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lundi, 17 février 2014

Damart, Petit Bateau ; de la casquette au Bachi de mon père

    Lorsque je pense à mon marin de père chaque image de lui est celle d'un personnage portant une casquette à visière, jamais tête nue, sauf au saut du lit, et encore !! Au saut du lit il était en caleçon long et maillot de corps molleton, blanc-, écru ou tirant sur le gris ... je ne suis par complètement sûr de la marque de ses sous-vêtements... Peut-être une fabrication Damart, société créée à Roubaix, dans les années 1950, par la famille Despature et opérant dans le tissage de laine depuis le milieu du XIXème... ou peut-être Petit Bateau, marque dont l'histoire commence en 1883 lorsque Pierre Valton crée à Troyes la bonneterie Valton-Quincarlet et fils spécialisée dans les sous-vëtements. Cette entreprise fabriquait alors des caleçons longs pour hommes, des maillots de corps, et des gilets en Jersey de coton. Mais je crois bien qu'il s'agissait de sous-vêtements de marque Damart Thermolactyl sur lesquels mon père enfilait un pantalon en toile et une épaisse chemise longue, également toilée... Jusqu'au début du XXème siècle nombre d'hommes ne portaient rien sous leur pantalon, les pans de chemise, longue, enfouies sous la ceinture servaient à protéger ce qui devait l'être. Les autres, comme mon père, portaient des caleçons dont les jambes allaient jusqu'aux chevilles, par dessus les  chaussettes, ou dessous, selon... Un type de caleçon que certains font remonter aux Braies portées par les Celtes Gaulois, les Germains et les Goths et qui n'apparait dans la mode vestimentaire "moderne" que vers 1830 !! D'autres hommes encore, depuis la révolution jusqu'aux années 1930, portaient des dessous de flanelle près du corps, et arrivant aux genoux !!. A la façon de mon père, et vraisemblablement comme de nombreux marins et cultivateurs, j'ai très souvent porté ce type de sous-vêtements Thermolactyl (mélange de rhovylon et de fibres acryliques), chaque hiver, depuis mes 11 ans jusqu'à mes 20 ans environ (1963-1972), soit pour aller à l'école où pour travailler sur les parcs à moules et à huitres de l'Aven, mais aussi dans les champs... Damart est un diminutif de Dammartin, le nom d'une rue de Roubaix où la dite société était installée... 

     Mon père n'avait plus beaucoup de cheveux, sauf épars sur le pourtour, de tempe à tempe, comme une couronne à la César... où presque !... le sommet était comme un aérodrome à mouches sur lequel les attérissages étaient impossibles parce que masqués, le plus souvent, par son inséparable casquette en drap de toile de laine... Parler de la casquette de mon père c'est parler de l'un des trois attributs qui lui conféraient une identité particulière - les deux autres étant son couteau Pradel et sa carotte à chiquer -, celle d'un marin breton, d'un marin pêcheur, pas d'un marin de la Royale (marine nationale) - bien qu'il l'ait été durant de nombreuses années !! -, car celui-là porte un Bachi, du moins le matelot... Un officier de la Royale lui, dans le langage des équipages, coiffe une "casquette à ressort", nommée ainsi parce que les galons qu'elle porte évoquent un ressort, ce qui n'est pas le cas des casquettes des officiers mariniers qui, elles, ne portent pas de galon... Mon père, le grand-père de Guillaume Albert, n'était pas de ceux-là... au cours d'une longue carrière au service de l'Etat il est passé de la qualification de matelot à celui de Crabe (quartier maître de 2ème classe, équivalent à caporal), puis à celui de Chouf (quartier maître de 1ère classe, équivalent à caporal chef dans l'armée de terre).... un point c'est tout !! Ainsi, au fil de ses navigations sur quasiment toutes les mers du monde, il a coiffé successivement : a) une casquette (pour la pêche et la marchande); b) un bachi (dans la royale);  c) à nouveau une casquette (pour la pêche, le petit cabotage, l'ostréiculture et la mytiliculture; et ce jusqu'à son décès... en milieu agricole !)

