signifie les genres. Des milliers de fois, au boulot ou lors d'activités domestiques, je me suis ainsi mis "à l'écoute" et dans un état d'observation sensible de ma gestuelle technique... Une  écoute en cours d'emploi !!... Se mettre "à l'écoute", se rendre disponible pour que puisse s'opèrer dans l'action, au fil des opérations, quelque chose comme un "transfert dialogique tripartite et trivalent" entre la part féminine ou masculine de Soi, le matériel et la matière dite "brute"... Accomplir le bon et beau geste pour que l'outil puisse oeuvrer l'expression de la matière... Choisir le bon outil pour que le geste juste puisse s'accomplir... Suivre Hegel (1805, 1982), selon lequel "il faut postuler une activité propre de l'instrument : voir en lui quelque chose d'auto-actif", en postulant de même pour la matière... Et encore et toujours chercher à établir la liaison identificatrice avec l'héritage matrimonial et patrimonial, trouver  les traces... 

          Pour l'ancien maçon traditionnel et coffreur-boiseur que je suis, devant un mur à enduire, la fabrication, à la pelle, d'un mortier est plutôt genrée au masculin, patrimonialement, avec un zeste matrimonial, alors que le talochage d'un enduit est surtout genré au féminin, matrimonialement... Le jetage traditionnel d'un enduit à la chaux compte trois "passes" : 1) le gobetis ; 2) le corps d'enduit ; 3) l'enduit de finition. Le gobetis implique des "jeters" à la truelle, amples et secs, presque violents. Je le qualifie de masculin. Le corps d'enduit implique un jetage plus court, plus lourd, velouté, un peu retenu. Il est mixte. Le jetage de finition est plus fin, plus expert, rasant, presque carressant, plus léger, plus pointilliste. Je le considère plus féminin.  Le talochage est l'action de dresser et de resserrer l'enduit, il est réalisé avec un bouclier, ou taloche... Ce mouvement technique est circulaire, à plat, sur la surface de l'enduit. La tradition veut qu'il forme des 8 qui se croisent, il ressemble fortement à l'action de godiller (terme de marine). Le geste est appuyé avec mesure, plutôt doux et ferme, glissant, presque carressant, non raclant, ample, souple et décontracté, il épouse les formes, contourne les obstacles, efface les aspérités. C'est un geste d'une forte sensualité, un geste qui chante et fait chanter. Il est, pour moi, féminin. La maçonnerie traditionnelle comportait autrefois de nombreuses spécialités, ainsi entre autres, le briquetage ou appareillages millénaires de briques en terre cuite et  le coffrage-boisage, l'une de mes expertises. Lorsque l'on décortique la technique du briquetage, comme pour l'enduisage (aujourd'hui spécialité façadier), différentes actions et opérations peuvent aussi être considérées comme genrées au féminin. Ainsi, par exemple, la pose calpinée, qui doit etre précise, soignée, respectueuse, esthétique, et impose un bon sens des proportions et des assemblages esthétiques ; la pose au "bridou" qui nécessite un bon et fin "coup d'oeil" ; le jointoyage, ou jointoiement (garnissage des joints), qui exige un sens de la finition soignée, de la patience, un goût de l'esthétique... De même, il est possible de distinguer les deux genres (m/p) dans la spécialité de coffrage-boisage, qui est la fabrication de multiples et différents types de coffres de moulage, la construction en bois de blindages et de structures de soutènement pour l'élévation d'arcs (droit, angulaire, cintré, brisé, etc) et d'arches (génie civil), le tunnelage, la protection et la préservation d'ouvrages, etc. Pour moi cette spécialisation est mixte, masculin-féminin, donc genrée matrimo-patrimonialement. La réalisation d'un coffrage est autre chose que la manipulation et le positionnement des banches métalliques, c'est le travail du bois, "à façon", au croisement de la menuiserie et de la charpenterie. L'un de mes anciens maîtres disait : "un coffrage en bois doit être conforme, indéformable, stable et étanche". Si l'on considère la conformité, ce travail exige de la méthode, de la précision, une minutie dans le mesurage, le traçage, la découpe, un sens de l'assemblage et de l'ajustement en atelier ou "en place" sur chantier, de l'adresse, de la force, de la résistance et de l'opiniâtreté. Je considère que cette conformation implique une combinaison genrée, masculin-féminin. L'étanchéité est un aspect technique fondamental du métier de coffreur, un coffrage qui fuit peut être à l'origine de désordres et de malfaçons dans l'ouvrage. Réaliser cette étanchéité  implique aussi de la précision, de la méticulosité, également un sens de l'assemblage et de la finition. Selon moi elle fonctionne au féminin. Les deux autres règles de validation d'un coffrage, indéformabilité et stabilité dans l'espace, sont plutôt masculines, plus rudes dans la pratique, ainsi  l'étaiement, le contreventement, le calage, etc... En coffrage, comme en menuiserie et en charpenterie, travailler le bois fait appel à des qualités très précieuses. Puisque "c'est le bois qui commande", alors utiliser un outil pour le travailler convenablement implique de savoir écouter la matière répondre au chant du matériel, quel que soit celui-ci : la scie égoïne comme celle à chantourner, la gouge ou la rape et le râcloir et même les différents marteaux, etc... Chantourner une pièce en bois, râcler, gouger et poncer sont des opérations  que je considère au féminin, parcequ'elles demandent un rapport sensible, léger, doux, presque précieux, avec la matière. Chaque matière travaillée est spécifique et répond "à sa façon" au geste et à l'outil, se refuse, résiste, accepte, parfois même boude... Quelle qu'elle soit -bois, pierre, métal, etc- toujours elle sonne différemment sa "guidance"", et chante sa différence, à celui où celle qui sait écouter... De même, chaque matériel, chaque outil possède "son" caractère, genré lui aussi,  avec lequel l'ouvrier doit composer. Et celà vaut pour tous les outillages à main, y compris électroportatifs et pneumatiques, pour maçonner, briqueter, coffrer, menuiser, charpenter, etc... En vérité aucun des deux genres n'est jamais dominant, il s'agit, quasiment à chaque fois, d'une combinatoire...

