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lundi, 17 février 2014

1790, le Roi LOUIS et le tabac des matelots

LOI RELATIVE à la FOURNITURE de TABAC aux MATELOTS 

dommée à Paris, le 17 novembre  1790

 

LOUIS, par la grâce de Dieu, et par la Loi conftitutionnelle de l'Etat, Roi des François : A tous préfens et à venir ; salut.

L'assemblée nationale a décrété, et Nous voulons et ordonnons ce qui fuit :

Décret de l'Affemblée Nationale, du 09 novembre 1790

L'Affemblée Nationale, fut le rapport de fon Comité de Marine :

Décrète qu'à compter de la date de la publication du préfent décret, il fera fourni aux matelots, formant les vaiffeaux, du moment qu'ils feront rade, du tabac comme il leur eft fourni à la mer, et au prix qu'il eft donné aux soldats ; que le prix leur en fera retenu fur leurs gages, et qu'ils n'en pourront tranfporter à terre ni dans les ports;

Nous avons fanctionné, et par ces préfentes fignées de notre main, fanctionnons le présent Décret.

Mandons et ordonnons à tous les tribunaux, corps administratifs et municipalités que ces préfentes ils faffent transcrire fur leurs regiftres, lire, publier et afficher dans leurs refforts et départements refpectifs, et éxecuter comme Loi du Royaume. En foi de quoi nous avons figné et fait contrefigner cef dites préfentes, auxquelles nous avons fait apposer le sceau d l'Etat. A Paris, le dix-feptième jour du mois de novembre, l'an de grace Mil fept cent quatre vingt-dix et de notre règne le dix-feptième. Signé LOUIS

Et plus bas, l'archevèque de Bordeaux. Et fcellées du sceau de l'Etat.

Lue, publiée, tranfcrite, ouî, ce requérant le commiffaire du roi, pour être fuivie et exécutée felon fa forme et teneur, et copies collectionnées, envoyées à fa diligence aux juges de Paix des cantons du Reffort ; le tout en exécution du jugement de ce jour. Fait à Thionville au Tribunal de Diftrict, audience publique, le .... (illisible)

Signé MARLY

Le texte ci-dessus est extrait d'un document en consultation libre à la Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg, 67000, sous la référence G.139.514.

Puisque le tabac était fourni il serait intéressant d'en connaitre les  méthodes et règles de distribution... et de se rapporter également aux consignes de sécurité à bord des voiliers d'époque... Voir ma publication précdente... 

Selon Ingold, 1991, le tabac a été introduit en france au milieu du XVIème siècle et une  mode du tabac à priser s'est développée à la cour de Versailles courant XVIIème siècle.

A partir de 1700, le tabac se vend le plus souvent dans les magasins de tabac, sous forme de tresses dont le "fumeur" doit chaque fois découper un morceau pour le macher. Autrefois, il était vendu en "pharmacie", puisqu'il était considéré comme "remède".

Après 1810 l'usage de la chique est répandu parmi les marins...

En 1957, le tabac est reconnu comme une toxicomanie par l'OMS !!

Sur le plan "médical G-A Henriek, médecin français du XIXème siècle, écrit ceci : "Voici un fait rapporté par M. Morin, ex-chirurgien de marine, à M. Gory, qui a la même portée en tant qu'observation. Deux bâtiments ayant manqué de tabac au bout de deux mois, tous les marins eurent le SCORBUT, sauf ceux qui, sur le bâtiment de M. Morin machèrent des ficelles servant à raccomonder les cordages. A ce propos nous croyons fort peu intéressante une dissertation ayant pour but de décider si le tabac est, ainsi que l'avance ROUPPE, une cause de SCORBUT, ou un préservatif de cette maladie, ainsi que le soutient RAMAZZINI : du reste nous examinerons à l'article Emploi Médical, quelles sont les affections que le tabac peut guérir, sous les diverses formes qu'on l'emploie"

Toujours selon Henrieck  : "L'usage de la chique a les mêmes effets immédiats et consécutifs que celui de la pipe sur la muqueuse bucale et les glandes salivaires, c'est-à-dire stimulation et sécrétion de salive ; il faut dire en mëme temps que celle-ci est imprégnée d'une plus grande quantité de jus de tabac auquel s'adjoint de la mélasse et le jus de pruneaux employés à la fabrication ; nous ne saurions déterminer au juste si l'absorption  est plus considérable chez les fumeurs  que chez les chiqueurs..."

Il semble bien que déjà à cette époque la conssommation de tabac posait problème. Mon père est décédé accidentellement à la campagne, dans un champ, et je ne l'ai jamais entendu parler d'une quelconque difficulté médicale en rapport avec le tabac à chiquer...  Je ne l'ai vu fumer des cigarettes qu'à de très rares occasions, et ça se voyait bien qu'il n'était pas un adepte tellement il était gauche, maladroit avec cette espèce de tubulure fumante... Mais je crois bien en l'euphorisation provoqué par la consommation du tabac à chiquer. Euphorisation ponctuelle, selon le contexte et les circonstances, et dont, si tout va bien, je vous parlerais bientot...

Je me demande bien aussi comment le jus de pruneaux entrait dans la composition du tabac à chiquer, de mëme que la mélasse ???

Quelques références bibliographiques complémentaires :

Vincent Barthélémy, "Traité du tabac", lyon, 1626. 

Didier Nourrisson, "Tabagisme et antitabagisme en France au XIXème siècle", Vol.7, revue économique et Sté, n°4, 1988. Cedocument peut-être consulté sur le  Site web PERSEE.... que je recommande !

Suite sur une prochaine page. 

KENAVO

Sizig Loeis Ar Garreg

02:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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