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mardi, 09 avril 2019

A Pont Aven, l'Oseille sauvage et 6 fruits buissonniers...

               Je  vais écrire ici un temps que les adolescents ne peuvent pas connaitre aujourd'hui sauf, peut-être, quelques-uns, ceux de la campagne profonde et de la "rase campagne"... Une campagne profonde dans laquelle les chemins de traverse ne sont pas banalisés selon un plan de randonnée et dans laquelle on peut encore évoluer dans un désordre naturel... celui foisonnant des taillis et des buissons épineux, des hautes herbes, des orties "urticantes" et des ronces griffues qui lacèrent la peau... celle des talus éboulés et des pierres levées... la campagne des courses folles à travers les champs et les bois jusqu'à la tombée du jour, et même un peu plus... celle de toutes les conquêtes et des aventures au bout du monde, au bout de soi... au fond de soi... celle de l'émergence des rêves au milieu des fleurs... celle de mon enfance buissonnière et sérendipitiste, pré-beatnick, pré-hippie... celle natale à laquelle je me réfère le plus souvent, à partir de laquelle je lis les ailleurs, tous les ailleurs... celle d'un territoire, au fond d'une vallée, dans laquelle se niche la ville de renom, aux 14 moulins et 15 maisons, célèbre pour ses galettes "Traou Mad", son Musée Gauguin, sa pléiade d'artistes peintres et ses multiples autres illustres... Ainsi le barde Théodore Botrel (1868-1925), inventeur de la "Fête des fleurs d'ajoncs" première des "manifestations" folkloriques bretonnes en 1905... et le chansonnier Emile Cueff (1895-1952), dit Kaner Léon, ami et interprète de Th. Botrel, natif de Saint-Pol-de-Léon, marié à une Pontaveniste, Janedik, avec laquelle il a chanté un peu partout en Europe et au Canada Français pendant l'entre-deux guerres (14-18/39-45)... Un ménage qui a consacré tous ses instants à la Bretagne et qui mériterait bien que l'on raconte son histoire...

Adolphe Piriou et sa famille

Mais encore aussi Adolphe Piriou 1878-1964, originaire de Morlaix, ici en famille sur la photo, violoniste, auteur-compositeur de musique classique, que l'on redécouvre aujourd'hui et qui résidait régulièrement dans sa maison parentale "Parc ann Déro", voisine de celle des Botrel... Plus anciennement encore, pour les "initiés" et les natifs, le Vicomte Hersart de la Villemarqué (1815-1895), dit Kermarker, auteur du "Barzaz Breiz, Chants populaires de la Bretagne", première édition en 1839, dédicacé à sa mère initiatrice du collectage oral et des écritures "poético-légendaires", Marie-Ursule-Claude-Henriette Feydeau de Vaugien du Plessix-Nizon (Plessis est une francisation), Comtesse de la Villemarqué (1776-1847)... Ici chaque Breton pourra sourire du rapprochement, plutôt du face-à-face, "Botrel-La Villemarqué" !! Et j'invite chaque Pontaveniste à méditer une telle confrontation devant l'état ruineux du "Château de Rustéphan" (De La Villemarqué) et celui presque luxueux de "Ker-Botrel" (Théodore Botrel) sur la rive gauche de l'Aven...

Xavier GrallDans les années 70-80, on croisait dans les rues de Pont Aven l'immense poète, écrivain et journaliste Xavier Grall (1930-1981), alias Saint Herbot, auteur, entre autres, de "Cheval couché", publié en 1977, en réponse critique au "Cheval d'orgueil" de Per Jakez Hélias (1914-1985), paru en 1975... Encore un face-à-face piquant... Et d'autres encore, de grande notoriété, qui, sur un plan différent de lecture et "d'influence", ont également contribué à établir ce territoire finistérien côtier comme havre d'artistes...

Jean Emmanuel Conil, alias Alain Page

Ainsi Jean Emmanuel Conil, alias Alain Page/Alain Ray, scénariste, écrivain et réalisateur auquel on doit les scénarios des films "La piscine" en 1968, et "Tchao pantin'" en 1982, avec "Coluche"...                                                       

Et aussi...

Benoite GroultBenoîte Groult, née en 1920, journaliste, femme de lettres-écrivaine et militante féministe, compagne de Paul Guimard (1921-2004), écrivain, journaliste et animateur TV, passionné par la mer... J'ai eu l'honneur de parler avec cette dame que m'avait présenté Lysane Garel, ma voisine antiquaire et souvent mon employeur… Le couple "descendait en ville" faire ses courses, et souvent stationnait "chez Nicole Corelleau-Le Floch" ou passait saluer Mme Guillerm... La liste est ainsi très longue des résidents, sédentaires ou saisonniers, qui ont tricoté une partie de leur histoire de vie à Pont Aven, faisant de leur séjour dans la cité, dite des artistes, comme un "rite de passage"...

Alfred JarryTrop jeune pour l'avoir connu, car il ne traînait évidemment pas dans "nos rues et nos campagnes" à mon époque, il me plait de citer, parmi les "oubliés du Musée Gauguin" et autres galeristes "Gauguinisés", l'immense Alfred Jarry (1873-1907), poète, écrivain, romancier, dramaturge et dessinateur-graveur, auteur en 1888 du magnifique "Père Ubu", et génial inventeur de la "Pataphysique", (1) qui séjourna chez "Marie Jeanne Gloanec" au cours de l'été 1894... et composa sur le livre d'or, trois poèmes consacrés à la célébration des tableaux haïtiens de Paul Gauguin qu'il admirait beaucoup : "L'homme à la hache", "La Orana Maria", "La manao tupapau"... Sur la "Pataphysique", à laquelle j'adhère complètement, Gilles Deleuze a développé l'idée, dans "Critique et clinique" (1993), "L'île déserte et autres textes" (1953, 1974), qu'en la créant Alfred Jarry a ouvert la voie à la Phénoménologie !! Et de cet avis, que j'ai découvert très récemment, j'en suis heureux... car, entre autres, "Phénoménologie de la perception" de Maurice Merleau-Ponty (1945), et "Phénoménologie matérielle" de Michel Henry (1990), sont des ouvrages auxquels je me réfère assez souvent pour décrypter ma vie buissonnière dans l' "écologie pataphysicienne Pontaveniste", et l'influence de celle-ci sur mes agissements de tous les jours... Plus près de mon temps actuel, dans le fil de mon adolescence, je dois aussi citer le tonitruant visiteur Glenmor, de son vrai nom Milig Ar Skanv (1931-1996), poète-chanteur-militant Breton, un habitué des lieux que l'on rencontrait souvent, comme Xavier Grall, parfois ensemble, souvent en compagnie du photographe Michel Thersiquel, originaire de Bannalec mais installé à Pont-Aven (pour lequel j'ai posé de très nombreuses fois !!), chez "Nicole Corelleau-Le Floch" ou chez "Madame Guillerm" qui nous servait le "Chouchen Lozachmeur" (de Baye !!)... A boire chaud ou froid !
Michel Thersiquel

Glenmor

Léo Ferré et GlenmorAussi Léo Ferré (1916-1993) qui, lors de ses tournées chansonnières régionales, profitait souvent, et discrètement, d'une "relâche" pour y passer boire un "godet"... J'ai encore en mémoire "au fond du gosier" certaines des "largesses bistrotières" de ces loustics là, tout comme quelques-uns de mes amis d'alors s'en souviennent aussi, Jean François Cutulic (Guitariste), Gérard Naour, dit "Gégé Trompette", Jean Burel (magnifique cuisinier, désormais conservateur artisanal de poissons, Ets. "Océane", à Concarneau), Philippe Doré (Comédien, prof. de Théatre), Jean-jacques Le Grill , dit "Dadi" (Guitariste), Michel Colin (électricien)...

Jean Burel

 

Jean Burel devant l'une de ses boutiques... Fidèle ami d'enfance, natif de Pont Aven...

 

 

Philippe Doré

 

 

Philippe Doré, comédien et Professeur de Théatre...

 

 

Sur le balcon, votre serviteur au centre, J.J Le Grill à droite, J.J Colin à gauche

 

 

Sur le balcon ci-dessus, votre serviteur au centre, à droite Jean Jacques Le Grill, dit "Dadi", avec sa guitare et, à gauche Jean Jacques Colin, dessinateur de B.D, frère du très regretté Michel Colin...

 

Chriastiane Rochefort

 

Je me souviens encore, avec Philippe Doré, avoir croisé sur le pont, un jour d'été des années 70-80, la très féministe Christiane Rochefort (1917-1998)) dans une belle décapotable "américaine" blanche !! Elle résidait alors à Concarneau... son ouvrage "C'est bizarre l'écriture". date de cette période... et peut-être avait-elle déjà commencé la rédaction foisonnante de l'immense "Archaos ou le jardin étincelant", bouquin magnifique, publié en 1973, qui a particulièrement imprégné ma façon d'appréhender la vie (2)...

André Even

 

Et comment ne pas citer quelque-uns de ceux qui partageaient une part de notre quotidien d'adolescent un peu "secoués", à savoir André Even, surnommé "Dédé la Braguette" (1918-1987),Lange  Yves (1926-2001), et son éternel chapeau texan (voir l'autoportrait ci-dessous), Guy Hénard (décédé "pauvre comme Job", après un passage à la Maison d'Arrêt de Bois d'Arcy)... Marcel Gonzales (1928-2001), ci-dessous en 1970 (Je ne suis par sûr que le présent accolement aurait fait plaisir à l'un et à l'autre !!)... tous artistes peintres qui tentaient "l'accomplissement du désir de reconnaissance" !!

Yves LangeMarcel GonzalesMais encore, un ami sincère, Georges Oriot (1928-2004), un céramiste magnifique, de tout premier plan, mais tellement méconnu... très injustement oublié, et c'est peu dire, du "Musée Gauguin"...

Cette "partie de campagne" bretonne, profonde et spirituelle, "avait", ainsi, un parfum spécial, comme un "je ne sais quoi et presque rien" (V. Jankélévitch) d'une émanation, d'une transpiration, légèrement libertaire... celle d'une composition identitaire territoriale humaine, toujours particulière, dominée par les activités meunières et usinières (conserveries de légumes et de poissons), le commerce maritime (ostréicole, sablier, cabotage...), l'artisanat (tournerie sur bois, saboterie, etc...), l'agriculture et la culture vivrière, le tout arrosé de "productions picturales", de disputes poétiques existentielles et de chamailleries philosophico-artistiques adjuvées de "négoce effréné", sur un sol Breton Finistérien "palimpseste" qui, selon Jean Marc Bresse (3), est "porteur de toute une superposition de passés... une construction historique"... Et pour Silvio Guindani (4), une identité territoriale qui "résulte du profit culturel de la collectivité (et) reflète aussi une série d'autres paramètres en constante interaction qui se conditionnent naturellement... par exemple, la nature et le paysage, ainsi que le patrimoine bâti..."... Et sur ce sol là, celui sur lequel je suis né, est venue se poser et croître, une multitude étrange... et dans cette composition humaine là se sont diffusées, comme les rumeurs, des cogitations complexes "d'ailleurs et d'autrements", de tumultueuses pensées immodérées d'artistes provocateurs, anars-libertaires, révocateurs, innovateurs... Une analyse approfondie de cet "ambiancement" localisé ferait apparaître quelques incongruités dans le comportement individuel et collectif actuel, ou du moins celui des années 50 à 80, des "Pontavenistes natifs", une acquisition inconsciente, ou, plutôt, une "imprégnation", au sens de Konrad Lorenz (1903-1989)... trans-générationnelle, et originale... Et comme nul enfant ne peut échapper à la pression de son environnement je considère ici bien fondé, pour ce qui me concerne, de référer à ce que Lev Vygotski (1896-1934) nomme la "Zone Proximale de Développement"...  Tout comme nos anciens, celui que je suis, avec mes amis d'enfance et mes copains d'école, sommes donc "signés" et avons "signé" Pont-Aven, ville de renom aux 14 moulins et 15 maisons, commune non commune du Finistère... Sur les rives de l'Aven, dans cet "écrin de verdure" chanté par Th. Botrel et peint de tant de manières différentes par la "multitude artistique", dans cette lumière/luminosité particulière, exprimée par Paul Gauguin, qui enveloppe et "impressionne" le tout et révèle au fil des jours et des saisons les chanteaux colorés, multicolores, toujours différents, de l'environnement, chaque natif est ainsi imprégné "à vie"... Une imprégnation polycentrique !! Mais Pont Aven ne se réduit pas à Gauguin et Gauguin n'est pas Pont Aven, loin de là !!

