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vendredi, 05 septembre 2014

Bonbons Zan, Pastilles Pulmoll, Vichy et Valda, Cachous, Carambars et boisson Tang à Pont Aven

          Il y a quelques mois à Strasbourg, non loin de la place de l'Homme de Fer, j'ai osé entrer dans une toute petite boutique  de confiserie... je dis "osé" parceque "du haut" de mes  62 ans j'avais la crainte idiote de passer pour un vieux "béta", "gaga", un vieil homme décati très touché par le passage du temps... Mes quelques cheveux blancs ont fait rougir mon front et mes joues... Et au moment de franchir le pas-de-porte de la boutique parfumée j'avais les "chocottes", j'étais dans mes "petits souliers" et aussi "mal dans mes baskets" !!  En vérité, ce jour là je portais des chaussures de randonnées, mais il est bien vrai que je me sentais "très coinçé aux entournures"... Dans la petite boutique il n'y avait que moi et le commerçant, un jeune gars sympa, très souriant... Souriait-il de me voir là ??, je ne sais, mais celà a suffit pour déclencher ma logorrhée romantique et nostalgique... Mais, hélas, "trois fois hélas", les bocaux étagés sur les comptoirs ne contenaient quasiment aucun des "bonbecs" de mon enfance Pontaveniste... Le jeune cmmerçant en était tellement désolé que la rougeur d'origine presque honteuse de mon visage est devenue illumination joyeuse malgré ma relative déception. Ce qui s'est passé cet après-midi là semble bien confirmer en partie que le simple sourire d'un tiers peut contribuer à la restauration de la confiance en soi...  Et relative déception puisque dans les copies de bocaux anciens de ce commerçant strasbourgeois j'ai tout de même trouvé deux marques de "bonbecs" : le fameux "Carambar" et les rouleaux de Réglisse "Zan"...  Je n'ai pas acheté de "Carambar" mais une dizaine de petits rouleaux, ou bobinettes, de Réglisse que j'ai dégusté avec délice en flânant sur la rive droite de l'Ill, un affluent du Rhin... Avec délice, c'est peut-être beaucoup dire car j'ai le souvenir d'un goût de réglisse plus prononcé, plus fort... Pourtant, depuis, presque chaque semaine, je me fais un même petit "Trip Réglisse"...

            Les "BonBecs"... de BonBons, sans M devant le B... On retrouve les traces du mot "bonbon" dans les mémoires de Jean Héroard (1551-1628), précepteur, auquel Henri IV confie, 3 jours avant sa naissance, le Dauphin,  futur Louis XIII (1601-1643). Selon certains auteurs ce serait à cette époque que "bonbon" aurait été inventé à partir de l'observation des enfants qui répétaient  "bon... bon", un redoublement enfantin appréciateur qui aurait formé le mot... Mais il semble bien que, plus vraisemblablement, l'origine du mot soit princier... De nombreux autres précepteurs ont accompagné le Dauphin : Nicolas Vauquelin, seigneur des Yveteaux (1567-1649), poête libertin ; Nicolas Le Fevre (1554-1612) ;  David Rivault de Flurence (1571-1616), professeur de mathématiques... mais le texte-journal de 11054 pages tenu par Jean Héroard est considéré, selon Madeleine Foisil (1) "comme un trésor inestimable à la fois pour toutes les études sur le français du début du 17ème siècle, pour la linguistique historique et pour l'acquisition du langage... et intéresse les historiens et les psychologues...", et l'on peut encore ajouter la pédiatrie, l'obstétrique, l'odontologie... Ainsi, sur ce journal, précise Micheline Ruel-Kellermann (2), "dès le 1er jour, seront consignés tous les détails concernant la nature, la prise des aliments, les boissons, les exercices, les moments de repos, le sommeil, les réveils, l'état de santé (pouls, température, troubles fréquents) et ce qui n'est que trop connu : la quantité, la consistance et la couleur des évacuations de cet enfant royal"... Le Dauphin "né sain et robuste de corps, d'après la minutieuse description écrite au moment même où il vient au monde, aurait dû pourtant, dès le lendemain subir un petite opération : comme il pouvait à peine têter il lui fut regardé dans la bouche et vu que c'était le filet qui était en cause ; sur les cinq heures du soir, le 20 septembre 1601, il lui fut coupé à 3 fois par M. Guillemeau, chirurgien du Roi..." (3). Jacques Guillemeau (1549-1613) chirurgien d'Henri IV, père du Dauphin, était aussi pédiatre et obstétricien. Dix sept années plus tard, en 1618, l'un de ses trois enfants, son fils Charles (1588-1656), est lui aussi nommé chirurgien de Louis XIII et reçu docteur en 1627, puis devient doyen de la faculté de médecine de Montpellier en 1634-1635. Selon le texte de Jean Héroard "cette opération avait été mal faite ou l'enfant avait un défaut naturel dans la conformation de la langue, car, lorsque le Dauphin commence à prononcer quelques mots on s'aperçoit qu'il bégaye en parlant et il se fâche quand il ne peut prononcer autrement"... M. Ruel-Kellermann indique encore que le journal de Jean Héroard "témoigne par de précieuses observations des parafonctions : grincements de dents, mâchonnements de langue et de ce qui fut le handicap le plus douloureux de l'enfance de ce futur roi : le bégaiement... Ce bégaiement le rendait réellement très malheureux : ", à 3 ans il bégaye en parlant, se fache a ne taré dire !!..." En décembre 1604 Jean Héroard remarque encore que le Dauphin "bégaye fort en parlant". C'est surtout lorsqu'il est ému, qu'il s'anime, ou qu'il se met en colère, que le Dauphin mâche "sa grosse langue, comme il avait accoutumé de le faire quand il faisait une chose avec grande ardeur". Et Nicolas Le Fevre, second précepteur du futur Louis XIII, note en août 1612 "qu'un jour, ne pouvant bien sortir à son gré, je ne sais quel mot, il s'empoigna le visage de ses mains, à demi en furie de ne pouvoir prononcer comme les autres". Jean Héroard, précepteur, qui était aussi médecin qui pratiquait la phytothérapie, et vétérinaire, tiendra jour après jour, une comptabilité précise des produits divers délivrés au Dauphin. Selon Robert Labey (4), qui a potassé le journal de J. Héroard, "le sucre, denrée coloniale, à l'époque rare et chère, est dispensé largement au Dauphin par Claude Guérin : dès son sixième jour, le sucre en poudre s'associe à l'huile d'amandes douces et ensuite Sirop