           Matrimoine ou Patrimoine, chacun est un héritage culturel, celui d'une lignée de femmes ou d'une lignée d'hommes... Chaque héritage est particulier, chargé du vécu spécifique de l'ancêtre et ainsi, successivement, depuis le sommet de l'ascendance, génération après génération. Cette charge est aussi imprégnée, selon chaque époque, par l'environnement humain, géographique et naturel,  de chaque lieu de résidence, et par celui des divers métiers exercés par les unes et les autres, avec leurs petites et grandes histoires... Chaque niveau générationnel cristallise l'ensemble des connaissances et des vécus divers alors disponibles, cette cristallisation hétérogène saisit symbiotiquement celle précédente. Il ne s'agit donc  pas d'un simple empilement d'héritages, comme une pyramide de blocs hérités, ni d'une sommation, mais bien d'une cristallisation hétérogène et située qui s'amplifie en se complexifiant... comme une boule de neige dévale le cheminement en escalier de la "Descendance"... Elle fait sens de la totalité des héritages successifs, mais un sens toujours et encore à déchiffrer... Et chacun fouille à sa manière, déchiffre à sa façon... ainsi mes tableaux d'itinérance, ce blog même, mes plongées dans  l'univers particulier des recherches généalogiques, mes cogitations introspectives, etc. Puisque la cristallisation hétérogène s'amplifie et se complexifie à chaque niveau générationnel, il importe aussi de considérer, à chaque fois, sa distillation fractionnée dont la diffusion génère de nouveaux fonctionnements, de nouveaux comportements, de nouvelles manières d'être, de nouveaux états, dès la naissance de la nouvelle génération (ou en permanence ?). Ce mécanisme de cristallisation hétérogène est donc, au fil des générations, auto-amplificateur, jusqu'au dernier niveau... le mien, De Cujus... Et, puisque la diffusion du distillat provoque  l'émergence de la nouveauté - et le renouvellement ! -, alors qu'il résulte de l'extraction de la cristallisation hétérogène de la totalité historique transgénérationnelle, on doit admettre que ce mécanisme auto-amplificateur est positivement rétroactif (rétroaction positive). Ne dit-on pas que "la vie est un éternel recommencement", comme le cycle des marées bretonnes !!. Ce qui fait du De Cujus le réceptacle transitoire, ou dernier (?), de la cristallisation hétérogène comprenant aussi les dimensions structurelles de la psyché (conscient-inconscient collectif et individuel) et de l'archétypisme héréditaire (réf. JUNG). Selon la théorie psychanalytique les bases de presque toutes nos connaissances essentielles sont structurellement prédéterminées par les archétypes de l'inconscient collectif. Et c'est bien cet héritage global qui me taraude constamment... Au travail, souvent, très souvent, j'ai parlé, et même chanté, avec les pierres et le bois et élaboré d'innombrables et fantastiques sagas chevaleresques pour atténuer ma souffrance, soutenir mon corps et conduire mes gestes techniques, et tant d'autres choses encore... Souvent, très souvent, en cours d'ouvrage  j'ai raconté mes espoirs et mes rêves à l'outil en fer, des rêves d'ailleurs et d'autrement... Souvent, très souvent j'ai senti à mes côtés, où voulu sentir, des ancêtres apaisants... J'ai taillé la pierre et le bois presque comme celui des temps anciens raconté par André Leroi-Gourhan... Et de mon père et de ma mère j'ai imité les gestes artisanaux et domestiques et reçu silencieusement le substantiel héritage avec lequel j'ai cheminé jusqu'ici, "le corps en question",  "le corps à l'écoute", "le corps disponible"... Mais aussi "le corps senti, le corps représenté, le corps perçu, le corps pensé" (J.M Brohm, 2001). Un corps comme médiateur de nos "conversations" avec le monde... mais également un corps dont il faut se déprendre pour être libre d'Etre... J'ai frayé mon chemin dans l'étendue ancestrale et laissé toujours advenir, et autant que possible, l'objet du chant intérieur... Je n'ai pas marché en rêvant, ce sont mes milliers de rêves transgénérationnels qui ont conduit, et conduisent encore, mes pas.