          Il y a quelques mois, en mai 2018, je suis retourné à Pont Aven, et j'ai été vraiment très peiné, entre autres, de ne plus y trouver sa luminosité particulière... Quelque chose d'essentiel avait disparu, quelque chose de la nature... quelque chose pourtant encore "en vie" dans ma mémoire perceptive, celle développée dans mon enfance... Et dans la rue, les personnes croisées étaient des "hors mouture locale" (!!), un très grand nombre de non-sédentaires, beaucoup de saisonniers de tous types, principalement axés sur le commerce touristique et la marchandisation de l'art... Il ne s'agit pas ici de nationalisme, de régionalisme ou de localisme primaire, rejetant ce qui est autre, différent, ni d'un passéisme maladif. Rien de tout cela, malgré une certaine forme de nostalgie.  Mon chagrin était, et encore aujourd'hui, autrement motivé, avec un peu-beaucoup de romantisme à la clé, et quelques larmes versées... Durant ces tristes jours de mai il m'a fallu admettre le passage du temps, de mon temps passé en d'autres lieux, et tenter d'accepter les multiples changements dans l'ordre paysager de mon enfance à Pont Aven, et notamment dans celui du patrimoine bâti avec ses diverses incidences malheureuses sur celui de la nature... De mon point de vue les décideurs, aménageurs, urbanistes et ruralistes, n'ont pas "réfléchi" la luminosité particulière saisie par l'illustre Gauguin, ses condisciples et ses prédécesseurs, et ont négligé complètement de garantir la mémoire des lieux, l'âme du site... La multiplication des constructions sur les coteaux de l'Aven et les éclaircies forestières et arbustives conséquentes, étendues par quelques tempêtes, a dé-composé cette luminosité naturelle particulière. Faute de la préservation du cadre de verdure elle est devenue blanche... Une lumineuse blancheur vide, malade, réverbérée par la cimenterie des façades et autres ouvrages bétonnés... Une lumière "touristique", lissée, banalisée, qui n'inspire pas, ou plus, et qui "baigne" sans histoire les bateaux et les promeneurs... Et si l'on considère les analyses de Jean-Marc Besse (3), il apparaît bien que depuis une quarantaine d'années, voire plus longtemps encore, les décideurs et les prétendus développeurs de l'économie et de la vie locale, pas forcément des natifs, ont assez nettement négligé la dimension "affectante", "imprégnante", de la "construction historique" et de la "superposition de passés" divers, cette "série de paramètres en interaction qui se conditionnent naturellement"... Tout ce qui "faisait" qu'être de Pont Aven c'était être un peu particulier, dans une mouvance Bretonne traditionaliste... Et je ne suis pas convaincu que Gauguin et ses condisciples auraient accepté de s'installer et de vivre dans une commune dont la lumière a été baissée, artificialisée par des logisticiens de l'expansion "économico-touristique"...

              Ces jours de mai à Pont Aven j'ai cherché mes anciens chemins dans la campagne et sur les rives de l'Aven... J'ai beaucoup marché, et souvent, devant les clôturages des nouvelles propriétés privées, il m'a fallu revenir sur mes pas... Et sur le bitume fondant des nouveaux tracés mes pieds ont regretté la pierraille des chemins creux... Et les derniers de ces chemins pierreux d'alors étaient devenus comme des cendrées aux bordures dégagées... aucune foulure à craindre, aucune griffure non plus... Au pied des balisages réglementaires d'une guidance formatée, quasiment où que j'aille dans la campagne de mon enfance, au fil des paysages et de mes refuges d'autrefois, je me suis senti gommé, effacé... Et, de fait, mon histoire, comme celle d'autres Pontavenistes, a ainsi été dé-naturée, et les contenus de mes apprentissages et de mon vécu en ce lieu là, niés... Dans ce cadre globalement aseptisé et banalisé ma mémoire extéroceptive-proprioceptive (somesthésique) est presque restée sans écho... Presque, parce que, tout de même, à certains moments et endroits, j'ai ressenti quelques picotements nostalgiques et encore versé quelques larmes... ce qui, d'un certain point de vue, est assez heureux. Ainsi, à "Rozambidou" et du côté de Keramperchec, puis à l'entré de "bois de Kerviguelen" sur la rive droite de l'Aven, sur la "passerelle" et la "cale Sinquin" ou l'on pêchait les mulets au "grappin" et, sur l'autre rive, près de la "Roche Forme" ou "Sabot de Gargantua", j'ai retrouvé quelques vestiges de "ma" nature sauvage...

Oseille Sauvage

En ce temps là, sur les bords de presque tous les chemins, on trouvait encore de l'Oseille, une plante Herbacée Dicotylédone de la famille des Polygonacées dans laquelle on trouve aussi la Rhubarbe et le Sarazin... J'adorais en manger... son acidité me faisait grimacer mais je me gavais de feuilles et adorais sucer sa tige et ses nervures... Lorsque je courais les champs et les bois, quand je faisais "l'école des buissons", pour assouvir mes petites faims et mes petites soifs, je prélevais les plus tendres feuilles sur les tiges fleuries, ou, bien avant la formation de la hampe florale, ou "montaison", et le fleurissement, que "j'embouchais" par poignées... Il m'est arrivé quelquefois de confondre l'Oseille avec une autre plante, urticante et traîtresse, qui mettait ma bouche en feu... Les tiges les plus vieilles sont ligneuses, pauvres en sève, et donc ne sont pas "bonnes"... Il y a au moins trois sortes d'Oseille : 1) Rumex Acetosa. L, ou Oseille commune, ou Oseille des près, ou Surette, qui pousse au ras du sol et dont les feuilles un peu arrondies, comme celles des épinards, montent jusqu'à environ 15 centimètres. Elle a une tige généralement dressée qui se ramifie en son sommet. Comme tous les Rumex les feuilles de sa base sont vert foncé, disposées en rosette. Sa floraison est entre mai et août, ses petites fleurs sont rougeâtres... 2) Rumex Obtusifolius. L, ou Rumex à feuilles obtuses, qui peut atteindre 50 à 120 centimètres de haut, avec des inflorescences de couleur vert pâle à rouge vif... 3) Rumex Crispus. L, ou Rumex Crépu, qui peut atteindre 50 à 150 centimètres... Le plus souvent on les trouve toutes sur les talus lorsque la terre est acide et riche en nitrates... Toutes ces Oseilles sont rafraîchissantes et apéritives... Elles contiennent de la vitamine C, environ 125mg pour 100 gr, de la vitamine E. Les oligoéléments font aussi la richesse de ses feuilles, notamment le fer, environ 3mg pour 100gr, le magnésium, le cuivre et le zinc... On y trouve aussi, en quantité assez importante, de puissants anti-oxydants tels que les caroténoïdes. Mais elles contiennent également de l'acide oxalique qui peut former avec le calcium des sels insolubles, non assimilables par la muqueuse intestinale... Selon les anciens, lorsque l'on était piqué par un insecte ou des orties, pour arrêter la démangeaison il suffisait de frotter une feuille sur la peau !! On l'utilisait aussi, et encore aujourd'hui, pour faire des soupes, garnir les salades, et dans les omelettes... On peut aussi la manger cuite, à la romaine... Au plan "Agricole" le développement des Rumex est fortement inhibé par les cultures de seigle, d'avoine, de luzerne, de trèfle ou de crucifères...

          L'usage alimentaire de l'Oseille est attesté par de nombreux et divers écrits... Elle faisait, et fait toujours partie, de la cuisine traditionnelle Egyptienne mais, selon Plaute, elle n'était pas très aimée des Romains... Selon Jacques Heurgon, (5) "Lapathum, c'est-à-dire la "Patience ou l'Oseille", aurait fait son apparition entre Caton, qui l'ignore, et Laelius qui, végétarien par Pythagorisme, en faisait l'éloge dans les vers de Lucilius (1235M)"... Lapathum viendrait du grec Amollir, évacuer... Lapathum sauvage ou Oxalide, autrement Lapathum Cantherinum ou Rumex... Le célèbre médecin, pharmacologue et botaniste grec Pedanius Dioscoride (né vers 40 Ap. J-C-dcd vers 90 Ap. J-C), médecin, pharmacologue et botaniste grec, dans son Traité "De Materia Médica", rédigé vers 60 Ap. J-C, range l'Oxalis, ou Oxalida, appelé par quelques personnes Anaxarida, avec ses Lapathon... Oxalis, vient d'un mot grec qui signifie Acide... L'Acide particulier que l'Oseille contient est nommé Acide Oxalique, ou Oxalate de Potasse... qui conduit au sel d'Omseille réalisé surtout avec l'Oxalide Oseille, ou "Pain à coucou", ou Oseille à 3 feuilles, ou "Oseille de bûcheron", ou Alleluia, etc... Selon Pline l'Ancien (6), ou Gaius Plinius Secundus (né vers 23 Ap. J-C-dcd en 79 Ap. J-C), écrivain naturaliste romain, "il y a un Lapathum sauvage que quelques auteurs grecs appellent Oxalis et les latins Rumex... Son goût approche celui du Lapathum cultivé... Toutes ces espèces ont une vertu singulière contre les piqûres des scorpions, il suffit d'en porter sur soi pour être à l'abri de ces accidents !!... La décoction de leur racine dans du vinaigre soulage le mal de dents, si l'on s'en lave la bouche... Prise en potion, elle est bonne pour la jaunisse... La graine guérit les maux d'estomac les plus opiniâtres... Quand au Lapathum cultivé, on l'applique sur le front pour les fluxions des yeux. Sa racine guérit les darles (e) et la lèpre... Bouillie dans du vin elle est bonne pour les écrouelles (a), les parotides (b), et la gravelle (c)... Prise dans du vin, comme boisson, elle guérit le flux de ventre, la dysenterie et la ténesme (d) prise de la meme manière, ou appliquée à l'extérieur, elle dissipe les obstructions de la rate... Selon les "Mémoires de la Société de Médecine" de 1779 (7),  "les sucs de beaucoup de végétaux sont d'excellents anti-septiques : l'Oseille, l'épinard, la carotte, le panais, les raves, les radis, oignons, etc... doivent beaucoup dans leur régime (celui des soldats)". Dans son ouvrage "Pseudolus", publié vers 810-825, le poète comique latin Plaute, ou Maccius Plautus, ou encore Maccus Plautus (né vers 254-dcd vers 184 Av J-C), rapporte avec humour un diner romain : "Moi je ne vous assaisonne pas un diner comme les autres cuisiniers qui vous servent tout un pré en assaisonnements de leurs plats ; qui prennent leurs convives pour des boeufs et leur présentent des herbes, herbes qu'ils accommodent avec d'autres herbes. Ils y mettent de la coriandre, du fenouil, de l'ail, du persil ; ils y ajoutent de l'Oseille, du chou, de la poirée et des blettes ; ils y délayent une livre entière de "Suc de Silphium" (f) ; on pile de la moutarde, affreuse drogue qui ne se laisse pas piler sans faire pleurer les yeux des marmitons. Quand ces gens là font cuire les harpies capables de vous dévorer les entrailles des convives tout vivants. Et puis qu'on s'étonne que la vie soit si courte quand les gens se collent dans le ventre des herbes de cette nature qui font frémir facilement à les nommer : Jugez quand on les mange !! des herbes que les bêtes ne mangent pas, on les fait manger aux hommes !!"... Les Harpies, issues de la mythologie grecque et romaine, sont des divinités de la dévastation et de la vengeance divine, plus rapides que le vent, invulnérables, caquetantes, qui dévorent tout, ne laissant que leurs excréments... ou Harpyres, filles de Thaumas et de l'Océanide Electre... elles sont généralement trois : Aello (bourrasque), qui est parfois nommée Nicothée (pieds agiles) ; Ocypètes (volte-face) ; et Podarge (pieds-légers), qui est parfois nommée Céléno (obscures)... Le Caius Laëlius cité ici par J. Heurgon (5), est soit A) Caius Laelius (né vers 235- dcd vers 170 Av. J-C), Consul Romain... Ami de Scipion l'Africain, ou Publius Cornelius Scipio Africanus Major, général et homme d'état romain (né en 235-dcd en 183 Av. J-C), Caius Laëlius fut l'informateur de l'historien Grec Polybe (né vers 185-dcd vers 126 Av. J-C), pour les campagnes militaires "deliuses Scipions". Soit B) l'autre, son fils Caius Laelius Sapiens (né vers 185-dcd vers 115 Av. J-C), qui fut aussi Consul, orateur, ami de Polybe, du poête comique latin d'origine berbère Terence (né vers 190-dcd vers 159 Av. J-C), ou Publius Terentius Afer, et de Scipion Emilien, aussi dit "Le second Africain" (né vers 185-dcd en 129 Av. J-C), petit-fils adoptif de Scipion Africanus Major...  Caius Laetius, est, dans le dialogue de Cicéron "De Amicitia", un des interlocuteurs de Scipion Emilien... Scipion Africanus Major avait autour de lui le "Cercle des Scipions" qui comprenait, entre autres et outre lui-mëme, son petit-fils adoptif, Caius Laelius Sapiens, Lucius Furtus Philus, Publius Terentius Afer, Caius Lucilius, etc... Caton L'Ancien (né en 234 Av. J-C-dcd en 149 Av. J-C), ou Marcus Porcius Cato Major, ou Caton le Censeur (Cato Censorius), a réalisé un célèbre Traité agricole "De Agricultura", ou De Agri Cultura, ou De Rustica, écrit en latin vers 160 Av. J-C... Ainsi donc, selon ma lecture et suivant Jacques Heurgon, l'Oseille serait apparue dans l'alimentation romaine entre l'An 234 Av. J-C (Caton l'ancien) et l'An 115 Av. J-C (Caius Laelius Sapiens)...