     Dans l'imagerie traditionnelle populaire un marin pêcheur breton "ça" porte une casquette à visière, un tricot rayé, une vareuse bleue ou rouge, un caban ou un kabbig... c'est du marquage social "à la parisienne" !! Mais cette imagerie ne colle pas avec la mienne ! Je n'ai jamais vu mon père porter l'un où l'autre de ces éléments vestimentaires, ormis la casquette... Des brodequins, pointure 44; des chaussettes en laine Phildar tricotée par ma mère; un pantalon de toile bleu équipé d'une ceinture en cuir de vache, et dans sa poche droite un grand mouchoir en tissu à carreaux - à ne pas confondre avec le mouchoir d'instruction - recouvrant son fameux couteau Pradel; un pull-over "marin" Armor Lux en laine; une veste également en toile; et sa casquette... formaient sa tenue quotidienne... Celle de mon oncle Pierre, différait un peu... Et sur la photo que je possède depuis quelques jours il pose en tenue typique du pêcheur moélanais : pantalon en toile bleue; vareuse courte en grosse toile de coton bleue - col fendu sur le devant et poche intérieure sur la poitrine (invisible sur la photo) - portée sur un pull-over en laine indigo; et aussi une casquette à visière rigide, coiffée légèrement différemment que son frère, mon père... Cette tenue là est plus conforme au marquage social décrit ci-dessus. Il chausse aussi des brodequins, mais l'on peut penser que tous deux, lorsqu'ils étaient mousses, utilisaient des sabots en bois... Je n'ai jamais eu l'occasion de les voir en tenue de mataf (matelot de la marine nationale), ces images là me manquent !! La seule photo de mataf que je possède est celle d'un autre de mes oncles, que je n'ai jamais renconté... il apparait fièrement coiffé du bachi traditionnel avec le pompon national règlementaire, rouge garance depuis 1871. Ce pompon à un diamètre de 8 cm, pèse environ 1 gramme et mesure 2,5 cm de hauteur. En 1901, le bonnet cesse d'ëtre tricoté pour être confectionné en drap de laine bleu foncé (indigo ?!), souple, sans baleine. Il à un diamètre de 243 à 285 mm et pèse de 160 à 190 grammes et ressemble beaucoup à un béret !! Sur son pourtour est adjoint, depuis 1872, un ruban légendé... et sur celui du bachi de mon oncle est inscrit son embarquement : "Le Mékong"... navire sur lequel je ne possède actuellement aucune information... Après son décès en mer j'ai hérité de son prénom, Francis (sizig)...

     Selon quelques spécialistes de la marine nationale, l'ancêtre du bachi était la houpette., elle apparait vers 1840 mais n'est définie par un texte qu'en 1848. Initialement, d'après eux, cette houpette était un bonnet tricoté, à deux couleurs de fils, rouge et bleu... et nécessairement, au plan technique, le fond était terminé, en "diminution", par un seul de ces fils... Le "pompon" n'était donc qu'une façon de terminer l'ouvrage qui était souvent tricoté par le marin lui-mëme. Désormais ce fameux pompon est confectionné à la main par les ouvrières d'une manufacture de la Sarthe. 

     Le mot casquette vient de Casser (180, Laveaux), qui est issu du latin pulaire Quassicare, lui-même dérivant de Cascar = briser, émanation de l'espagnol Casco = casque (fin du XVIème)...  A la restauration, dans la Marine Royale, le canonier matelot portait un casque "fait d'un feutre fort, en laine pur médoc, fin, souple, léger et brillant. Garni à l'intérieur de la forme d'une banane couleur naturelle, faisant cuir-coiffe, terminée par une coulisse percée à jour, laquelle se serre par un lacet en fil noir, plat...", selon une description de l'époque. "A l'extérieur de la forme le casque est entouré d'une courroie en cuir verni noir, sans boucle ni crochet. Le chapeau-casquette est orné d'une plaque de cuivre jaune sur laquelle le n° de l'équipage est découpé à jour et d'une cocarde en métal blanc". Ce casque en forme de champignon est à l'origine de la casquette actuelle... Cette dernière apparaissant sous Louis XVIII, de couleur bleu, fut tout d'abord la coiffure de travail des matelots puis par la suite, dans le même but, celle des officiers, pour se transformer, après de longues années, telle que nous la connaissons aujourd'hui... Une ordonnance du 28 mai 1829, sous Charles X, remplace le chapeau-casque par un casque (avant la houpette ??) d'un nouveau modèle et une casquette qui ne comporte plus qu'une visière... Le champignon s'est applati et l'on peut considérer que ce type de coiffure s'est ensuite répandu dans les différents corps de la marine : royale, marchande ou pêche... On attribue généralement au 19ème siècle les origines de la casquette...