Violat et Julep Rosat, dragées, pastilles, tablettes, conserves viennent s'ajouter aux desserts et collations riches en "Fruictis Confis" qui sont des fruits au sirop, et aux "confitures sèches" qui sont des "Fruits Confits" (p.62). R. Labey précise que "dès le sevrage de l'enfant, apparaissent des breuvages sucrés, à commencer par la tisane (décembre 1603), venue du temps d'Hippocrate et dont le nom en Grec signifie "Concassé"... car c'est en effet une décoction de grains d'orge brisés, aromatisés au miel dont on se servait à l'origine dans les maladies aiguês (Littré) et auquel le sucre succéda" (p. 62). L'apothicaire  "Claude Guérin possède un alambic que l'enfant va voir, dans une chambre du Château-Vieux, le 3 juin 1606. Guérin prépare des pommades, des onguents, toutes sortes de médicaments, mais surtout il règne sur les balances et les mortiers et trouve dans le Dauphin une aide occasionnelle, souvent maladroit, mais toujours attentif. Ils font ensemble du lait d'amandes, du Massepain, petit gäteau aux amandes pilées, au sucre et aux blancs d'oeufs et, avec la collaboration de l'Apothicaire de la reine mère, Marie de Médicis (1573-1642), des violettes confites sèches. Dans le Journal de J. Héroard il est souvent question de dragées. Ce n'était pas les dragées de sucre dur que nous connaissons : l'inventeur mythique de cette confiserie, le romain, Julius Dragatus, ne fabriqua pas autre chose que des amandes recouvertes d'un miel plus ou moins déssèché... Les dragées d'Héroard n'étaient que des pilules roulées dans du sucre en poudre. L'enfant s'amuse à faire des tablettes de mie de pain qu'il nomme pilules et qui sentent le goüt amer des dragées de rhubarbe (septembre 1606), ce qui serait impossible avec de vraies dragées" (p.63). Je n'ai eu accès qu'à quelques extraits du journal de Jean  Heroard et, partiellement, aux travaux des auteurs cités ci-dessus, mais j'admet sans difficulté que le mot "BonBon" ait été signalé pour la première fois en 1604 par J.  Héroard selon lequel le Dauphin, alors ägé de 3 ans, aurait exprimé son plaisir de goûter une friandise de sucre en disant Bon...Bon... L'origine princière et bégayante de ce redoublement enfantin appréciateur, ainsi contextualsée, est assez plaisante, malgré tout, et me convient bien...

             Après les BonBons et avant les Pilules voici les Pastilles aux origines séculaires... Une technique de fabrication  de médicaments et de confiseries dont on dit qu'elle fut introduite en France par un confiseur italien : le florentin Jean Pastilla (état civil introuvable), qui aurait accompagné Marie Médicis (1573-1642) lorsqu'elle vint en France en 1600 pour épouser Henry IV... Mais, comme d'autres, je me demande si ce nom Pastilla ne provient pas plutôt de l'exercice du métier de fabricant de pastilles, et ne serait donc qu'un surnom professionnel... Pline l'Ancien (23 apr. J.-C -79), grand naturaliste, écrivain latin et Amiral de la flotte de Misène quand survint l'éruption du Vésuve au cours de laquelle il périt, parle dèjà de pastilles dans son "Histoire naturelle", vaste compilation scientifique en 37 livres.... Martial, ou Marcus Valerius Martialis (Vers 40-vers 104), évoque clairement dans ses "Epigrammes" les pastilles, "ces drogues" qui "blanchissent les dents", d'un certain Cosmus dont on raconte qu'il a dû être un des premiers confiseurs de l'histoire de la confiserie... Ce Cosmus ne semble, par ailleurs, n'être connu que par les citations qu'en fait Marcellus Empiricus dans "De Médicamentis", un imposant ouvrage commencé vers 401 ou 408, sous le règne du créateur du "Code Théodosien", Théodose II (401-450), Empereur romain d'Orient (408-450), et terminé, peut-être, vers 445, dans lequel il signale aussi des pastilles... Cosmus, confiseur et apothicaire, auteur de collyres, d'antidotes et de remèdes divers, en particulier contre les maux de ventre, avait donc également mis au point des pastilles désinfectantes pour la bouche à base de myrte, de lentisque et de fenouil... Horace, ou Quintus Horatius Flaccus (65-8 av. J-C), le célèbre poète latin, évoquait lui aussi des pastilles parfumées dans ses "Satires" composées vers 30 avant J-C... Marcellus Empiricus, sans doute né vers le milieu du IVème siècle et décédé dans les dernières années du même siècle, est un auteur médical latin de l'Antiquité romaine tardive, aristocrate et haut fonctionnaire impérial à Constantinople auprès de l'Empereur romain Théodose 1er, ou Flavius Theodosius dit le Grand (v. 347-395), qui l'a nommé Maître des Offices, une charge qu'il tenait encore en 395, la première année du règne d'Arcadius (v. 377-408), Empereur romain d'Orient (395-408), père de Théodose II et fils aîné de Théodose 1er... Etre Maître des Offices faisait de Marcellus le Ministre de l'Intérieur et de la Police impériale puisqu'il supervisait les Gardes de l'Empereur et qu'il dirigeait la Poste dont les acteurs avaient pour mission de transmettre les Lois et lettres impériales tout en jouant le rôle d'agents secrets... Son ouvrage "De Médicamentis" est une longue liste de tous les remèdes qu'il avait pu recueillir dans ses lectures et dans le cours de ses voyages, il rassemble un important héritage de pratiques médicales fondées, selon la grande tradition de ces époques, à la fois sur la magie curative et l'expérimentation, c'est un "manuel d'automédication qui repose sur une médecine pratique... qui a valu à son auteur le surnom Empiricus, en raison de l'emploi fréquent des mots Expérimentum et Expériri.." (5). On donnait aussi, parfois, à Marcellus Empiricus le surnom de Burdigalensis, c'est-à-dire le Bordelais, mais il semble bien, selon M. Gayraud, que Marcellus était natif de Narbonne et donc d'origine Gauloise confirmée... Dans De Médicamentis on rencontre aussi de nombreux mots Gaulois, notamment en botanique, ainsi dans 13 cas, par exemple, il donne le nom d'une plante en Grec, en Latin et en Gaulois... Sur cette thématique spécifique de l'origine Gauloise de Marcellus j'invite mes lecteurs à lire le travail de ce chercheur référencé dans ma petite bibliographie... Entre les ouvrages "Histoire Naturelle" de Pline l'Ancien et "De Médicamentis" de