         Dans l'extrait "Histoire Naturelle", rapporté ci-dessus, Pline l'Ancien parle des traitements guérisseurs phytothérapiques de : a) l'Ecrouelle ; b) la Parotide ; c) la Gravelle ; d) la Tenesme ; e) les Darles, où , sans doute, Dartres, ou dartes... Autant de problématiques médicales inconnues de moi... Intrigué j'ai mené quelques recherches dont je livre ici une part des résultats... Idem pour le "Suc de Siphium" (f) cité par l'écrivain et auteur comique Plaute, ou Titus Maccius Plautus (né vers 254 Av. J-C-dcd en 184 Av. J-C), dans "Pseudolus"... Ce "Suc de Silphium" aussi appelé, selon Suzanne Amigues, page 191 (8), "Suc de Cyrénaïque" (de la ville Cyrène) est une plante du type de la Fécule commune, autrement dit une ombellifère, dont toutes les parties renfermaient un suc fortement aromatique qui se coagulait en une  masse résineuse, après incision de la racine ou de la tige...". La ville de Cyrène a été fondée en Libye par les Grecs, en 631 Av. J-C selon certains auteurs et en 631 par d'autres, dans la Vallée du Djebel Akhbar. Sa principale exportation à travers son histoire était le Silphium, ou Silphion... Cette plante, que l'on trouvait et commerçait donc en Libye, avait, d'après Suzanne Amigues (8), page 204 "une racine volumineuse et grosse, longue d'une coudée (44 cm) ou un peu plus... environ 30 centimètres de haut... une gomme-résine translucide... qui se coagule à l'air et au soleil et s'altère vite à l'état brut... exceptée son écorce noire, qu'on enlève, la racine est comestible... elle se mange coupée en tranches fraîches et confite au vinaigre".. Selon Théophraste (né vers 371 Av. J-C- dcd vers 288 Av. J-C), philosophe de la Grèce Antique, botaniste, naturaliste, alchimiste et polygraphe (9), étudié par Suzanne Amigues (8), page 205, le Silphium "est une espèce à tige annuelle comme la fécule, autrement dit à racines vivaces et parties aériennes annuelles. Au printemps les feuilles poussent de la racine... Les moutons sont friands de ce fourrage riche en principes aromatiques qui se communiquent à leur chair et ont une action dépurative généralement salutaire au bétail... La tige se mange bouillie ou en purée... elle est aussi dépurative... La feuille est d'une couleur jaune d'or", et page 206, toujours selon Théophraste (9), "la feuille de Silphium a un goût agréable et de même son fruit, quand il est tendre, à cause de l'eau qu'ils renferment, car le principe âcre s'y trouve dans une juste mesure, tempéré par l'élément aqueux, et il produit une certaine saveur, mais en cours de dissécation, l'âcreté s'accentue encore d'avantage... puis page 222, "Le Silphium s'accomode de tout sol maigre et sec, en l'occurrence, des rocailles calcaires et des sables maritimes... ou sur des sols diétritiques acides"... Suzanne Amigues (8) signale aussi la ressemblance du l'Arroche potagère avec le "Suc de Silphium"... En conclusion de son "Etat de la question" elle présente la plante "Margotia Gummifera comme l'espèce actuelle la plus proche du Silphium cité par Plaute, mais non qu'elle est le Silphium" p. 225... L'écrouelle a) citée par Pline l'Ancien, est le nom désuet d'une maladie d'origine tuberculeuse provoquant des fistules purulentes localisées sur les ganglions lymphatiques du cou... La Parotide  b) est une tumeur, une inflammation/infection des glandes salivaires connues comme étant les glandes parotides... situées derrière la tranche montante de la mandibule (maxillaire inférieur), sous l'oreille... La Gravelle c) est le nom donné à de petits corps granuleux semblables à du sable ou à du gravier qu'on trouve réunis au fond du vase dans lequel l'urine de certaines personnes s'est refroidit. Maladie qui consiste en des urines chargées de cette gravelle devenue assez grosse pour causer des douleurs vives à mesure qu'elle va des reins à la vessie... Dans un second sens c'est un des noms de la petite tumeur des paupières plus communément appelé Grêle ou Chalazion... Et dans un troisième sens c'est le nom donné à la lie de vin desséché... La Tenesme d) est une tension douloureuse au niveau de l'anus ou du col de la vessie avant ou après l'évacuation du rectum ou de la vessie... avec sensation de brûlure et envie d'aller à la selle ou d'uriner... On retrouve ce symptôme dans les inflammations du rectum ou de la vessie, d'origine infectieuse, parasitaire ou tumorale... Concernant les Darles, où Dartres, ou Dartes e), au pluriel, sont des maladies généralement chroniques de la peau... dont l'une  est 'en forme de croûte, qui rend la peau galeuse et farineuse, une maladie "du cuir"... Par ailleurs, c'est aussi un terme utilisé pour une  "maladie" qui démange et ulcère, et apparaît à l'encolure des chevaux...

        Curieusement jamais ma mène ne cuisinait l'Oseille, pas même en salade... Je m'en "gavais" donc uniquement lors de mes "sorties" dans la campagne, et uniquement l'Oseille dite sauvage, ce n'est que bien plus tard que j'ai découvert et goûté l'oseille cultivée que j'ai trouvé un peu fade... Ces cueillettes au fil de mes activités enrichissaient  mon quotidien alimentaire, pratiquement toute l'année il en était ainsi... Au coeur de l'hiver mon père rapportait à la maison divers fruits et légumes que ses employeurs paysans-cultivateurs lui offraient (voir mes publications précédentes pour plus d'informations sur sa carrière professionnelle)... Nous parvenions ainsi à compléter et équilibrer nos menus familiaux... Mais souvent nous n'avions pas grand chose à nous mettre sous la dent, et c'est peu dire... Mes cueillettes étaient sauvages, je ne "grapillais" pas, ni ne "glanais et je ne "ratelais" pas non plus... Ces trois pratiques étaient réglementées, et le sont encore... Ainsi un Edit Royal du 02 novembre 1554 stipule que le "Glanage" est autorisé aux pauvres, aux malheureux, aux gens défavorisés, aux personnes âgées, aux estropiés et aux petits enfants... Ce texte est toujours en vigueur, mais on se réfère plutôt à l'Art. 520 du Code Civil et à l'Art. R 26 du Code Pénal pour établir le cadre juridique. On distingue  le "Glanage", qui est un "Droit d'usage" sur la production agricole et qui consiste à ramasser ce qui reste au sol après la récolte, du "Grapillage", qui consiste à cueillir ce qui reste sur les arbres ou dans les vignes, après la récolte ou les ceps après la cueillette... Et le "Ratelage", qui consiste à utiliser un instrument est considéré comme une récolte, est donc interdit... Le "Glanage" doit se dérouler après le lever du soleil et avant son coucher, donc durant la journée, sauf Arrêté Municipal contraire (Art. 19 de la Loi du 09 juillet 1888). Il s'exerce sur le terrain d'autrui, exclusivement avec la main, sans l'aide d'un instrument-outil, en application de l'Edit Royal toujours en vigueur... Mais il est interdit sur un terrain clôturé. Dans les faits, il est préférable de demander systématiquement la permission de "Glaner" aux propriétaires... Selon un Arrêt du 21 juin 2007 de la Cour d'Appel de Montpellier., le "Glanage est étroitement lié aux coutumes locales et n'est admis que dans ce cadre-là, ce qui donc qualifie et recadre le Droit d'Usage... Le "Grapillage", lui aussi, est donc licite, dans les mêmes conditions, mais on l'assimile fréquemment au Maraudage, donc au vol... Il importe de considérer que les récoltes "sur pied" sont des Biens Immobiliers, et les fruits tombés et restes de la récolte sont donc des Meubles... Sur cette thématique j'invite les lecteurs de ce blog à voir le film "Les glaneurs et la glaneuse", d'Agnès Varda, en 1999, Prix documentaire 2001... Sur les bords des chemins mes cueillettes d'Oseille sauvage étaient apparemment bien en dehors du cadre de ces réglementations... et je crois cela aussi pour les 6 fruits sauvages  qui suivent...