           De mes tableaux d'itinérance  ressort le nomadisme, celui de mes résidences successives et celui de mes différents emplois... De l'analyse de la carrière de mon père apparait la même tendance, et je tiens sans doute de lui ce que certains nomment péjorativement "la bougeotte"... et ce que d'autres sinistres critiques prédicteurs commentent et raillent en affirmant sentencieusement : "36 métiers, 36 misères", "Bon à tout, bon à rien" !! Mais, loin de ces misères prétendues, presque souhaitées par ces mauvaises langues acerbes, le nomadisme n'est pas instabilité ni errance sans but... Il est le cheminement expressif, curieux et parfois génialement aventureux et expérimental, vers la réalisation de "Soi"... Par ma mère je tiens l'ancrage terrien, amont et aval à la fois, celui qui salue le départ et l'arrivée, le lieu du ressourcement à la croisée des chemins, le foyer... Mais d'elle je tiens aussi l'altruisme et la profondeur de l'empathie, et, comme pour mon père, mille choses encore du distillat matri-patrimonial... Et j'ai conscience, aujourd'hui encore plus qu'hier, d'être le De Cujus, réceptacle transitoire - puisqu'un fils "m'est né", mais le fait aurait été le même si l'enfant avait été une fille - chargé d'histoires de vie à dire, à offrir, à aimer et à vivre autrement, hic et nunc... J'ai encore beaucoup à découvrir du contenu de cette charge, il me reste à trouver et à identifier les multiples traces, et tenter  de  les mettre en lumière après me les être expliquées... Je fais pour le mieux possible avec mes découvertes... pour le reste "on verra"...

Voici l'adresse d'un gîte rural que je vous recommande, il est tenu par un ami d'enfance Pontaveniste :

Pierre Rosot, "Le refuge de la Salamandre"

Lieu-dit Poultréau... 29300, Baye.... Non loin de Quimperlé (Gare SNCF)

Tél : O6. 62. 48. 81. 10      Site Weeb : lerefugedelasalamandre.com

KENAVO                                           SIZIG LOEIS AR GARREG

18:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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