     La casquette de marin qui me sert ici de référence est celle de mon père, elle est en toile de drap de laine - coiffe et visière - doublée de tissu, matelassée, avec galon traditionnel brodé sur le tour de tête et la visière. Cordon amovible retenu par deux boutons, pouvant former ainsi, au besoin, jugulaire (du latin jugulum = gorge) pour les temps très venteux, par exemple... mais je ne l'ai jamais vu la porter ainsi... Il convient de noter ici que la casquette de son frère, mon oncle Pierre, avait une visière rigide noire (matériau synthétique). Je n'en suis pas certain mais il me semble que mon père choisissait une casquette taille 56 ou 57...?  Ma mère était lavandière, je l'accompagnais souvent lorsque j'étais enfant mais je ne me souviens pas l'avoir vu laver la fameuse casquette, et je n'ai jamais vu non plus celle-ci sècher sur une corde à linge... mystère !!

    En Bretagne, à Paimpol, la société Dolmard, créée en 1922, était spécialisée dans la confection de vêtements de protection pour les marins qui s'embarquaient pour les campagnes de pêche à Terre-Neuve et en Islande. Au fil du temps l'utilisation du drap de laine ayant remplacé le coton huilé pour la confection et la création de modèles, cette société spécialisa son activité sur les matières naturelles de laine et de coton peigné... ainsi, en 1930, elle développa les draps de laine et les techniques de feutrage, pour la fabrication des fameux Kabbig et Caban... Ce dernier vëtement, dont le nom proviendrait du sicilien "Cabbanu", emprunté à l'Arabe Gabä pour désigner la grande veste des marins, est, depuis l'origine, un vêtement que l'on porte dans la marine par temps froid... Trois ans avant la prise de la Bastille, (14/O7/1789) le Code de Castries (Charles de la Croix, Marquis de Castries, maréchal de France et ministre de la marine de 1780 à 1787) fait, pour la première fois, état d'un vêtement appelé Caban, dans son article 38... 

   On dit que la laine foulée, ou Bure, était, à l'origine, portée par les moines pour les protéger et leur permettre d'affronter, lors de leurs déplacements, le froid et la pluie... Les troupes bonapartistes, et plus récemment celles de 14/18, étaient ainsi équipées de vareuses et tuniques en drap de laine. Dans les années 1970, durant ma période Freakie puis Hippie, j'ai porté des fripes des stocks militaires américains et, notamment, une telle longue tunique bleu foncé... j'ai "fait la route"  équipé ainsi, et je témoigne de "l'efficacité" de ce type de vêtement sous la pluie... mais aussi de sa lourdeur... La laine peut absorber jusqu'à 35% de son poids en eau tout en restant sèche au toucher... et un tel vëtement n'est mouillé au toucher que lorsqu'il est entièrement détrempé !! 

    Le feutre est le premier textile fabriqué à l'aide de la toison de moutons, chèvres ou poils de lapin, de chameaux, et autres animaux... Les techniques de foulage/feutrage (l'aspect feutré étant obtenu par foulonnage) étaient déjà connues et utilisées en Turquie, puis en Afghanistan, en Mongolie, et par les Ouîghours (je salue ici mon ancien stagiaire et ami Yusufu, réfugié politique qui à vécu les géoles chinoises et la torture)... Chacun connait les Yourtes en toile feutrée des nomades de la steppe !! Les plus anciens vestiges de laine feutrée, vraisemblablement les morceaux d'une tenture murale, datés vers 6500-6300 avant J-C, ont été trouvés dans la ville néolithique Catal Huyuk en Turquie, la première véritable agglomération connue à ce jour, située au centre Sud du plateau Anatolien, dans ce fameux "croissant fertile" où, jadis, a déjà été trouvé l'ancëtre du blé cultivé... D'autres sources datent cette aieule turque des étoffes de laine vers 9000 avant J-C !!. Maguelonne Toussaint-Samat (1) nous explique que "Des Scythes, provient aussi l'art Gaulois du feutre dont furent confectionnés leurs chapeaux originaux, des chaussons et de chauds gilets cuirassés... (p 57)". "Les Scythes, originaires des plateaux montagneux de la région orientale de la mer Caspienne, entre mer d'Aral et mer Noire, dévalèrent de tous côtés, au VIIème siècle avant notre ère, sur l'Asie Majeure et Antérieure, sur les steppes de la Russie méridionnale, le Bassin de la Volga, sur les riches terres qui deviendront l'Ukraine, la Roumanie... (p 53)". "De ces Hiong-Nou (Scythes suivis des Sarnates), les descendants dispersés donneront les Huns, les Mongols et les Turcs... (p 54)". 