Marcellus il y a des passages communs, une certaine convergence, par exemple dans le Livre VIII du "De Médicamentis" on lit, selon M. Gayraud, "des phrases sur l'usage du miel et de la salive pour adoucir l'irritation des yeux qui viennent directement des livres XXVIII et XXIX de Pline"... "Dans le Livre VIII de Marcellus, consacré aux yeux, on trouve 37 recettes de Collyres. Or l'ophtalmologie est une spécialité particulièrement développée en Gaule aux IIème et IIIème siècles, comme on le sait par les découvertes archéologiques nombreuses... des trousses d'ocultistes contenant des spatules, bistouris, pinces, mortiers et petites balances. Mais ce sont surtout des cachets d'ocultistes, sans que l'on sache expliquer cette concentration géographique... trouvés en Gaule, environ 200, suivant les grandes voies de communication dans les régions du Nord et de l'Est (Bourgogne, Champagne, Ardenne, Alsace)" (5)... Ces cachets d'ocultiste, ou cachets à Collyre, se présentent sous les formes parallélépipédiques ou rectangulaires, plats, de préférence en Stéatite, de 3 à 5 cm de côté, dont les surfaces sont plates et légèrement déprimées au centre, tandis que les côtés portent des inscriptions gravées pour imprimer, en phase molle ou pâteuse, les médicaments composés et préciser, à la fois, le nom de l'oculiste, celui du collyre, et l'indication thérapeutique... Ainsi tenter d'établir les origines des pastilles implique, "a minima poena", de considérer cet univers technique historique des ocultistes, autant que celui des apothicaires !!. Selon M. Gayraud "Dans l'Antiquité romaine il n'existait qu'une spécialité dont les médicaments furent toujours aux mains des médecins : l'ophtalmologie, dont les collyres nécessitaient des dosages précis qui furent toujours fabriqués par les ocultistes à partir souvent de formules secrètes... de cette tradition viennent les médicaments à base de plantes exotiques qui sont des produits d'importation acheminés par les Empires" (5)... Et, de mon point de vue amateur, il convient de penser au-delà même de la Rome antique et de considérer les relations de celles-ci avec le "reste du vaste monde"... D'après Danielle Gourevitch "les médicaments estampillés sont généralement des Collyrses au sens antique, petit pain ou petit boudin de remède, desquels on coupe la dose nécessaire... des pastilles à l'antique, plats et circulaires... des bâtonnets à Collyre..." (6). Ces différents cachets professionnels d'ocultiste sont considérés comme des biens relativement précieux et sont évoqués dans quelques textes de Droit romain relatif à la transmission et à l'héritage des médecins, notamment le "Code Théodosien" cité ci-dessus... Pour la fabrication des cachets d'ocultiste trois types de pierre sont le plus souvent cités, la Stéatite, la Serpentine et le Schiste ardoisier. La Stéatite, du Grec Steatos qui signifie graisse, est une pierre dont les composants principaux sont la magnésite, la dolomite, la chlorite, et le talc. Depuis des milliers d'années la Stéatite, également appelée "Pierre à savon", "Pierre Ollaire" (du latin Ola, marmite), "Craie de Briançon", "Saponite", est employée dans le Monde entier pour fabriquer des outils, des carafes, des vases, des gobelets, des sculptures, des cheminées, et donc aussi du matériel pour les médecins, apothicaires et oculistes... Pline l'Ancien confirme l'utilisation de la Stéatite (talc-micaschiste) pour la confection des vases... Elle était aussi utilisée en Asie pour la réalisation de nombreux divers objets d'art et accessoires ménagers... En Chine, la Dynastie des Ming (1368-1644) s'éprit de cette pierre... l'engouement suscité par la Stéatite gagna ensuite la Grèce Antique, notamment la Crète, l'Afrique puis l'Europe... D'une région à l'autre, d'une carrière à l'autre, la couleur de la Stéatite peut varier : blanc, gris, brun, vert, vert lichen, vert boréal, jaunâtre, anthracite, ou dégradé de vert ou de rose... C'est une pierre tendre/demi-dure, insoluble dans l'eau, imperméable, ininflammable, résistante et "molle", et donc facilement façonnable à l'aide d'outils très simples, du bois dur par exemple... La fabrication des cachets d'oculiste était relativemnt élémentaire. et l'on pouvait trouver de petites carrières un peu partout dans le monde, ainsi en France, par exemple, sur les sites de l'Oisans (Valgaudemar), du Massif de l'Esterel, du Massif de Belledonne, du Massif du Queyras, du Massif des Maures, de la Haute vallée d'Ariège, et même en Bretagne, à Poullaouen (29880), etc... mais également en Italie sur les sites du Territoire de Livourne, du Piemont, de la Ligurie à la Toscane, dans la vallée de Tore et Cerno, etc... Pour en finir ici avec l'historique partiel des origines de la pastille, et des cachets de moulage qui y sont associés, je me dois de signaler encore deux pistes d'études... La première réside dans le travail de F. Janot selon lequel il existait aussi "à l'époque Romaine, des petites pastilles en cire recouvertes d'or, façonnées à partir d'un moule préfabriqué... dans 6 formes différentes, avec une nette préférence pour les types ronds et rectangulaires... des pastilles utilisées dans les pratiques d'embaumement, les rituels, et disposées directement soit sur la peau, soit à l'intérieur des cavités thoraciques et abdominales... 19 momies découvertes dans la "Vallée des Reines"... et neuf pastilles en cire dorée retrouvées sur la momie de Sénamphiômis, disposées : deux sur chaque oeil, une sur le front, la bouche, le cou et les 2 gros orteils... dans l'Egypte ancienne..." (7) témoignent, avec quelques variantes, de la sécularité des pastilles... Ici les petits moules préfabriqués sont encore en pierre... La deuxième piste est maritime et se rapporte aux fouilles d'un navire romain naufragé entre 140 et 120 avant J-C dans la mer Tyrrhénéenne, le long de la cöte de Tosacane... Selon les déclarations d'Elio Cadelo, vulgarisateur scientifque, lors d'une conférence de presse à Bologne, elles ont permis de découvrir le matériel, quasi intact, d'un médecin : des fioles, des bandelettes, des outils chirurgicaux et des petites boites encore fermées qui contenaient, bien conservées, des pastilles !!