Les Polosses

Le premier de ces 6 fruits sauvages de mon enfance, et pour lequel j'ai une particulière "tendresse du ventre", est la "Polosse", ainsi appelée par mon père, donc dans le Finistère... mais aussi en Artois... ou "Bolosse" en Normandie et "Belosse" en Savoie... et selon certaines sources "Bulos" en Irlandais et "Bwalas" en Galois... Au fil de mes recherches j'ai également trouvé  : Pelossier, Epinette Belossay, Créquier, Fourdinier, Fourdaine, et j'en passe quelques autres... Selon le dialectologue, médiéviste et historien de la langue française Jacques Chauran (1924-2009), "partant de "Prunelle et Beloce", on trouve aussi en Thiérache, "Baloce" (10), qui indique en général, des prunes. On y distingue les "Baloces à cochons", des petites prunes qui poussent au bord du chemin... La Thierache est une région naturelle qui regroupe des régions de France et de Belgique où l'on trouve des traits paysagers et architecturaux similaires : présence de bocage, de l'herbage, de terrains vallonnés, un habitat dispersé, des maisons individuelles construites en terre ou en briques, des toitures en ardoises, etc... Située au Nord-Est du département de l'Aisne, la Thiérache déborde sur le département du Nord des Ardennes et des  provinces Belges de Namur et du Hainaut. Elle correspond globalement aux contreforts occidentaux du Massif Ardennais (Nord-pas-de-Calais, Picardie, Champagne, Hainaut, Namur)..." Quel que soit la région ce fruit est une petite prune verte virant au bleuâtre, puis au noir-bleuté quand elle est très mûre... de la famille des Rosaceae... fruit de l'Epine noire ou Prunellier sauvage "Prunus Spinosa"... de 0,50 cm à 3 mètres de haut avec des rameaux très épineux et une écorce brune, foncée, noirâtre, assez brillante. Il porte des petites feuilles caduques, ovales, finement dentées et ses fleurs blanches, mellifères, apparaissent en mars-avril-mai. Elles sont pour la plupart solitaires (parfois 2-4) portées par un pédoncule de 3-6 mm... Ses drupes, à un seul noyau presque lisse, appelées prunelles, font 6 à 15 mm maxi de diamètre, moins qu'un pois-chiche, sont astringentes et très âpres mais riches en tanin, en vitamine C et en acides organiques... Les racines, les feuilles, les fleurs et les fruits servaient autrefois, et peut-être même encore maintenant, à confectionner des infusions, des décoctions et autres breuvages médicinaux, diurétiques, laxatifs, et toniques. On prête aussi au Prunus Spinosa des vertus antispasmodiques... Ces fruits sauvages servaient également, et toujours en 2014, pour la fabrication d'une liqueur réputée - le Patxaran-, et l'élaboration de l'eau-de-vie... Le Patxaran, ou Parachan, est une liqueur Basque fabriquée à partir de la macération dans de l'alcool anisé des prunelles sauvages, "mes" fameuses polosses finistériennes... Selon certains le nom Basque Patxaran, populairement employé en Navarre depuis la fin du XIXème siècle, est composé de Paitar, ou Pattar, liqueur et Aran, prunellier... Il est devenu, en Castillan, la marque labellisée "Pacharan Navarro"... Mais il est dit également que le Patxaran remontrait au Moyen-âge, époque où les moines de l'Abbaye de San Salvadore de Leyre, fondée au début du XIème siècle près du lac de Yesa en Navarre, appelés au chevet du Roi de Navarre en la ville d'Olite, auraient offert au souverain un breuvage d'une couleur rouge sombre dont les vertus magiques auraient fait leur réputation dans la guérison des maux du système digestif... Aujourd'hui la labellisation indique que le Patxaran doit être rouge ou rosé intense... On raconte encore qu'il fut servi au mariage de Gonofre de Navarra (1394-1428), fils naturel du Roi Charles III de Navarre, dit Charles III le Noble (1361-1425), avec Teresa De Arellano en 1415... Gonofre de Navarra "fruit" de la liaison extra-conjugale du souverain avec Maria Miguel de Esparza (née en 1370)... Et encore, on sait que la Reine Blanche 1ère de Navarre (1386-1441) prit du Patxaran pour ses propriétés médicinales quand elle fut malade au Monastère de Santa Maria de Nieva en 1441... Au Pays Basque et La Rioja, ou il est surtout consommé, chaque famille possède "sa" recette de Patxaran. Voici deux d'entre-elles : a) 1 litre d'alcool anisé (48°) plus autant d'eau ; 300 grammes de sucre en poudre ou, directement, 1 bidon de 3 litres de sirop anisé à 24° ; 250 gr. de prunelles ; 1 gousse de vanille ; 1 bâton de cannelle ; 5 grains de café ; cueillir les prunelles après les premières gelées. Astuce, on peut aussi les faire geler au congélateur, puis les dégeler en les mettant à sécher au soleil ou en les passant légèrement au four ; casser ou fendre tous les noyaux ; placer l'ensemble des ingrédients dans un grand récipient bouché (jerrican, par ex...) ; mettre le récipient au soleil, à macérer pendant 2 à 3 mois. Les noyaux prennent alors un goût d'amande et celui âpre de la pulpe s'élimine ; passer au tamis, puis patienter encore 2 mois avant la mise en bouteille... Ce Patxaran a un degré d'alcool situé entre 25° et 30°... Et voici la seconde recette b) : 350 gr. de prunelles ; 3 litres d'alcool anisé (24% Vol.) ; 1 bâton de cannelle ; 5 grains de café ; 3 fleurs de camomille ; et, enfin, un bon verre d'eau de vie... La cueillette des drupes de "Prunus Spinosa" après les premières gelées réduit l'astringence... Depuis les années 1997 on a commencé la culture domestiquée de Prunus Spinosa dans la géographie Navarraise, selon certains auteurs on le trouvait à l'état sauvage dans toute l'Europe... Si certains utilisaient aussi son bois pour fabriquer des cannes, moi j'en faisais des épées et des poignards, ou des fourches pour mes "lance-pierres" !! A Pont Aven j'en trouvais sur le talus gauche du chemin douanier surplombant la rivière, à l'entrée du "bois de Kerviguelen", sur la rive droite, et aussi près de la "Roche forme", ou "Sabot de Gargantua", non loin de la "Passerelle", sur la rive gauche de l'Aven... Et encore à "Kerscaff", non loin du moulin à marée du "Hénant" (commune de Névez)... et aussi sur un talus du "Champ Ligeour", au-dessus de "Rozambidou"... En fait, tous ces  "Polossiers", que d'autres nomment aussi "Epinettes sauvages", étaient bien implantés sur des talus de propriétés privées ou municipales, mais jamais je n'ai eu le moindre problème. Cette tolérance était au-delà du "Droit d'usage", et nous n'étions vraiment pas très nombreux à cueillir et à consommer ainsi les "Polosses"... Je ne cite ici que les lieux les plus habituels de mes pérégrinations buissonnières et de mes cueillettes, il y en avait un peu partout, le Prunus Spinosa étant une espèce assez envahissante des friches et de certaines pâtures. De plus, du fait de ses épines, jusqu'à 2 centimètres, et de sa tendance à drageonner, le Prunus Spinoza était beaucoup utilisé pour former des haies infranchissables par le bétail... J'aimais tellement croquer ces "Polosses" qui me faisaient grimacer que je les mangeais aussi bien vertes que très mûres... Je restais parfois longtemps dans ces taillis pour me gaver, puis je me remplissais les poches et continuais mon chemin en "picorant" et en crachant les noyaux à distance, façon "semailles olympiennes"... Dans de nombreuses régions de France on fabrique aussi du "Vin d'épines", une production essentiellement artisanale, locale et familiale, malgré quelques tentatives d'industrialisation systématique... J'étais loin de me douter de toutes les qualités du Prunus Spinosa et des "Polosses", de Pont Aven ou d'ailleurs, lorsque je m'en gavais, et cela valait sans doute pour d'autres... Et des épines qui me déchiraient la peau et les vêtements j'ignorais totalement que l'on puisse fabriquer de la liqueur !! En Vendée et dans le Poitou cette liqueur est appelée "Trouspinette" ou "Troussepinette", ce qui démontre aussi, bien sûr, l'implantation  relativement ancienne du Prunus Spinosa dans ces deux zones géographiques.. Voici l'une des recettes du "Vin d'épines" Vendée/Poitou : Cueillir une poignée d'épines tendres de Prunus Spinosa sur les jeunes pousses de l'année ; couper des morceaux de 10 mm maxi dans les bouts de ces tige tendres ; après lavage à l'eau claire, mettre l'ensemble à macérer dans un mélange de vin et d'eau-de-vie pendant 2 à 3 semaines, voire 4 ; filtrer cette macération ; ajouter du sucre, bien mélanger ; mettre en bouteilles et bouchonner ; réserver à l'ombre dans un endroit sec ; retourner régulièrement les bouteilles pour faciliter la dissolution du sucre... La liqueur en bouteilles bouchonnées se conserve parfaitement. Pour la macération certains utilisent du vin rosé... et parfois du vin blanc... et même du Cognac !! Selon les familles les mélanges varient, toutes n'en font pas... Les quantités d'ingrédients varient également : 1 belle poignée d'épines cueillies de préférence en mai, soit 180 à 200 grammes, voire 800 grammes !! ; 4 à 5 litres de vin  rouge assez corsé, minimum 12° en ordinaire  (ou rosé, ou vin blanc) ; 1 litre d'eau-de-vie à 40° (ou Cognac) ; 500 à 700 grammes de sucre... Le titrage de cette "Troussepinette" est de 17° Vol., minimum... On la sert, de préférence dans des verres "Tulipe", fraîche en été, entre  5°C à 6°C, en apéritif ou en vin de dessert... aussi en hiver, en vin chaud avec du pain... A consommer avec modération..

PRUNUS cESARUSPrunus Avium

           Le second des 6 fruits sauvages  est une Cerise... Une petite cerise, presque sans goût, peu charnue, rouge-jaune clair, plutôt rouge clair quand elle est mûre... et que je grignotais en juin-juillet-août. Peut-être une variété entre Prunus Cerasus, le griottier, produisant des drupes acides, et Prunus Avium, ou cerisier des bois, ou encore "Guignier sauvage", le merisier donnant des cerises douces... Quand je dis presque sans goût c'est bien parce que ces cerises là étaient assez sèches, ne produisaient que très peu de jus, avec une pulpe peu épaisse qui couvrait tout juste chaque noyau unique de chaque drupe... une cerise "chiche" qui ne donnait rien de son histoire et ne cherchait pas à plaire aux palais et aux papilles... pas même à nourrir. Ces cerises là n'intéressaient peut-être les oiseaux que pour les noyaux... et quelques grands-mères qui les utilisaient pour "épaissir" leurs liqueurs... et moi, pour mes grignotements "coupe-faim" particuliers, presque psychologiques, mais il fallait que j'en ingurgite une très grande quantité car elles étaient bien moins nourrissantes que les Polosses... Le Prunus Cerasus est un petit arbre, dépassant rarement les 8 mètres de haut, qui drageonne facilement. A l'état sauvage c'est un arbrisseau formant des buissons dans les haies, les lisières des bois clairs et sur les talus. Ses branches, plus faibles que celles du merisier, sont étalées ou pendantes... Le Prunus Avium, ou merisier, ou Cerisier des oiseaux, est un arbre présent en Europe dès l'époque du  néolithique et, provenant des rivages de la Mer Caspienne, cette espèce s'est répandue. Seul arbre de sa famille à ne pas être cultivé il s'est adapté naturellement... On le trouve également en Afrique du Nord... Prunus Cerasus et Prunus Avium sont du genre des Rosaceae, comme Prunus Spinosa... Prunus Avium,  le merisier, peut monter jusqu'à 15 ou 35 mètres et se développer tout seul dans les friches, c''est un arbre vigoureux à port légèrement pyramidal, avec un tronc étroit et une écorce rugueuse et brillante... Il peut vivre une centaine d'années... Au XVIème siècle, une Ordonnance Royale met fin à sa prolifération en France, une préférence étant alors accordée à l'extension du chêne... Ses fleurs sont petites et blanches, la floraison va de mai à juillet et son feuillage est caduc. Ses fruits, ou drupes, les merises, sont pendues au bout d'un long pédoncule, la queue de merise/cerise. Celle-ci a des propriétés diurétiques... Aucun des  deux cerisiers dans lesquels je grimpais ne correspond strictement, bien que de la même famille, aux descriptions "botanistiques" rigoureuses des Prunus Avium et Prunus Cesarus... Mes cerisiers sauvages étaient beaucoup plus rachitiques, beaucoup moins productifs, moins "nourriciers... une "cousinade" de rejetons sur un pauvre sol caillouteux régulièrement arrosé d'eau saumâtre, notamment les deux près de la "Roche Forme"... Certains auteurs, botanistes,  considèrent le merisier comme le compartiment sauvage de Prunus Avium, à partir duquel  a été  développé un compartiment cultivé de cerisiers doux sélectionnés pour leurs plus gros fruits... La culture du merisier pour ses fruits remonterait au IVème siècle avant notre ère, d'après les traces archéologiques trouvés en Asie Mineure (Caucase, Anatolie). Les premières cultures seraient grecques puis romaines... Selon Pline l'Ancien, toujours lui, c'est le général romain Lucius Licinius Luculus (né en 115 Av. J-C-dcd vers 57 Av. J-C) qui, lors de sa campagne militaire de 71 Av. J-C contre Mithridate VI Eupator, ou Mithriade le Grand (né vers 132 Av. J-C-dcd en 63 Av. J-C), Roi du Pont, sur la côte sud de la Mer Noire, aurait découvert et apprécié les cerises de la Ville de Cearus (actuellement la ville turque de Giresun) et les aurait ramené à Rome en 68 avant notre ère... Le médecin Grec Dioscoride Pedanius d'Anazarbe (né vers 40 Ap. J-C-dcd vers 90 Ap. J-C) mentionne dans son "De Matéria Médicas" des Kerasia qui, consommées fraîches, sont bonnes pour l'intestin... Le Kerasia est le fruit du merisier ou le merisier lui-même... Pour V. A Evreinoff (11) "il n'y a pas de doute que l'homme primitif récoltait dans les bois ses fruits sauvages... il est de même probable que l'homme de cette époque reculée multipliait les meilleures formes du merisier sauvage qu'il rencontrait"... Les premières indications sur le merisier nous sont données par Théophraste au IV siècle Avant J-C... Le médecin Diphilius Siphimus (IIIème siècle Av. J-C) mentionne que Keraisa (nom qu'il donne au merisier) est riche en jus et utilisé avec succès contre les maladies infectieuses... ce même auteur mentionne deux variétés en culture : "Merise rouge" et "Merise de Milet"... Dioscoride parle même de cette espèce en termes élogieux... Pline l'Ancien décrit déjà 10 variétés de cerisier et de merisier"... "Mes" deux arbres étaient plantés rive gauche de l'Aven, sur le talus à quelques mètres de "La Roche Forme" ou "Soulier de Gargantua"... et à leurs pieds, entre eux, il y avait "Mes" Prunus Spinosa !! Je pouvais donc varier, relativement, à cet endroit là, mes "menus" fruitiers... En vérité, dans la campagne Pontaveniste, j'avais accès à d'autres cerisiers plus chargés de fruits charnus, cultivés, mais j'aimais ces deux cerisiers sauvages là... j'adorais y grimper mais pas seulement pour "grignoter"... J'avais mes petites habitudes et c'était un super poste d'observation au pied de la "Montagne Sainte Marguerite", avec vue panoramique sur le port... Une étape saisonnière dans mon cheminement de découverte du monde... "L'analyse génétique et morphologique des noyaux de Prunus retrouvés dans l'eau lors des fouilles du Site Romain Vicus Tasgetium, à Eschenz, près du Lac de Constance en Suisse (de - 100 à + 3) ont permis d'établir que sur les 3500 noyaux de Prunus, 90% venaient de cerises de P. Avium/Cerasus et le reste était constitué de prunelles P. Spinosa, de Prunéoliers P. Insititia et de prunes P. Domestica" (12).... Il me plait de penser  l'émergence du "Moi", mon "Moi", par une part de Prunus de l'inconscient collectif, tel que celui-ci est appréhendé par Carl Gustav Jung (1875-1961) !!... Et, pour clore ce paragraphe sur la cerise, alors que je réside actuellement à Strasbourg, je me dois de citer le Kirsch, une eau-de-vie très appréciée dans l'Est, obtenue par une double distillation de jus fermentés de cerises. Le Mot Kirsch vient de L'Allemand Kirsche, cerise... Une navigation sur le web vous en dira plus... 