     La laine, comme les cheveux, la corne ou encore les ongles et les plumes, est un matériau protéique qui appartient à la famille des Keratines dures. Frédérique Salpin (2) rapporte que  "Pour une fibre de laine sont identifiés 17 ou 18 des 20 acides animés naturels, formant plus de 170 protéines différentes réparties de façon non uniforme tout au long de la fibre et dont, à ce jour, seules 28 ont été séquencées... ". Par ailleurs, alors que l'intérieur de la fibre est hydrophile, c'est-à-dire qu'elle attire l'humidité, les écailles à l'extérieur de celle-ci rend la laine hydrophobe, c'est-à-dire qu'elle repousse l'eau.. La laine emprisonne donc dans ses fibres l'air réchauffé par le corps, ce qui en fait un matériau de choix par temps humide et pluvieux... les fibres de laine absorbent ou libèrent continuellement de la vapeur d'eau, mais ne stockent jamais l'humidité car ce sont des fibres pleines sans canaux... Cet échange permet de conserver l'équilibre entre le microclimat existant à la surface de la peau et l'environnement extérieur... On parle alors d'hygroscopie, c'est-à-dire une adaption de l'humidité interne aux conditions existantes... En passant d'un milieu chaud et sec à un environnement froid et humide, la laine libère lentement de la chaleur et protège le corps contre les chutes de température... La transpiration issue du corps n'a pas d'odeur; ce sont les bactéries qui prolifèrent dans l'humidité stockée entre les fibres de laine qui en sont responsables. Dans la laine le déplacement rapide de l'humidité empêche la formation de site de prolifération... Ainsi un vêtement de laine, y compris la casquette,  même en cas d'utilisation "sportive" n'émet pas de mauvaise odeur... ce qui ne doit pas empêcher l'hygiène quotidienne., corps et vêture... Les chaussettes et les pieds peuvent  génrérer de fortes mauvaises odeurs... mais la laine n'y est pour rien !!

     Pour améliorer encore les qualités imperméables de la laine  les anciens avaient mis au point diverses procédures de cardage, de foulage et de feutrage... Ainsi le cardage est universellement adopté au XVIIIème siècle pour la préparation des laines qui sont employées dans la draperie foulée "dont le principal mérite consiste dans un "feutre bien lié". Comme l'explique à cette époque Duhamel de Monceau (3) : "Pour avoir ce feutre, dit-il, il faut que la laine soit un peu brisé, à quoi la carde est plus propre que le peigne... Ce léger brisage multiplie les poils de la laine, rend les fils plus hérissés et plus velus, et par conséquent plus disposés à se lier et à se condenser les uns aux autres par l'opération du foulon : c'est en quoi consiste la perfection du feutre, qui est l'objet qu'on se propose, en faisant carder la laine. Il est aisé de conclure que la cardage à la grande et petite carde, sont les opérations les plus importantes de la fabrique des draps".

     Le nom mëme de cardage, dérivé du latin Cardus ou Carduus, fait référence au chardon. Il s'agit d'un chardon particulier, le chardon à foulon "Dipsacus satilus (L) honckeny", espèce cultivée, à bractées crochues et dures.... Il était utilisé dans l'industrie textile pour gratter, ou selon le terme technique français exact, "Lainer" les draps au cours de l'apprêt, afin d'en faire sortir le poil, à la fois pour rendre le tissu plus épais, moelleux et isolant mais aussi comme préparation au foulage...