            Ainsi, des pastilles du monde Antique Romain à celles de mon enfance Pontaveniste des années 60-70, plus de 1800 ans d'histoire de la confiserie et du médicament !! Chacun le sait, dans l'enfance les pastilles peuvent vite être cconfondues avec les BonBons, et il importe que les parents soient vigilants... Comme mes copains, lorsque je disposais de quelques pièces nichées au fond de mes poches, sous mon mouchoir, je courais chez Marie Pichou, ma voisine de la rue des meunières, ou chez Fine Ligeour, "au quai", comme on disait alors, près de la passerelle "rustiquée" en ciment, ou encore chez la mère Gourvellec, près du Pont et de la place de l'église... toutes les trois épicières... La mère Gourvellec tenait aussi un bureau-tabac et portait la coiffe traditionnelle de l'Aven, comme Fine qui était aussi "bistrotière"... Il y avait également la boulangerie-patisserie Kauss, près du lavoir Limbourg que fréquentait ma mère lavandière, et la boulangerie-patisserie Daoudal, place de l'hötel de ville... Les pastilles, Valda, Pulmoll et Vichy étaient achetées, en général et donc pas toujours (!!), à la pharmacie Bayou, la seule de la commune, près de la boulangerie Daoudal...  Bien sur il y avait quelques autres boutiques de détail épicier, comme la Coop et Eco, des enseignes de "proximité" comme on dit aujourd'hui, mais c'était autre chose, ils manquaient de cette "intimité cachotière" particulière, un peu naphtalinée, qui régnait chez Fine et la mère Gourvellec, un peu moins chez Marie Pichou... Pour l'enfant que j'étais, dans la hiérachie de mes préférences, les boulangeries-patisseries Kauss et Daoudal étaient placées après les trois épicières mais avant les enseignes... A la belle saison ces boulangeries-patisseries proposaient également des glaces servies dans des cornets gaufrés simples ou à embouchure élargie pour 2 ou 3 boules... Des trois épicières celle qui m'attirait le plus, la mère Gourvellec, était une vieille dame, assez menue et nerveuse, un peu, voire très étrange, qui glissait dans les plis et replis de sa blouse noire et des amples manches de sa robe les billets de banque et de multiples autres petits papiers... Ces manches étaient serrées et fermées par des élastiques qu'elle devait retirer pour encaisser et décaisser... de même avec la monnaie qu'elle répartissait dans les pochettes "secrètes" de son habillement breton... c'était rigolo de la regarder faire ainsi... une façon de cérémonial qui durait "un certain temps" !!... C'était magique, et un peu inquiétant... elle était gentille... et je n'ai pas le souvenir de lui avoir "chipé" le moindre BonBec, la moindre friandise... impossible... Sa petite boutique était un véritable capharnaüm de boïtes empilées, de cartons ficelés et de bocaux aux couvercles multicolores remplis de centaines de bonbons de toutes sortes... Depuis son petit comptoir elle circulait entre les piles, disparaissant de temps en temps dans son arrière boutique... comme dans un théatre d'ombres chinoises, sa silhouette noire se faufilait entre les piles et sa petite coiffe semblait alors trottiner au sommet des cartons... comme une animation BD cinématographique avec Effet Phi, selon la description du psychologue de la forme (Gestalt) Max Wertheimer (1880-1943), assez semblable à la Praxinoscopie d'Emile Reynaud (1844-1918)... Fine Ligeour aussi était une vieille dame habillée en noir et portant la coiffe, elle  tenait un petit bistrot dans lequel on trouvait également un espace épicerie avec un rayonnage pour les BonBons, mais le choix était moins varié que chez la mère Gourvellec ou chez Marie Pichou... L'ambiance bistrotière avait un petit "fumet" de marine et de meunerie, les anciens de Pont-Aven, dont mon père, s'y retrouvaient autour d'un verre de rouge et pour jouer aux cartes... les enfants n'y stationnaient jamais, ils ne venaient évidemment là que pour s'offrir, vite fait, avant l'entrée ou à la sortie de l'école, des "Carambars", des "Malabars", et autres divines sucreries... Ce bistrot, à 250 mètres de chez moi, était sur le chemin des écoles privées Parc-Moor, pour les garçons, et Saint Guénolé pour les filles... au bord de l'Aven, on peut même dire sur l'Aven, dans l'ancien moulin du Grand Poulgouin (du breton "Trou à vin"), en face des fabriques des fameuses Galettes "Traou Mad", les maisons Penven et Le Villain... Pendant les vacances scolaires les enfants allaient plutôt ailleurs, et Fine n'y était pas pour grand chose... elle aussi était gentille avec chacun, mais l'endroit était celui des adultes... Je me souviens d'elle allant servir les tablées, se déplaçant lentement, un peu courbée, et se balançant en "trainant la savate"... Au moment de quitter son comptoir pour aller en salle elle avait toujours le même mouvement : avec sa main droite elle s'emparait de la bouteille, posait sa main gauche sur le coin du petit bar en bois, comme pour se lancer, se projeter, doucement vers les clients, le regard noir, un peu fuyant, en coin et  "par dessous"... Marie Pichou, c'était autre chose... elle tenait l'épicerie avec sa fille Geneviève, toutes les deux portaient une blouse bleue... Dans cette épicerie ma mère faisait très souvent  "croum" (crédit), c'était notre voisine... on y trouvait un peu de tout... et, bien sûr, des BonBons que je "bavais" de goûter à chaque fois que j'y allais faire des courses, les poches vides... Lorsque, de temps en temps, j'avais des sous, "mes sous à moi", alors je dépensais presque tout... petit à petit, bocal par bocal, de BonBon en BonBon... en salivant presque sans retenue, une délectation anticipée... Ecrire celà, hic et nunc, provoque encore en moi cette sensation délicieuse, cette montée salivaire sucrée, Proustienne... Les coiffes de la mère Gourvellec et de Fine Ligeour étaient à la mode de Fouesnant - Giz Fouen - celles de l'Aven, ici réduites au bonnet (boned) cylindrique, "de tous les jours", une forme de toque en toile noire, épaisse et rigide, cerclée d'un ruban, posée au sommet de l'occiput, dans laquelle le chignon était ramassé, la nuque étant dégagée... Appelée "Koef vihan", cette petite coiffe, ou coiffette, épinglée dans les cheveux, est la base sur laquelle vient se greffer, "s'emboiter", pour la complèter, la "Koef Vras", la grande coiffe avec ses deux grandes ailes brodées relevées et pliées sur le devant, typiques de Pont Aven... Je crois me souvenir que les coiffettes simples (koef vihan) que portaient ces deux vieilles dames étaient cerclées par deux rubans à motifs discrets brodés de quelques fils blancs et lilas foncés... Madame Guillerme, une autre vieille dame, portait elle aussi, tous les jours, la coiffe de Pont Aven, mais celle ccomplète des cérémonies et des sorties (koef vras), avec les deux collerettes tuyautées, flottantes, posées sur les épaules. Elle tenait un bistrot sympa, une galerie de peinture permanente, près du pont, en face de la librairie, et nous servait des petits verres de "Chouchen", toujours celui de la maison Lozachmeur à Baye... mais je n'étais plus alors un enfant !! Ma mémoire me joue peut-être un tour mail il me semble bien que Marie Thiec, une autre vieille dame de Pont Aven, portait aussi la "Koef vihan", à la mëme époque... elle tenait un bistrot à côté du pont et vendait du bois de chauffage, du charbon et des sabots de bois. Je vais vérifier, car ce lieu, où l'on ne trouvait pas de BonBons, était magnifique !! 