La Roche-Forme ou le Soulier de Gargantua

La "Roche Forme", ou le "Soulier de Gargantua", une forme de sabot retourné... J'en parlerais sûrement encore dans mes prochaines publications sur ce blog... Comme de nombreux copains d'enfance j'a passé de longs moments assis sur sa semelle... Une légende raconte que si la côte Bretonne est si découpée, "fractalisée", c'est à cause de Gargantua... Lorsque le géant se disputait avec sa femme et tapait du pied à Pont Aven pour lui tenir tête, un morceau se détachait de la côte. C'est pourquoi le littoral de la Bretagne est si découpé, et la raison de la formation des nombreux îlots et îles... Cette légende dit aussi que, depuis le "Bois d'amour" jusqu'à la "Passerelle", zone peuplée de Korrigans, les nombreux rochers qui parsèment l'Aven sont, en fait,, les graviers qui sortaient du soulier de Gargantua lorsque celui-ci se déchaussait... Et, par ailleurs, d'après Jacques de Vitry (1160 ou 1170-dcd en 1240), "On appelait le "Bain de pied de Gargantua" un trou arrondi, profond d'un mètre et large d'autant, que l'on remarquait sur un gros bloc avant la construction du nouveau quai"... de Pont Aven. De nombreuses histoires sont racontées sur ce sabot !!

Mures sauvages

           Le troisième des 6 fruits sauvages de mon enfance est la Mûre, mûron (rubus nigrum) ou mûre sauvage, fruit de la Ronce, ou Rubus Fruticosus (Linné, 1753), de la famille des Rosacées... Ronce des bois, Ronce des haies, mais également appelée "Murier du renard", "Murier sauvage"... L'espèce est originaire du continent formé par l'Europe et l'Asie, c'est-à-dire l'Eurasie... En fait, on trouve la ronce vivace à épines un peu partout, dans tous les pays et toutes les régions, elle s'installe sans difficulté sur tous les terrains et ses capacités à marcotter favorisent son développement avec une redoutable efficacité... L'étymologie du latin Fruticosus, donnée par des auteurs anciens, est : plein de rejetons, ou plein de buissons, ou plein d'arbrisseaux, ou ombragé... ce qui semble bien signifier l'aptitude envahissante de cette plante... Rubus Fruticosus, qui a des fleurs blanches, est d'abord le signe du monde sauvage... C'est un arbrisseau nitrophile, vivace par ses tiges souterraines qui produisent chaque année de nouvelles tiges aériennes sarmenteuses qui peuvent dépasser les 4 mètres d'envergure, mais ne fructifient que la seconde année... La flroraison est au printemps et les fruits, qui murissent en Aoüt/Septembre, prennent successivement la couleur verte, puis rouge et enfin bleu noir ou noir violacé... Son feuillage est caduc... J'ai croqué d'innombrables mûres noires, j'aimais presque autant les rouges, plus acides, mais je me nourrissais aussi avec les vertes... A Pont Aven, comme ailleurs, il n'était guère difficile de trouver des ronciers, ou ronceraies (1ère apparition de ce mot en 1771)... et j'avais quelques "coins" favoris où trouver des mûres, ainsi, encore, le "champ Ligeour" et les terrains près de "Kerscaff", mais aussi les alentours du "château de Rustéphan", les chemins du "Bourgneuf", du "Guérig", de "Kéramperchec", et quelques autres sites de cueillettes estivales qui "parsemaient" mes pérégrinations buissonnières... Je n'ai jamais rapporté de mûres à la maison, je me "gavais" sur place !! Ma mère ne fabriquait jamais de confitures... Le mot Ronce est tiré du latin Rumicem, -is, accusatif de Rumex, épine, il est attesté au IXème siècle au sens de Ronce chez Marcellus Empiricus, surnommé L'Empirique ou Marcellus de Bordeaux (né vers le milieu du IVème siècle), qui était un aristocrate, haut fonctionnaire impérial et Philiatre (amateur éclairé de médecine) et auteur d'un Traité médical "De Médicamentis", en 36 chapitres, sans doute rédigé au début du Vème siècle, postérieurement à 408, date de l'avènement de Théodose II (né en 401-dcd en 450), Empereur Romain d'Orient... La naissance et la mort de Marcellus, d'origine gauloise, sont difficiles à situer, aussi les chercheurs doivent-ils procéder par recoupements, et certains pensent qu'en 388 il était ami avec Lucain, ou Flavius Rufinus (335-395), Préfet du Prétoire d'Orient sous Théodose II... Son Traité "médical" a été beaucoup critiqué, et selon Antoine Thomas, si Marcellus Empiricus, qui fut Maître des Offices à la Cour de Théodose II, "n'a pas fait faire de progrès à la médecine, la Botanique lui doit, en revanche, une particulière connaissance"... Et selon l'expression des Professeurs-docteurs Maurice jacques Bariety et Charles Coury, Marcellus Empiricus a "fait connaitre aux Médecins Romains de la Décadence les ressources de la Flore gauloise"... Un Poême de 78 vers termine "De Medicamentis"... En 1770, selon Carl Von Linné (1707-1778), Rumex à d'abord désigné une sorte d'arme de jet... et une sorte d'Oseille, ou de Patience, ainsi nommée à cause de la forme de la feuille en fer de lance... Le mot mûre vient de l'ancien français Meure, issu du Bas-Latin Mora, pluriel devenu féminin, du substantif neutre Morum, désignant le fruit du mûrier, la mûre sauvage...  Traditionnellement, depuis Dioscoride, Claudius Galenus dit Galien (né vers 129 et dcd vers 200 ou 216), médecin grec de l'Antiquité, et Pline l'Ancien, on utilisait des décoctions des tiges, des broyats de feuilles, ou le jus de fruits, contre les ulcérations buccales (Herpes, Angines), pour arrêter le flux des ventres ou soigner les morsures d'un serpent nommé "Prester"... Selon le poête Stoîcien Marcus Annaeus Lucanus, dit Lucain (né en 39-dcd en 65), le serpent Prester est un "serpent de feu"... Lucain, dans son ouvrage "Pharsale", semble faire référence au Dragon mythologique... mais aussi aux douleurs insupportables du venin brûlant, la chaleur incendiaire d'une morsure de serpent venimeux !! Ce qui ne le caractérise guère !! Les feuilles de ronces, desséchées, sont astringentes et toniques, légèrement antibactériennes et s'emploient en gargarisme sous forme d'infusion de 2 grammes par litre d'eau... La mûre sauvage est moins riche en vitamines A, B, C, et E que la mûre cultivée, mais possède 3 fois plus de fibres... La ronce sauvage, comme la cultivée, est une excellente source d'antioxydants, elle contient aussi des minéraux, dont le potassium, le phosphore et le Magnésium, et des Oligo-éléments tels le cuivre, le zinc et le manganèse... Les fruits verts, si âpres au goût et que j'aime pourtant toujours autant, ont aussi et encore, la réputation d'être astringents et donc constipants... Il est dit aussi que les décoctions de ronce sont plus riches en principes actifs que les tisanes... Un "Vin de mûres", artisanal et familial, est fabriqué dans de nombreuses régions, je ne dispose pas, pour le moment, de recette à présenter ici... Une autre boisson alcoolisée, plus connue, la "Crème de mûre", dont la base est une variante du Kir, circule sur le net... Le Kir est une spécialité de Bourgogne, un apéritif baptisé à son nom par l'homme politique Français, prêtre séculier et chanoine Félix Adrien Kir (1876-1968) de Dijon, de 1945 à sa mort... A son époque le Kir était composé d'une crème de cassis à 20° avec 2/3 de Bourgogne aligoté, aujourd'hui c'est 1/5 de crème de cassis de Dijon à 20°, allongé de 4/5 de Bourgogne aligoté. Il existe même un Kir Breton (crème de cassis + cidre) et un Kir Celte (crème de cassis + muscadet ou Chouchen !) !!... L'écorce de la ronce peut être utilisée, taillée en lames ou en lanières, pour la vannerie... J'ai souvent eu l'occasion de subir la griffure profonde des ronces lors de mes cueillettes et de mes chutes dans les ronciers ou lorsque je travaillais, enfant ou adolescent, au débroussaillage des talus et des jardins... Lorsque je faisais équipe avec mon père dans les fermes des environs j'ai assez souvent utilisé, selon les contextes, une technique de laçage et de nouage des fagots de ronces avec de telles lanières d'écorces grossièrement "épinées"... Ces fagots servaient à la formation des litières pour les bestiaux... une technique paternelle de fagotage notamment employée, lorsque l'on manquait de fil de fer, pour les fagots de lande destinés aux parcs à moules et à huîtres... Les tiges les plus anciennes et les plus grosses du roncier servent également en ébénisterie de luxe, on dit que lorsqu'on les tranche elles parfument... Je viens aussi de découvrir que les Grecs appelaient la ronce, plutôt ses fruits, "Le sang des Titans", les enfants d'Ouranos et de Gaïa, parce qu'ils étaient censés provenir du sang répandu par ceux-ci au cours de la lutte qu'ils durent soutenir contre les Dieux... et selon Ovide, ou Publius Ovidus Naso (43 Av. J-C- dcd en 17 ou 18 Ap. J-C), les mûres auraient rougi à la suite du suicide des deux amants Pyrame et Thisbé, qui  se rencontraient souvent sous ses rameaux... On soutient, encore aujourd'hui, que pour ne pas subir ce sort tragique, deux amoureux ne doivent pas se fixer rendez-vous sous un mûrier... Et sur cette belle légende il m'est impossible de résister ici au plaisir d'écrire cet extrait de la traduction du texte d'Ovide "Métamorphoses" par G. T Villenave... (13), c'est Thisbé qui clame : ""Ô, parents trop malheureux ! Vous, mon père, et Vous qui fûtes le sien, écoutez cette dernière prière ! Ne refusez pas un même tombeau à ceux qu'un même amour, un même trépas a voulu réunir ! Et toi, arbre fatal, qui de ton ombre couvres le corps de Pyrame, et vas bientôt couvrir le mien, conserve l'empreinte de notre sang. Porte désormais des fruits symboles de douleur et de larmes, sanglant témoignage du double sacrifice de deux amants !... Je note dans une autre traduction du même texte, celle de Louis Puget (14), ce qui me semble être le mûrissement du rouge au noir : "le fruit de l'arbre, arrivé à sa maturité, prend une couleur sombre, et leurs cendres (de Pyrame et Thisbé) reposent dans la même urne"... Dans la tradition latine le terme Pyraméa Arbor - Arbre de Pyrame - était aussi parfois employé pour désigner le mûrier... De nombreuses légendes et histoires magiques et religieuses circulent sur Rubus Fructicosus, la ronce, en voici quelques-unes, courtes amorces, tirées au hazard... Ainsi, selon Pline l'ancien, la récolte des rameaux, bourgeons ou fruits du mûrier, à usage magique devait, de préférence, se dérouler les nuits de pleine lune... Et, plus près de nous, en Angleterre, on raconte que l'on ne doit pas cueillir ses fruits après la date des Old Michaelmas (11 octobre) car c'est alors que Satan fut banni du Ciel et précépité dans un Roncier : il en maudit les fruits et on dit même qu'il cracha dessus !!... On dit aussi que l'arbuste présenté au Monastère Sainte Catherine du Sinaï comme le Buisson Ardent par Jonathan, Prince du Royaume d'Israel, fils de Saûlt de l'Evangile, est une Ronce Commune... On parle également beaucoup du mûrier dans la Bible (1er et second livre de Samuel de l'ancien testament)... Et sur un tel Buisson ne peut voleter qu'un joli papillon, "L'Argus vert", ou "L'Argus de la ronce", ou "Thecla de la ronce", le Callophrys Rubi Linnaeus (1758)... Mâle et femelle sont identiques, le dessous de leurs ailes est vert et le dessus brun-grisâtre... On le voit "papillonner" de mars à juin, parfois en juillet et août, plus rarement semble-t'il... C'est un papillon diurne, ou Rhopalocere, dit papillon de jour, avec deux antennes dont les extrémités sont comme des petites massues (Rhopalo, en grec, massue). Il se pose donc les ailes fermées et la couleur verte de celles-ci ne provient pas de pigments mais est due à la réflexion de la lumière par les écailles... Ce papillon Callophrys Rubi.L est sur la Liste Rouge Européenne de l'UICN (2010) et sur la Liste Rouge des Rhopalocères de France Métropolitaine (2012), ce qui signifie qu'il est en forte régression et donc en danger de disparition !! La raison peut être imputée à la prolifération des pesticides-insecticides-herbicides mais aussi aux techniques mécaniques de débroussaillage extrême et de fauchage systématique des ronciers et autres habitats habituels de ce papillon, et autres faunistiques... J'invite le lecteur à considérer aussi ici mes trois premiers paragraphes, particulièrement sur l'aseptisation de l'environnement pour favoriser, essentiellement, l'expansion "économico-touristique"... Le touriste ne devant pas risquer les griffures... quelles qu'elles soient !!