     Le foulage est une partie du processus de finition des tissus de laine, c'est une opération de compactage des fibres de laine, le feutrage en résulte... Les fibres qui composent le tissu, sont baignées dans de l'eau chaude savonneuse et manipulées, battues, tordues, pressées très fortement par couche successive, à l'aide de divers procédés mécaniques et chimiques... Ces actions combinées provoquent l'entremëlement et le resserrement des fils, les petites interstices présentes aux points d'intersection entre le fil de trame et le fil de chaine se ferment, leur ligature est donnée par l'interpénétration des écailles microscopiques qui couvrent la fibre sur toute sa superficie... Ce processus, progressif, est irréversible... c'est le feutrage, étape essentielle dans le processus d'imperméabilisation des draps de laine... Il peut s'appliquer à tous les types de tissu réalisés avec de la laine ou tout autre tissu contenant des poils (Mohair, Alpaga, Cachemire, etc...). Et c'est avec ce drap de laine feutrée que l'on confectionne les casquettes de marin !!

     J'ai conscience que dans le texte ci-dessus, une fois de plus, je me suis laissé "digressivement" aller... et cette fois à partir d'une casquette en drap de laine !! Celle de mon marin de père... Je sais bien que si j'avais porté mon choix sur son caleçon j'aurais digressé pareillement, et nul doute que sa casquette et son Pradel auraient fait une apparition au milieu d'autres objets et petites histoires parallèles... Parallèles ??... Simplement parallèles ?! Pas sûr !!

     Pour moi, chaque objet, naturel ou manufacturé, est chargé des histoires qui forment son histoire d'objet propre, son histoire particulière et spécifique... le font dépositaire écologique... En chaque objet un bouillon d'histoires comme un bouillon de cultures... Entre chaque objet et moi, dans le silence d'un "entre-soi" mystérieux, je ressents presque toujours cette résonance... ce bruit de fond actif... Et j'ose alors accorder à l'objet inerte un mouvement de vies dans la diversité des univers et la multitude des mondes possibles... Ailleurs on parle aussi de l' "âme des choses"... qui ne sont alors plus des choses...

     Lorsque l'on porte la main sur un objet, et autrement le regard, on se charge de lui... il se passe quelque chose, comme une transmission.... un transfert... alors on fait "parler la pierre" ou on "écoute ce qu'elle donne", d'autres font "chanter le bois" ou la varloppe... et ainsi transmet-on aussi des savoirs-faire et des savoirs-être... Alors, lorsque je pense à mon père, lorsque je regarde mes photos de famille, je ne manque jamais de me dire : "ils ont échangé et fait des choix".. Et l'échange crée des liens, il affecte... Perdre un objet ainsi investit, ne pas le retouver à sa place, l'abimer, le briser, "devoir" sans séparer, autant de circonstances dramatiques qui signent l'attachement... mais autant la joie à  d'autres moments et dans d'autres situations différentes...

     Mon père, comme chacun, se signifiait et signifiait par les objets qu'il portait et qu'il utilisait... c'était un "taiseux" qui, au quotidien, se disait par ses actes et par ses objets affectés. Ici c'est moi, son fils, qui parle et qui dit de lui et pour lui...   

     Tout celà pour une casquette...  mais quelle casquette !! Une casquette de marin, en drap de laine...  

    

 Kenavo                     Sizig Loeis Ar Garreg

 

Bibliographie sommaire :

(1) "Histoire technique et morale du vêtement", Maguelonne Toussaint-Samat, 1990, bordas-cultures, Paris

(2) "Laine et colorants : fixation, quantification, vieillissement. Etude par spectométrie Raman", Frédérique Salpin, 15:03/2008, thèse doctorale, Spécialité chimie physique, Université pierre et Marie Curie, Paris

(3) "L'art de la draperie", H.L Duhamel de Monceau, 1765....

"L'origine des vêtements et du tissage", Lucrèce, in De Natura Rerum, chant V, vers 1350 à 1360...

"Pssychologie de la mode", Marc Alain Descamps, 1979, PUF, Paris

"Modes et vëtements", Nathalie Bailleux, ..........

"Histoire des dessous masculins", Shaun Cole, in Historia n°656, 31/07/2001,...

www.défense.gouv.fr, site officiel de la marine nationale

http://www.aucolbleu-brest.com, site sympa !

http://a.c.o.m.a.r.free.fr/histo_uniforme_marin6.htm

www.archivesnationales.cultures.gouv.fr/camt/fr/.../damard.html

        

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