          Dans cet univers "Friandiso-féérique", un petit peu celui de "Charlie et la Chocolaterie" de Tim Burton, quelques "BonBons" avaient ma préférence, mais "tout" dépendait de mon argent de poche !! Je ne suis pas capable de les lister tous aujourd'hui, seuls ceux qui m'ont le plus marqué, au sens du titre commercial, du plaisir procuré, des "aventures" et "historiettes" qui y sont associées, suivent ici... Tous ne sont pas des BonBons au sens stict de la confiserie, mais ce qui les lie est bien le sens éthymologique princier bégayant  "Bon...Bon" que j'ai raconté ci-dessus... Ainsi j'aimais beaucoup les différentes formes et le goût des produits en Réglisse ZAN, dont les petites souris et les pistolets, les "Têtes de nègre", tellement critiquées, et autres caricatures visagères d'indiens, d'égyptiens, de chinois, autant de confiseries  souples, dures, coulées et dragéifiées... Où encore le "mètre roulé" comme la gaine plate ZAN enroulée en bobinette, avec une petite perle de couleur au milieu, très dure à croquer... identique aux bobinettes que j'ai retrouvé, sans perle centrale, cette année 2014 à Strasbourg. Ces "Réglisses" faisaient l'objet de trocs acharnés entre enfants...  J'appréciais aussi beaucoup les pâtes à macher, les "fudges" selon certains, "Régliss'Mint" (réglisse/menthe/sirop de glucose/lait écrèmé) de Kréma et les caramels blancs à la menthe "Mint'Ho", en forme de dés/cubes... et aussi le "Malabar", lancé par la société Kréma en 1958, un chewing-gum aromatisé dont l'emballage contenait une petite étiquette en couleurs, à décalquer, que l'on imprimait généralement sur le dos de la main, sur le bras ou sur l'épaule, façon tatouage de pirate !! Tatouage que l'on enlevait à l'eau claire, et qui, de toute manière, ne durait que quelques jours... Ces "décalcomanies" faisaient également l'objet d'échanges... Souvent on embouchait par deux les chwing-gums pour souffler de grosses bulles qui éclataient avec un bruit sec et s'étalaient sur notre nez... Comme tous les autres enfants je machonnais chaque "chewing-gum" jusqu'à épuisement total de la saveur, jusquà ce qu'il devienne farineux et insipide... Cette gomme à macher aromatisée était à base de "Chicle", un latex qui s'écoule du "Sapotier", ou "sapotiller", un arbre des Antilles dont le fruit est comestible, de la famille des Sapotacées... Un autre favori était le "Carambar" au caramel, celui qui collait si bien aux dents et qui fondait si bien au fond de mes poches, comme pour enrager ma mère lavandière... De forme carrée il mesurait environ 8 à 10 cm de long, il a été raccourci depuis... On l'achetait 5 centimes de franc dans les années 60-70... Sur la face intérieure de chaque papier d'emballage du "Carambar" il y avait une devinette ou une blague imprimée... Si mon souvenir est bon, l'une des deux oreilles du papier d'emballage portait la mention D.H... On les collectionnait pour gagner des petites voitures en plastique, et pour obtenir le cadeau on se présentait à l'épicerie avec le collectage... Ce qui était parfois très "folklo" suivant les épicières !! Un peu plus tard, dans les années 75 (j'avais 23 ans !!), il y avait aussi un super produit désaltérant, la poudre TANG, en sachet de 30 grammes. Une poudre au goût d'orange ou de citron, que l'on ajoutait généralement à 1 litre d'eau en bouteille mais que les enfants, le plus souvent, buvaient directement dans le sachet à l'aide d'une paille, en prenant garde à ne pas le déchirer lorsqu'on le remplissait à la pompe ou au robinet... Il ne fallait pas trainer pour aspirer cette boison très désaltérante car le sachet en papier, mouillé, se désagrégeait rapidement. L'été cette boisson était géniale !! J'ai un doute concernant cette marque car il se pourrait bien que la boisson que je viens de décrire soit, en fait, un ancien additif, non arômatisé, pour l'eau naturelle, le  "Lithiné du Docteur Gustin", ou équivalent comme la marque Vee, ce qui n'enlève rien au produit TANG qui a été introduit en France, en tant que friandise, vers 1970... Evidemment on trouvait dans chaque épicerie le "Mistral gagnant", un sachet de poudre sucrée, parfumée et pétillante, que l'on aspirait aussi avec une paille... mais ce n'était pas mon "truc"... et tant pis pour la chanson !... Certains anciens se souviennent encore de "Aspire frais", puis de "Fraisuc", prédécesseurs de "Mistral gagnant", des poudres dont ils racontent que "le goût sucré et acidulé procurait une sensation de fraicheur sur la langue"... Je n'ai pas connu ces produits là, mais, par contre, je me souviens bien de ces petites soucoupes, façon grosse ostie, chargées d'une poudre acide (sucre, dextose, amidon de maïs), environ 75 grammes, que l'on aspirait  aussi avec une paille... Dans chaque épicerie on trouvait les mêmes bocaux remplis de BonBons variés, certains vendus au poids, d'autres à la pièce... Le plus souvent l'épicière nous servait et remplissait les sachets en papier, et nous interdisait formellement de plonger la main dans les bocaux... Lorsque les BonBons étaient présentés dans des petites boites ouvertes en carton nous étions tous tentés d'en "chiper"... il fallait être vif, rapide, et "courageux"... mais ça c'est une autre histoire !!

           Les "Lithinés du Docteur Gustin" étaient, dit-on, mais j'ai un sérieux doute, strictement vendus en pharmacie dans des sachets de poudre en papier blanc, par boite de 12, pour minéraliser l'eau... Ils avaient la réputation d'aider à la digestion, de soigner la goutte, les rhumatismes, les maladies du foie, le diabète, les affections de la vessie, des reins, de l'estomac, de l'intestin et de la peau... La Lithine dont l'étymologie vient de "pierre" est le nom commun de l'Oxyde de Lithium qui fut découvert en 1817 par le chimiste et géologue Johaan Auguste Arfwedson (1792-1841) dans la Pétalite, un minerai tiré de la mine d'Utol, en Suède... Le Lithium est désormais aussi utilisé en psychiatrie pour combattre les dépressions (voir le psychiatre australien John Frédérick Joseph Cade, 1912-1980). La poudre Lithinée ajoutée à l'eau "naturelle" l'artificialise et la rend légèrement gazeuse, très agréable à boire et qui, selon Cavanna (1978), "explosait des bulles plein la langue"... 