Là, au pied de cet Immeuble, il y avait deux figuiers sauvages

          La FigueLa Figue sauvage est le quatrième 6 fruits "sauvages" de mon enfance  Pontaveniste...  En vérité je n'ai jamais vraiment mangé de figues sauvages à Pont Aven, chacun comprendra pourquoi ensuite, mais je tiens simplement à rapporter ici qu'il y avait aussi de tels figuiers sauvages dans le Finistère, sur les rives de l'Aven. Sur les hauteurs environnantes quelques figuiers "domestiqués" étaient plantés dans quelques propriétés privées, et certains avaient une assez grosse production, jamais je n'y suis allé "chaparder", et pourtant cela ne m'aurait pas été très difficile, et aurait parfois bien assouvi ma faim et celle de mes proches... Sur les rives de l'Aven j'ai le souvenir de 2 beaux arbres penchés sur l'eau, avec d'assez grandes feuilles (15 à 20 cm) toujours vertes, pas très haut, environ 3 à 4 mètres, au port étalé en voûte... L'un près du Pont, au centre ville, en amont, sur la rive gauche, près d'un petit lavoir, en face de l'ancien moulin Limbourg, un peu en amont de la "Chapelle" (qui en réalité était le wc public municipal). Désormais ce site est "surplombé" par une nouvelle passerelle en métal, que je déplore... L'autre, encore sur la rive gauche, vers le quai, non loin de la "cale Sinquin", à une centaine de mètres de la "Passerelle" en ciment rustique, au pied du pignon d'un immeuble bourgeois, en bas d'un petit escalier en pierres, accroché aux rochers d'un chaos de grosses pierres formant lavoir... Il y avait quelques autres figuiers sauvages plantés plus en amont, mais je ne fréquentais que très peu ces autres lieux là, ils n'étaient pas sur les circuits de mes "terrains de jeux-buissonniers" habituels et préférés... J'ai goûté de nombreuses fois les fruits toujours verts de ces deux arbres mythiques, ils étaient absolument immangeables !! Sous ces arbres, souvent le sol était tapissé de fruits tombés, et une myriade de moucherons noirs voletaient alentours... Mais l'été, sur le bord de l'eau, sous l'ombrage de ces figuiers sauvages il faisait bon et frais... En fait, le figuier sauvage  ne donne pas de fruits comestibles, il est appelé "Capri-Figuier", ou Capri-Ficus... Le nom générique Ficus est le nom latin du figuier, il est peut-être dérivé du Grec Syké d'origine Phénicienne, et Carica l'adjectif spécifique qui signifie originaire de la Carie, ancienne province d'Asie Mineure d'où, selon certains botanistes, le figuier est censé provenir, soit le Figuier Carica. L, de la famille des Moracées, aussi appelé "Arbre à Cariques"... L'existence du figuier en France au Quaternaire est prouvée par des empreintes de feuilles et de fruits frais découverts dans le Bassin Parisien... Le figuier commun à fruits comestibles, Ficus Carica, existe au moins depuis 4000 Av. J-C (les dernières découvertes archéologiques remontent plus loin encore) puisque, à cette époque, sa culture était déjà pratiquée au Moyen Orient, et ce sont les Phéniciens qui le firent connaitre en Méditerranée. Les Carthaginois, puis les Grecs étendirent sa culture et les Romains la propagèrent dans tout le Bassin Méditerranéen en généralisant sa plantation... Vers 100 Av. J-C, Pline l'Ancien évoquait déjà la culture de 29 variétés de figues différentes... Aujourd'hui on compte près de 700 variétés de figuiers... Si la figue était à la base du régime des athlètes en période olympique, elles étaient aussi un aliment de base pour toutes les populations, dans tous les milieux... Selon le Poète latin Horace, ou Quintus Horatius Flacus (né en 65 Av. J-C-dcd en 8 Ap. J-C), le figuier à donné son nom au foie, Ficatum, depuis qu'un éleveur nommé Agricus engraissa ses oies avec des figues pour obtenir un foie gras au goût particulièrement apprécié des nobles romains... En France, la figue connut un réel succès à partir du règne de Louis XIV, le Roi Soleil (1638-1715), et ce jusqu'à la fin du XIXème siècle. Le jardinier du Roi, Jean Baptiste de La Quintinie (1626-1688), lecteur de Pline l'Ancien et de Lucius Junius Moderatus Columelle (né sous le règne d'Auguste et de Tibère), l'auteur de "De Re Rustica" vers 60-65 Av. J-C, et "De Arboribus", fervent défenseur du figuier, en fit des plantations au Potager du Roi à Versailles, taillées en espalier contre des murs ensoleillés... Ensuite, puisque trop fragile pour être transportée, la figue a été produite au sortir de Paris, dans la commune d'Argenteuil. On y trouvait quelques 50 hectares de figuiers plantés sur des coteaux exposés plein sud. Et cette plantation "banlieusarde" donna son nom à de nombreuses nouvelles variétés comme la "Rouge de Montreuil", mieux connue sous le nom de "Dauphine"... Le figuier à longtemps gardé son secret jusqu'à sa découverte par les Egyptiens. Il était effectivement déjà aussi cultivé au temps de l'Egypte Pharaonique, et considéré comme un don des Dieux pour sa prodigalité. Les Egyptiens avaient en effet compris l'association de l'arbre et du Blastophage !!... Les figuiers mâles, dits aussi "Figuiers de bouc", ou Capri-Ficus, ne produisent que des Figues-Fleurs qui ne parviennent jamais à maturité... L'absence de fleurs apparentes chez le figuier est une particularité qui avait déjà été observée par le philosophe, logicien et scientifique Grec Aristote Le Stagirite (né vers 384 Av. J-C-dcd en 322 Av. J-C) et Théophraste dans le Livre V de son ouvrage sur l'histoire des plantes déjà cité ici plus haut... Les fleurs de figuiers, des centaines, invisibles à l'oeil nu car minuscules, et dont la floraison à lieu au printemps, sont "apétales", unisexuées... Elles sont enfermées, regroupées, dans un réceptacle floral creux et piriforme appelé Sycone ouvert à son extrémité par un petit orifice nommé "Oeil" ou Ostiole... Ce Sycone est donc, en fait, le réceptacle des fleurs dont la maturation, avec ou sans fécondation, donne une figue-fleurs... c'est la Parthénocarpie, du Grec Parthénos, vierge, et Karpos, fruit. Cette figue-fleurs est donc évidemment dépourvue de graines puisqu'elle n'a pas été pollinisée... Les vrais fruits sont les innombrables petits grains qui parsèment la chair de la figue, ce que les Botanistes appellent les akènes... Le figuier est considéré comme espèce dioique, c'est-à-dire que les pieds mâles et femelles sont séparés... et la pollinisation est obligatoirement entomophile car seul un insecte peut se déplacer du figuier mâle vers le figuier femelle... Et le mystère de cette pollinisation est le Blastophage, ou Blastophaga Psenes, un insecte totalement dépendant du figuier sauvage, ou Capri-Figuier, dans lequel il s'abrite durant l'hiver... En fait, les figuiers mâles, ou Capri-Ficus, ou Capri-Figuiers, portent en hiver des figues vertes à l'apparence desséchées, ce sont ces dernières qui abritent les larves de ces Blastophages (ponte d'automne) qui donnent naissance vers la mi-mai (printemps) à une première génération d'insectes... C'est un moucheron noir qui évolue et se reproduit dans les 3 générations florales annuelles, 3 sortes de figues-fleurs : 1) Les figues qui se développent au printemps (mi-mai/juin), et produisent des fleurs mâles et des fleurs femelles avec un "style" court. Le Blastophage a) va pondre et se couvrir de pollen ; 2) Les figues d'été (juillet/août.), qui possèdent des fleurs femelles à "Style" long seront fécondées par le pollen apporté par le Blastophage a) qui cherchera en vain à les parasiter. En juillet une nouvelle génération d'insectes b) voit le jour... ; 3) Les figues d'automne, qui possèdent un "Style" court permettent un parasitisme par l'insecte b)... Une nouvelle génération de Blastophages sera ainsi disponible pour le printemps suivant, et ainsi de suite, chaque année... Il est à noter que les Blastophages femelles sont ailées alors que les mâles non... Le Blastophage est donc indispensable à la reproduction sexuée et ne se développe pas dans les régions froides, comme, par exemple, dans le Nord de la France. Seules les fleurs provenant du Capri-Figuier sont productrices de pollen, donc utiles pour les figuiers du voisinage si ces derniers ont besoin d'être pollinisés. Attiré par le parfum des fleurs femelles le Blastophage sort de l'Ostiole, ou "Oeil" du Sycone du Capri-Figuier, et s'envole, en transportant sur son dos le pollen des fleurs pour aller féconder les fleurs femelles du figuier voisin, en "culture"... La fécondation printanière des fleurs des figuiers femelles donnera, au mois d'août et de septembre, des figues qui pourront être dégustées... Le figuier fructifie dès sa 4ème année et donne, selon les variétés 1, 2 ou 3 générations par an. Il atteint sa pleine maturité à 12 ans et cette fructification peut durer 12 années... La "peau" de la figue, en murissant, prend une couleur verte, puis vert-jaunâtre ou violette, parfois très sombre, pratiquement noire... Le Capri-Figuier vit plus longtemps que le figuier cultivé car la  production fruitière de ce dernier l'épuise... La figue est désormais considérée comme le plus  ancien fruit domestiqué depuis la découverte, en 2006, dans la Vallée du Jourdain en Palestine, de 9 figues Parthénocarpiques, c'est-à-dire ne produisant pas de graines, et dont la culture nécessite l'intervention de l'homme pour la mise en culture, par le bouturage. Ces figues seraient vieilles de 9400 à 9200 Av. J-C - soit un écart de 5400 ans avec celles du Moyen-Orient, citées ici plus haut - et donc de la même époque que la culture du riz en Asie, mais 1000 ans plus tôt avant celle du blé, de l'orge et des légumineuses. C'est donc peu dire lorsqu'on raconte que le figuier symbolise la volonté de survivre !! La figue fraîche ou sèche est très digeste et à une très grande valeur nutritive, surtout à l'état sec... Elle contient beaucoup de sucre, des protéines, des lipides, du potassium, du phosphore, du calcium, des Oligoéléments, des vitamines telles la vitamine A, B et beaucoup de vitamine C à l'état frais, et des fibres... Parmi les Oligoéléments on retrouve du fer, du zinc, du manganèse, du fluor et du sélénium... De ce fruit très riche un proverbe dit que " Pour qu'une figue soit bonne, elle doit porter un habit de pauvre (pellicule grisâtre et frippée), un oeil d'ivrogne (mouillée, avec une gouttelette perlant à l'Ostiole) et un cou de dévote (retombant, par rapport au pédoncule)"... Le figuier est aussi l'Abre de Dyonisos, Dieu de la fécondité dans la Mythologie Grecque et à Rome il est dédié au Dieu Mars...