           Et je crois bien que, pour moi, la consommation des Lithinés a précédé celle de la boisson TANG.  Celle-ci a été mise au point par le chimiste William A. Mitchell (1911-2004) pour le compte de la société américaine Général Food Corporation en 1957. Mitchell avait déjà déposé son brevet en 1956... L'original TANG, à la saveur d'orange, sous forme de poudre, a été commercialisée en 1959 aux Etats Unis. En 1965 elle a été utilisé par la NASA dans le cadre des vols spatiaux habités. Il s'agissait de donner meilleur goût à l'eau de récupération du système de vie de la capsule Gémini qui était destinée à être consommée par les astronautes... ce qui lui valut d'etre surnommée officiellement "la boisson des astronautes", ce qui fut sa gloire, son "décollage" américain et mondial... Mitchell avait alors un collaborateur, le chimiste William Bruce James... TANG est un sucre pétillant composé de sucrose, de lactose et de sirop de glucose dans lesquels une petite quantité de gaz carbonique a été inserée... Pour confectionner le sucre pétillant, le mélange de sucres est chauffé puis refroidi en présence de gaz carbonique sous pression de sorte que les morceaux de sucre formés emprisonnent du gaz... Lorsque les morceaux de sucre fondent ensuite sur la langue ou lorsqu'ils sont croqués, le gaz est libéré créant un effet pétillant... Le TANG a d'abord été imaginé pour faire des sodas... C'est également Mitchell qui a inventé les blancs d'oeufs en poudre !!

              La marque ZAN, déposée en 1884 par l'entreprise fondée en 1862 par Henri Lafont à Uzès (30) est devenue Sarl Réglisse ZAN en 1927, puis fusionnée avec la Sté Riqlès en 1970, elle est finalement rachetée par Haribo en 1987... Henri Lafont était banquier à Uzès, dans le Gard et Conseiller Général du canton de Saint Chaptes (Uzès, 30190) en 1852 !! Vers 1865, 1856, il installe à Uzès-Saint Chaptes, une amidonnerie avec un moulin à céréales, puis un atelier de fabrication de suc de Réglisse... donc trente ans avant son dépot de brevet ZAN... A partir de cette implantation se développe une saga technico-industrielle et familiale "qui vaut le détour"... Saga technico-industrielle parce que la fondation de l'entreprise prend appui sur les installations traditionnelles locales de moulinerie de l'huile d'olives, de la soie, de cérélales, et à foulon, sur les rives des cours d'eau locaux et notamment de l'Alzon... Achats, ventes, locations, destructions, déconstructions, reconstructions, restaurations, rénovations de bâtiments anciens traditionnels pour établir enfin les unités de broyage des racines de Réglisse et la fabrication des produits ZAN... L'ancien formateur BTP que je suis, soucieux de la préservation du patrimoine, apprécie ce que celà implique techniquement... Saga familiale parce que, à partir de la personne Henri Lafont, banquier-entrepreneur, on rencontre en principal les familles Abauzit Henri, autre banquier et beau-fils de Lafont ; Aubrespy Paul, gendre d'Abauzit ; Teissonnière et Kreitmann, gendres d'Aubrespy, et aussi Alphonse Perdrix, toutes engagées dans le développement des produits à base de Réglisse... On peut imaginer les conditions de l'extension de ces associations familliales... "Sucez ZAN et vivez ZAN paix" dit la publicité !! L'origine de cette marque est, dit-on, la demande d'un enfant à sa maman : "Z'en veux, donne moi Z'en"... Une belle affiche, 125 x 163, créée en 1898, représentant un écolier portant un tablier noir, intitulée "Bout d'ZAN" et signée par les artistes/affichistes Bensa, Dupont, H. Laas, E. Pecaud et Cie, illustre bien, déjà à l'époque, la cible commerciale... Selon le site Haribo "L'histoire de la réglisse remonte à plusieurs siècles. On l'évoquait déjà dans les traités chinois d'herboristerie traditionnelle... On la retrouve aussi dans des papyrus égyptiens, on en aurait découvert dans le "caveau" de Toutankhamon (1347-1339 av. J.C). Ses propriétés curatives étaient aussi appréciées en Mésopotamie : elle était utilisée pour soigner les Rois Assyriens, comme les décrivent des tablettes d'argile datant du VIIème siècle avant notre ère !!... Théophraste (369-285 av. J.C), disciple d'Aristote et père de la botanique, écrit dans son "Histoire Plantarum" que la racine Scythe, la Réglisse, à la capacité d'apaiser la soif de celui qui la garde dans sa bouche. C'est pourquoi, avec celle-ci et du fromage de lait de jument, les Scythes (peuple de redoutables cavaliers) peuvent, dit-on, cheminer pendant onze ou douze jours sans boire". Les armées d'Alexandre Le Grand (356-323 av. J.C), lui aussi disciple d'Aristote (vers 384 av. J.C - 322 av. J.C), sauraient surmonté les périodes de manque d'eau de leurs longues campagnes grâce à cette même Réglisse. Dans les Légions Romaines la Réglisse faisait également toujours partie du ravitaillement quotidien... Encore selon le site Haribo "En 1760, dans la petite ville de Pontefract, un pharmacien inventif, Georges Dunhill, commença à élaborer des produits à base de réglisse qui n'étaient plus destinés à des usages médicaux... En ajoutant du sucre et d'autres ingrédients à l'extrait de la racine diluée, il inventa les "Pontefract cakes" qui sont encore aujourd'hui une sucrerie populaire"... Georges Dunhill était, en fait, un apothicaire anglais, Pontefract une ville du Yorkshire de l'ouest, au Royaume Uni... Différentes autres sources qu'Haribo confirment que la Réglisse était connue dans l'Antiquité sous le nom de Glycyrrhiza par les Grecs et Liquirita par les Romains. A Napour, capitale de l'Empire Babylonien (Mésopotamie) des fouilles ont permis de retrouver une version de la Génèse datant de 7000 ans avant notre ère... les fameuses tablettes d'argile... Elle préconisait des macérations de Réglisse, de Cannelle et d'Anis pour lutter contre la peste... A Rome, les médecins prescrivaient cette racine contre l'anémie et les soldats d'Alexandre et de César l'employaient régulièrement pour calmer les crampes d'estomac... Grecs, Romains, Théophraste (déjà cité ici) et Sainte Hildegarde utilisaient aussi la Réglisse pour s'éclaircir la voix... Certains auteurs écrivent qu'elle est éfficace contre la toux, l'asthme et les ulcères... Pour les chinois c'était un élixir de longue vie, qu'ils préconisaient également pour stimuler les facultés cérébrales... Plus près de nous, Napoléon Bonaparte avait, dit-on, une sérieuse addiction à la Réglisse, il s'en faisait livrer des caisses durant ses campagnes militaires. Il machait les racines, mangeait les graines, et suçait des cachoux !!... Globalement, dans quasiment toutes les cultures on machonnait directement la racine ou on en faisait des décoctions... Il y a quelques jours, à Strasbourg, j'ai acheté des bâtons de Réglisse à la pharmacie de "L'omme de fer" (!!), et, selon la tradition, je les ai machonné longuement, et j'ai beaucoup marché... J'ai aimé ce goût si particulier qui se répend sur la langue et dans la bouche au bout de une ou deux minutes maximum !!... J'ai même tenté une décoction "Réglisse/écorces de Quinquina", le résultat n'a pas été très concluant, mais je m'y "reprendrais" autrement... Les multiples vertus de la Réglisse ont donc ainsi traversé les âges et les frontières d'un vaste monde pour de très divers usages culturels... La Réglisse ou Réglisse Glabre - Glycyrrhiza Glabra. l -, du Grec Glycys, Glucus : doux, sucré, et Rhidzale : rhizome... et par l'intermédiaire du Bas Latin Liquirita et du vieux français Licorece, on en vient à Récolisse pour finir par Réglisse... est une plante vivace de la famille des Fabacéés, de la sous famille des Faboidaes, aux racines arômatiques qui forment des rhizomes dont, même après arrachage, le moindre fragment laissé en terre engendre un nouveau plant... Comme le Chiendent dont j'ai parlé dans un article précédent... Cette plante, qui a tendance à être invasive, est une  herbacée, vivace, mesurant entre 1 et 1,50 de haut... Originaire du Bassin Méditerranéen et du Sud de l'Asie, elle pousse naturellement dans les fossés et les prairies, ainsi que dans les terrains frais, riches et humides. En automne, à partir de la 3ème année, on récolte les racines de Réglisse, grosses comme le doigt et pouvant atteindre 9 mètres de longueur,... On la cultive intensément en Espagne, en  Italie (Côte calabraise) et dans le midi de la France, en particulier dans le Gard, à Uzès, haut lieu de la confiserie à la Réglisse, mais on la trouve également aux Etats-Unis d'Amérique, au Moyen Orient, en Afrique du Nord... Il existe un super bon BonBon, réputé, appelé "Bateau Calabrais, à la gomme arabique (ou gomme d'acacia), Réglisse et Anis", né sur la côte Calabraise, et que je conseille fortement... On doit à Jacques Coeur (1395 ou 1400-1456) l'arrivée de la Gomme Arabique dans la région de Montpellier, dès lors on a pu commencer à faire des gommes à macher grâce aux propriétés de ce produit naturel... Ce très puissant  négociant-banquier et armateur s'était installé à Montpellier (34) dès le milieu du 15ème siècle, et faisait décharger ses bateaux dans le port voisin de Lattes (34). Jacques Coeur, en tant que marchand et grand argentier du Roi Charles VII, commerçait avec différents pays autour de la Méditerrannée et ramenait des épices et autres produits venus d'Orient : Safran, Huile d'olive, Or, Coton, Alun (dont j'ai aussi parlé dans un article précédent)) et Gomme Arabique... Cette Gummi Arabicum, extraite du Gommier, parfois aussi du cerisier, est utilisée non seulement en confiserie mais également en menuiserie/ébénisterie pour faire de la colle et par les lithographes... Par exemple, actuellement, dans le Var, à Fréjus (83600), l'artiste/artisan Mario Ferreri, qui se réfère à l'illustre acteur de théatre et inventeur de la lithographie, Aloys Senefelder (1771-1834)... Sur le pourtour Méditerranéen, ou elle pousse, la Réglisse à très vite été associée à d'autres produits locaux, notamment le miel. La faculté de médecine de Montpellier, qui était la plus connue du monde occidental, la préconisait comme soin et, à la fin du Moyen âge, au XIIIème siècle, les apothicaires de cette ville ont commencé à produire des Grisettes, des BonBons de la taille d'un petit pois, à base de Réglisse et de miel... et ceux-là aussi, foi de Breton gourmand, sont des merveilles  pour le palais... un peu comme le "Comte de fées à l'usage des moyennes personnes" que raconte Boris Vian en faisant référence a ZAN !!

          Pour en terminer avec la Réglisse, que l'on appelle aussi "l'herbe aux tanneurs", et comme suite à un article précédent sur le Quinquina et autres boissons, je ne résiste pas au plaisir de livrer la recette d'une boisson dite "Coco Parisien" qui était servie dans une moitié de noix de coco : Réglisse, 50 gr ; graines de coriandre, 2 cuillérées à café ; 1 litre d'eau ; laisser macérer à froid les graines écrasées et les racines de Réglisse en morceaux pendant, au moins, 4 heures. Passer, puis servir frais ou glacé, sucrer. Eventuellement on peut ajouter une rondelle de citron ou 1 pincée de cannelle... Ne pas  confondre cette recette avec celle à base de quinquina, aussi nommée "Coco", servie autrefois par des marchands ambulants dans les rues de Paris et sur lesquels j'ai écrit un petit paragraphe dans  un texte précédent. Une autre préparation dite " Tisane Hospitalière" que l'on trouvait sur les tables de nuit de tous les hôpitaux français, et surnommée "Bonne à tout", dont voici la composition : 40 gr de Réglisse ; 20 gr d'orge ; 20 gr de racines de chiendent ; du miel ; 1 zeste de citron non traité. Faire macérer la Réglisse épluchée dans 1 litre d'eau froide. Faire bouillir le chiendent pendant 20 minutes dans 1 litre d'eau. A la fin de l'ébullition ajouter l'orge. Mélanger le tout, sucrer avec le miel. Ajouter le zeste de citron... Même remarque que pour la recette précédente, ne pas confondre avec la boisson à base de quinquina servie, autrefois, dans les hôpitaux militaires et à bord des navires de la "Royale"...