La NèfleLa nèfle

          Le cinquième des 6 fruits sauvages de mon enfance est la Nèfle... Ce nom semble provenir de l'ancien Français Mesle, comme on le dit aussi dans le Bocage Vendéen, lui-même sans doute dérivé, comme Mèle, du latin Mespilum, un mot emprunté au Grec Mespilon... qui serait formé des mots Grecs Mesos, milieu, et Pilos, balle, en référence à a forme hémisphérique de ce fruit d'hiver... De Mêle on fait également Meilleraie, un lieu planté de Mêliers... On retrouve ces mots, Mesle et Mêle, dans le "Dictionnaire Angevin et François" de Gabriel Joseph Du Pineau Ga, publié en 1746-1748, et dans Cormeau qui précise que le mot Melier (nèflier) figure chez le poête Ronsard (1924-1585). Selon Cormeau cet arbuste "est considéré dans les mauges et dans tout l'ouest comme une essence sacrée, ayant pouvoir de donner ou d'éloigner les sorts"... D'après Pierre-Louis Augereau (1962-) "les sorciers l'utilisaient pour fabriquer leur baguette magiques et les paysans en accrochaient ne branche dans leur étable pour protéger leur bétail du mauvais sort" (15)... J'aimais beaucoup ce fruit charnu là, et je trouvais assez facilement des Néfliers Communs -Mespilus Germanicus, de la famille des Rosacées- dans tous les "coins" de la campagne Pontaveniste... encore à "Keramperchec", à "Kergam", "kerviguélen", aux alentours du "Bourgneuf", du "Guérig", et toujours et encore sur le talus du "champ Ligeour", mais également sur les chemins vers le "Moulin à marée du Hénan" et "Kerdruc", et ailleurs encore.

Moulin à marée du HénanLe néflier aime les terrains siliceux, la terre grasse et sablonneuse. Il supporte les terrains acides mais redoute les sols calcaires. Il résiste aux grands froids et on peut le trouver jusqu'à 800 à 900 mètres d'altitude, mais aussi au bord des ruisseaux. Il aime l'air tempéré... Le plus souvent je consommais la nèfle n'importe quand, qu'elle soit mûre ou non, c'était mon truc à moi... En fait je ne l'aimais pas lorsqu'elle était complètement "Blet"... Avant le "Blettissement" sa chair est très acide, assez dure, j'appréciais cette acidité... Je cueillais la nèfle et, sans épluchage, je la grignotais ou l'embouchais entièrement. Je suçotais lentement et longuement ses noyaux, je les avalais souvent... mais aussi je m'amusais à les cracher au loin, vers une cible réelle ou imaginaire... La nèfle est donc un fruit charnu, en forme de toupie déprimée au sommet, et surmontée des cinq dents persistantes du calice, le reste de 5 sépales, comme une petite couronne d'un fruit roi... Au centre de la partie déprimée, ou coupe, on peut voir les restes des étamines et des 5 styles de l'ovaire... C'est une fausse drupe, en fait un Piridion de 3 à 4 centimètres de diamètre... Sa chair entoure 5 noyaux qui contiennent de l'Acide Cyahydrique, ou Acide Prussique, des noyaux assez durs et étanches pour ne représenter aucun risque d'empoisonnement... Je témoigne que ces noyaux étaient durs, car après les avoir avalés, souvent en grand nombre, je les retrouvais dans mes selles, entiers et intacts, le lendemain. Jamais je n'ai été malade et jamais je n'ai eu le moindre malaise... Selon François Couplan (16) cet "Acide Cyahydrique" est très toxique en grande quantité, il produit des troubles respiratoires et nerveux pouvant entraîner la mort, spécialement chez les enfants les plus sensibles". Mais notre "corps peut cependant l'éliminer facilement s'il n'est présent qu'en petite quantité, et peut d'ailleurs avoir dans ce cas une action bénéfique sur l'organisme, puisqu'il se montre antispasmodique, sédatif et favorable à la respiration et à la digestion"... Plus la nèfle se rapproche du complet mûrissement, ou blettissement, plus elle a un goût légèrement vineux, un peu comme celui d'une pomme pourrie, et elle passe de la couleur brune à maturité à la couleur marron foncé... Le néflier est un  bel arbre à feuilles caduques, avec de jolies fleurs blanches assez semblables à celles du poirier. Il peut atteindre 3 à 4 mètres de haut, son bois est dur, à grain fin. Le néflier pousse de manière spontanée dans les forêts et les haies du sud-ouest de l'Europe. On le dit, selon les sources, soit originaire de Chine, soit du Nord de la Perse ou des Balkans, du Caucase et de l'Arménie, et il aurait été introduit en Europe au IIème siècle Av. J-C... où sa consommation est attestée depuis l'Antiquité jusqu'au moyen-âge. La nèfle est un fruit caractérisé par une forte teneur en vitamines, notamment A, en minéraux, en tanin, en acide citrique et en acide tartrique... Elle contient également du Potassium et du magnésium... Selon les croyances et les pratiques populaires elle peut également être utilisée pour lutter contre les troubles intestinaux, pour apaiser les douleurs diverses et calmer la nervosité, mais aussi contre la diarrhée si on la consomme crue et de préférence lorsque la chair est bien "blette"... On peut aussi l'accommoder en sirop ou en compote... Et voici une recette qui, dit-on, permet de lutter efficacement contre la goutte : on baigne longuement les graines, ou noyaux, de la nèfle dans du vin blanc, on les laisse mariner ainsi pendant quelques jours, puis on les croque régulièrement... Et encore, pour soigner les maux de gorge, lutter contre les aphtes et pour laver les plaies, il suffit de réaliser une décoction à base de feuilles de néflier... En menant mes recherches pour étoffer encore cet article j'ai trouvé un beau texte du Docteur Henri Leclerc (1870-1955), "La nèfle dans la thérapeutique d'Antan" (17) que je conseille fortement... dans lequel il décrit, page 338, ce fruit comme "verdâtre et globuleux dans sa jeunesse, (il) prend, en mûrissant, la teinte bistrée, la consistance molle et fluctuante, d'un inquiétant aposthume ; pour comble d'ironie, il porte un diadème formé par les dents persistantes du calice et rappelant assez le bonnet à pointes dont, au Moyen âge, on ceignait le Front des Fols"... Et il indique, p.339, que "la pulpe boueuse de la nèfle inspire à l'élégant poète Anglais Abraham Cowley (1618-1667) ce vers d'une énergie toute Virgilienne dans sa concision : "Mespilus et Fructum patern ambitiosa coronat", l'orgueilleux néflier veut que son fruit plein de pourriture porte une couronne...". Henri Leclerc cite aussi, p.342, une communication faite à l'Académie de médecine, en juin 1939, par le Professeur R. Sartory et ses collaborateurs, MM Weil et Aziz, sur la "composition chimique des fruits du néflier, travail basé sur de larges et minutieuses recherches, et dont il faut conclure qu'une heureuse association de matières pectiques, gommeuses, sucrées et tanniques fait de la nèfle un régulateur des fonctions intestinales, action qui ne peut être obtenue par l'emploi d'un quelconque de ses constituants, puisque le tanin à lui seul ne peut être que constituant"... Le monde médical, toujours selon Henri Leclerc, p.339,  "dès la plus haute Antiquité, lui attribua de nombreuses vertus... Instruits par Hippocrate  (né vers 460 Av. J-C-dcd vers 370 Av. J-C) qui en prônait l'usage chez les Febricitants lorsqu'ils ont le ventre échauffé et des selles brûlantes, les médecins Grecs et Romains l'utilisaient dans tous les cas où il est indiqué de modérer les sécrétions intestinales et, avec Dioscoride et Actuarius, la considéraient comme un puissant astringent". Au Moyen-âge la nèfle jouit d'une grande réputation et deux auteurs monastiques, Saint Albert Le grand (entre 1193 et 1206-dcd 1280) et Sainte Hildegarde (1098-1779), lui furent, précise H. Leclerc p.339, "ainsi qu'à l'arbre qui la porte, particulièrement favorables. Albert Le Grand vantait le bois du néflier comme un remède chaud et sec, capable de fortifier l'estomac... et aux malades atteints de fièvres quotidiennes, tierces ou quartes, Sainte Hildegarde prescrivait du vin chaud dans lequel avaient macéré la racine et les feuilles ; quant à la nèfle, elle estimait salutaire d'en manger tant et plus, qu'on fut malade ou bien portant, car elle faisait croître les chairs et purgeait le sang"... Actuarius, ou Johanness Acturius, ou Jean Zacharias, Jean, fis de Zacharias est sans doute né au XIVème siècle Av. J-C, et Konstantinos C. Gritzalis, Marianna Kara Manou et George Androutsos donnent sa naissance en 1275 et sa mort en 1328... C'est un médecin Byzantin auteur de plusieurs ouvrages dont "De Urinis" (trd. Sur les urines), et  "Sur le fonctionnement et les maladies de l'esprit psychique et le régime à lui prescrire", dont le second livre traite de diététique et d'hygiène, et encore "Methodus medendi" (trd. Méthode thérapeutique)... Le titre d'origine romaine Actuarius qui désignait sous l'Empire Romain un "secrétaire", un "comptable" ou un "intendant", fût porté à Byzance, à partir du XIIème siècle environ, par des médecins attachés à la Cour Impériale... Comme je l'ai indiqué plus haut l'article du Docteur H. Leclerc est riche d'informations sur l'histoire et les usages de la nèfle et de son porteur, je réitère donc mon invitation à le lire... Mais je ne résiste pas au plaisir de le citer à nouveau en rapportant encore l'anecdote qui suit, et chacun qui connait mes origines comprendra facilement pourquoi... H. Leclerc rapporte donc, p.342, la "remarquable étude de M. Mercier, médecin de l'Hôpital de Lorient qui, atteint lui-même d'une entérite et ayant constaté l'amélioration qu'il devait à la consommation de nèfles, publia en 1907, un article dans lequel il indiquait le moyen d'en préparer une conserve, joignant l'utile à l'agréable"... J'espère parvenir un jour à trouver cet ouvrage. et l'acquérir... A la même page il mentionne aussi un usage qu'il a lui-même conseillé de faire, pour traiter la diarrhée infantile, d'un  "sirop préparé avec des nèfles encore vertes et des feuilles fraîches de Pimprenelle"... Sirop dont son élève François Decaux, de la commune de Vittel, "à reproduit la formule dans un article très documenté qu'il a consacré aux fruits astringents". Un article encore à découvrir... Dans certaines régions les nèfles, après la récolte, c'est-à-dire après les premières gelées, sont disposées sur un lit de paille pendant une quinzaine de jours. Il se produit alors un ramollissement, une fermentation naturelle, c'est le "Blettissement".  Le fruit est sucré mais ne contient pas de saccharose, seulement un mélange de glucose et du levutose (sucre inverti) et un peu d'alcool. On peut en faire des compotes et des confitures... Je n'ai pas le souvenir de telles pratiques dans la région de Pont Aven et jamais je n'en ai entendu parler dans ma famille...  On dit aussi qu'il est possible de bien les conserver sur des claies une bonne partie de l'année...

Poirillon de Pyrus Pyraster

          Le sixième des 6 fruits sauvages de mon enfance est une petite Poire, ou poirillon, ou poirion.  Poirier, du bas-latin Picarius, qui vient de Pirus, Pirum, Poire... On la trouve dans quasiment toutes les régions de France. Deux poiriers difficiles à distinguer sont concernés ici, le Pyrus Pyraster et le Pyrus Communis. L, sous-espèce

Poirillons de Pyrus PyrasterFleurs de Pyrus Pyraster(subsp.) Pyraster... L'origine de ces fruitiers , de la famille des Rosacées, varie selon les documents consultés, il est ainsi dit que le Pyrus Pyraster était connu des populations européennes préhistoriques, venant d'Asie Mineure il aurait traversé le Détroit des Dardanelles (le poirier est nommé "Darda" en Albanais), puis serait passé dans les Balkans et ensuite dans le Péloponèse. Théophraste (371 av J.C-288 av J.C) l'appelait "Apion"... Le Pyrus Pyraster transite ensuite dans l'Empire Romain, où, au IIème Siècle avant J.C, Marcus Porcius Cato, dit Caton l'Ancien ou Caton le Censeur (234 av J.C-139 av J.C) mentionne 6 sortes de poires et deux siècles plus tard Pline l'Ancien (23 ap J.C-79) en dénombre plus d'une trentaine... Les petites poires du Pyrus Pyraster ne sont pas très bonnes, elles ont un goût très âcre, astringentes, et sont très dures à croquer, il est mieux d'attendre qu'elles soient bien mûres, vers septembre-octobre, ou bien "Blet", un peu avant le début du pourrissement et encore farineuses. Je les aimais ainsi... Leur grosseur est inférieure à une balle de Ping-Pong, tout juste 3 à 4 centimètres de diamètre... Selon, je les mangeais directement sur place ou, bien plus rarement, je les cueillais et les mettais à mûrir dans quelques cageots stockés au grenier. Ma mère ne les utilisait jamais, même pas pour en confiture et non plus, comme au Moyen-âge, cuites dans du vin... ou à l'hypocras, une boisson à base de vin, sucrée au miel et aromatisée dont on attribue l'invention au médecin grec Hippocrate (né vers 460 av J.C et dcd en 377 av J.C)... Selon l'école de  médecine de Salerne "La poire ne vaut rien sans vin. Si vous les mangez en compote, c'est un excellent antidote, mais la poire crue est un poison" !... A Pont Aven ces poiriers sauvages étaient sur le "coteau de Rozambidou", les deux encore dans le "champ Ligeour", le Pyrus Pyraster en "haie de terre agricole", au coeur d'un muret en pierres sèches, et le "Pyrus Communis.L, subsp. Pyraster en pleine terre au fond du champ... Assez curieusement mon préféré était le Pyrus Pyraster !!... Ce poirier sauvage est généralement considéré à l'origine de toutes les autres variétés fruitières de poires et, selon divers spécialistes, c'est un très bon "Porte-Greffe"... On le trouve sur les friches, dans les haies, dans des sols riches, calcaires, profonds, aérés et frais... Il porte des feuilles caduques rondes-ovales, plutôt glabres sur les deux faces, assez "racornies"... Ses fleurs sont blanches et hermaphrodites, la floraison est précoce, en avril-mai. Les tiges d'attache des poirillons sont plutôt longues, les rameaux sont courts et parsemés d'épines. Celui du "champ Ligeour" avait une taille d'au maximum trois mètres... L'autre poirier, Pyrus Communis. L. subs. Pyraster, était de plus grande taille, une dizaine mètres peut-être, et ses rameaux, plus verticaux, étaient moins épineux. C'était un bel arbre, isolé, assez majestueux et il est difficile de penser aujourd'hui qu'il provenait peut-être de l'autre spécimen... Dans la nature "sauvage" les hybridations de ces poiriers sont nombreuses. Certains autrefois cultivés, puis abandonnés, retrouvent leur nature originelle et épineuse... Je ne le "fréquentais" pas beaucoup, alors qu'il produisait le même genre de fruits avec lesquels on peut fabriquer le "Poiré"... Le bois de ces poiriers sauvages est généralement utilisé en "tranchages" pour les besoins de la marqueterie, de la lutherie, de l'ébénisterie et pour la gravure. Leur longévité est importante, il peuvent vivre de 200 à 300 ans. Mais ces poiriers sont désormais considérés en voie de disparition et différentes mesures pour leur protection commencent à être imposées à travers l'Europe...

port de Kerdruc

         

Le Port de Kedruc Nevez-Pont Aven... Vue de l'Aven... 

 

 

 

           A noter que tous les fruits sauvages cités ici, et qui attisaient mon appétit d'adolescent buissonnier, étaient armés contre les êtres humains et les animaux "prédateurs". 

         Les diverses photos que je présente ici le sont dans le respect du concept d' "Utilisation équitable" et selon un "Usage Loyal" tel qu'il est définit par le Code Américain sur le Droit d'Auteur au Titre 17, Chapitre 1, Section 107...

          Francis Louis Le Garrec                                                                                                                                    Sizig Loeis Ar Garreg

          Kenavo.

Petite Bibliographie

"Gauguin et l'école de Pont Aven", catalogue de l'exposition du 13/01 au O05/03/1989 à la BNF, Ed. Bibliothèque Nationale, Paris.... Voir http://gallica.bnf.fr

(1) Sur la "Pataphysique", voir "Geste et opinions du Docteur Faustroll, Pataphysicien", A. Jarry, 1987

(2) Sur Christiane Rochefort voir la très intéressante thèse de Shereen Kakisch, "Le personnage-enfant à la recherche de l'Utopie féminine", Programme de Maîtrise en études littéraires pour l'obtention du grade de Maître Es Arts (M.A), faculté de lettres, Université de Laval, Québec, 2007...

(3) "Le paysage, entre le politique et le vernaculaire. Réflexions à partir de John Brincker Jackson", Jean Marc Besse, en ligne sur http://www.arches.ro/revue/no06/no06art02.htm

(4) Silvio Guidani. Chargé d'enseignement. Institut Européen/Université de Genève.

(5) Jacques Heurgon, P. 32, in "L'alimentation et la cuisine à Rome", de jacques André, in "Journal des savants", année 1963, Vol."1, n° 1, pp. 31-37

(6) "Histoire naturelle", ou "Naturalis Historia", Pline, Livre XX, Tome treizième. Traduction par M. Ajasson de Grandsagne, Edité par CLF Panckoucke, 1829, 1833... Consultable sur http://gallica.bnf.fr/ark/1248/bpt6K580.. C'est une oeuvre en prose de 37 livres, publiée vers 77 Av. J-C, du vivant de son ami l'Empereur Vespasien.... Le 24 août 79 Ap. J-C, l'année de sa mort, il adopte son neveu qui prit le nom de Caius Plinius Caecillus Secundus, dit Pline le Jeune... "Histoire naturelle" de Pline l'Ancien est un collectage du savoir de son époque sur des sujets variés comme les sciences naturelles, l'astronomie, l'anthropologie, la psychologie ou la métallurgie..

(7) "Mémoires de la Société de Médecine", p. 215, année 1779, Tome dixième, Seconde partie. Publication par l'école de médecine, Ed. Didot Le Jeune, imprimeur, Paris

(8) "Le Silphium. Etat de la question", Suzanne Amigues, in "Journal des savants", n° 2, année 2004, vol. 2, pp. 191-226...  Je signale un autre ouvrage  de Suzanne Amigues, spécialiste incontestée de la botanique Grecque : "Théophraste. Recherche sur les plantes. A l'origine de la botanique", par Suzanne Amigues, Ed Belin, 2010, Paris 

(9) Les publications de Théophastre sont nombreuses,  celles concernées sont : "Histoire des plantes", un Atlas de Botanique composé de 9 livres, écrit au cours du IVème siècle et IIIème siècle Av. J-C et paru sur plusieurs années à partir de  314 Av. J-C... et "Causes des plantes", ccomposé de 8 livres réalisés au cours du IIIème siècle...

(10) "Revue internationale d'Onomastique", Jacques Chauran, Vol. 29, p. 156, Ed. d'Artrey, 1977... J. Chauran a été le Président de la Sté Française d'Onomastique et a dirigé la Revue de Linguistique Française "Le Français moderne"...

(12) "Histoire et amélioration de 50 plantes cultivées", Claire Doré, Fabrice Varogaux, INRA/QUAE, 2006

Voir aussi "Génétic relationships between diploid and allotetraploid cherry spieces", in "Heredity",  Vol. 93, M. Tavaud, A. Zanetto, J-L. David, F. Laigret et E. Dirlewander 2004

(11) "Contribution à l'étude des ancêtres des cerisiers du monde", V. A. Evreinoff, p. 420, in "Journal d'agriculture tropicale et de Botanique appliquée", année 1956, Vol. 3, n°3-7-8.......... Voir sur www.Persee.fr 

Voir aussi Jacques  de Vitry, "exempla", Ed. Crane, p. 89... et "Le folklore de la mère", Paul Sébillot, 1997, p. 96

Voir aussi "Une nouvelle édition de Marcellus de Bordeaux", Antoine Thomas, in "Journal des savants", année 1920, Vol. 18, n°1, pp.15-21

Voir aussi "Histoire de la médecine", J. Bariety et C. Coury, 1964, Fayard, Paris

Voir aussi "Maerits/marcellus/medecine.htm....... "De la médecine. Poême". Traduction par M. Louis Baudet, Professeur, sur http://remacle.org/bloodwolf/erudits/marcellus/medecine.htm.fr

Voir le très bel article sur la ronce du Doct Jean-Yves Cordier sur http://www.lavieb-aile.com/article-tristan-et-la-ronce-la-blanche-fleur-et-le-fruit-rouge-de-la-passion-1218516...... J-T Cordier cite aussi sur cette thématique Kim E. Hummer, http://www.ars-usda.gov/SP2UserFiles/person/2674/hummer%20rubus%pharmacology.pdf.... dont les textes sont en Anglais.

(13) "Métamorphoses", Ovide, Livre 4, V. 55-166.... Traduction G. T Villenave...

(14) Louis Puget, Th. Guiard, Chevriau et Fouquier, 1876, un peu différente de celle de G. Villenave... 

(15) "le régal végétal : les plantes sauvages comestibles", François Couplan, 2009, Ed. Sang de la terre, Paris

(16) "Les secrets des noms de communes et leiux-dits du Maine et loir", Pierre Louis Augureau, 2004, Ed. Coudray-Macouard.

(17) "La nèfle dans la thérapeutique d'Antan", Docteur Henri Leclerc, pp.337-342, in "Revue d'histoire de la pharmacie", année 1952, Vo. 40, n°133

Voir aussi "Petites histoires de Bretagne et d'ailleurs", par Emmanuel Holder...

 

    

    

15:20 Écrit par l'apport du temps dans Blog, Livre, Loisirs, Science, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

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