                 Vous souvenez-vous des BobBons "CACHOU" ?!  Ce nom vient du Portugais Cacho (1516), issu du Tamoul Kasu = variété d'Acacia, substance tirée de son bois et de ses gousses... Ma mère était friande de ces BonBons, je les adorais et je crois que mon marin-baroudeur de père les appréciait aussi, mais "en douce"... Notre fidèle amie "Blanchette", une vieille dame "routarde", une "anar-pocharde" que j'adorais et que j'ai déjà signalée dans un article précédent, et sur laquelle j'écrirais plus longuement un de ces prochains jours, en était quasi addict... comme du "Tabac à priser" qu'elle sniffait en permanence... Cette confiserie inventée par le pharmacien Léon Lajaunie (1841-1914) tire son nom d'un composant majeur : la poudre de Cachou. Or vers la fin du XIXème siècle, le seul Cachou Officinal utilisé dans la pharmacopée occidentale était extrait par décoction du bois de l'arbre "Acacia Catechu", puis sèchée et compactée en pains... une substance astreingeante, douce-amère, brune, cassante, autrefois connue sous divers noms commerciaux : Cachou de Pégu ou Caschuttie, ou Cachou de Bombay, provenant de Pegu, dans l'Hindoustan... afin de différencier le Cachou Officinal provenant de l'Acacia Catechu des produits des autres arbres... telle que la résine obtenue de la Noix de l'Aréquier ou Areca Catechu. L (palmiers) qui était soupçonnée d'être toxique, dopante, avec des "effets grisants sur le cerveau"... ou des feuilles de l'arbrisseau Nauclea Gambir Hunt, originaire des Indes Orientales, Asie du Sud Est et Malaisie, dont le broyat était surtout employé pour le tannage du cuir et comme teinture, mais également pour arômatiser le "Bétel à macher"... Tous les types de Cachous, y compris l'Officinal ont (avaient) un usage principalement tinctorial dans le monde entier. En Inde, au Bengale et en Asie, le Cachou servit pendant des siècles pour colorer en noir des tissus préalablement teints en Bleu de cave, un bleu profond type cobalt, nocturne ou gentiane, selon les nuanciers actuels (RAL)... En 1833 cette matière tinctoriale devint l'une des plus utilisées, pure ou mélangée, et notamment comme teinte sur bois allant du Brun vif au Brun rouge plus ou moins foncé... Et aussi pour colorer les voiles des navires, donnant alors une couleur Rouge brûnatre caractéristique, comme celles des vieux gréements restaurés que l'on voit désormais voguer au large des côtes bretonnes... Jacques-juste Barbet de Jouy (1787-1864), industriel français qui fut Consul de France à l'ïle Maurice puis à Brème (Nord-ouest de l'Allemagne), dirigea une fabrique de "Toile de Jouy" à Jouy-en-Jonas (78350), achetée en 1821 au fils de Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815), et fut le le premier a utiliser le Cachou pour la teinte de ses "Indiennes", il s'en servit pendant deux ans à l'insu de ses concurrents... Il convient de souligner qu'il était le fils aîné de Jacques-Juste Bonaventure Barbet (1756-1813), fondateur lui aussi d'une manufacture d'Indiennes à Déville-lès-Rouen (76250)). Puisque je réside actuellement à Strasbourg je me dois de signaler que c'est à la famille Schlumberger que l'on doit  l'introduction en Alsace de cette technique de teinte au Cachou... L'autre Cachou, l'Officinal tire ses propriétés astringeantes, rafraichissantes et sa saveur particulière de la concentration particulièrement élevée en Catechol, dit également Catechine, ou anciennement Acide Catechique,  en divers dérivés de l'Acide Tannique et en Bio-flavanoîdes tels que la Quercetine.... Dès le XVIIème siècle le Cachou Officinal se vendait un peu partout en France et en Europe sous formes de grains, tablettes, pastilles, (Cachou de Bologne) et teinture... Il était apprécié parce qu'il parfumait l'haleine, tonifiait, et avait certaines vertus supposées médicinales pour les soins dentaires et les maux d'estomac, les diarrhées, les leucorrhées, biennorrées, les catarrhes chroniques et, en infusion, les hémorragies... Selon John Austin Kerr, physicien anglais qui travailla dans les années 1930-40 à lutter notamment contre la Malaria et la Fièvre jaune "la Cachou  de l'Acacia Catechu était autrefois préparé avec le coeur du bois de l'arbre, que l'on réduisait en copeaux et que l'on faisait bouillir dans des vases en terre jusqu'à réduction de moitié de l'eau employée. Le décocté était ensuite mis dans un vase plat, et on l'évaporait jusqu'à 1/3. On laissait reposer la matière pendant 1 jour, puis on l'exposait au soleil en le remuant de temps en temps. Quand la masse était devenue assez consistante on la roulait dans un drap, ou une natte, couvert de cendres, de bouses de vache et on la divisait en tablettes, la dessication était achevé au soleil. On choisit de préférence le bois brun qui fournit un extrait plus léger et blanchatre...". En 1880, Léon Lajaunie change la recette traditionnelle des pastilles/BonBons et commercialise sa création sous son nom dans des petites boites jaunes... Il utilisa plusieurs sortes de Réglisse qui étaient trempées, fondues et brassées. Il y ajouta quelques autres produits : sucre, lactose, gélatine aromatisée et poudre de coco. Après refroidissement il incorpora à la pâte de la Poudre d'Iris et de la Résine de Lentisque comme principes amers. Après repos, il ajouta de l'Essence de Menthe Anglaise. Par la suite il aplatit, étira et étala le mélange sur un marbre huilé sur une épaisseur qu'il voulait la plus fine possible, soit environ 1 mm... Il couvrit les deux surfaces, recto-verso, avec des feuilles d'argent, laissa sècher à l'étuve et découpa la pâte en grains carrés avant de les vernir avec un mélange de Benjoin et de grains de mastic. Le Benjoin, aussi appelé Storax, est un nom qui vient probablement, via l'italien, de l'arbre Luban Jawi ou "Encens Javanais", et possiblement à l'origine du mot Benzène. Le Benjoin est le baume, ou la résine, extrait de diverses plantes du genre Styrax originaires d'Indochine, d'Indonésie et de Turquie, et principalement utilisé en parfumerie et comme encens. Le "Benjoin de Siam" est le plus important des principes actifs du "Papier d'Arménie" que l'on trouve encore dans certaines drogueries. J'utilise ce papier "à bruler" pour désodoriser mon appartement, après une friture de poissons par exemple... La Lentisque, du latin Lentus = visqueux, provient d'un arbuste, le Pistachier Lentisque ou Pistacia Lentiscus. L, qui pousse dans les garrigues et les maquis des climats méditerrannéens, de la famille des Anacardiaceaes, à feuillage persistant et donnant des fruits d'abord rouges, puis noirs. Sa sève est utilisée pour la réalisation d'une gomme à l'odeur prononcée qui, dans l'Antiquité, était utilisée comme chewing Gum, d'où son surnom "Arbre à Mastic"... C'est ainsi que Lajaunie obtint les fameux petits BonBons carrés de couleur noire. Couleur obtenue par d'autres additifs : noir de carbone, colorant alimentaire faite de Poudre de charbon de bois de peuplier, connu aujourd'hui sous le code alimentaire E 15, à divers stades de la fabrication... La petite boite, ronde, d'une taille qui permettait de la mettre dans une poche à gousset, fut conçue par M. Caire, horloger de l'Isle-Jourdain (86), près de Toulouse... La confection fut donnée aux frères Sirven, imprimeurs et fabriquants de boîtes métalliques... Les Cachous Lajaunie étaient en principe vendus dans les bureaux de tabac, donc, à Pont Aven, chez la mère Gourvellec... et chez Prost, mais dans cet établissement je n'allais que très rarement et encore strictement pour acheter la carotte de "butun" (tabac à chiquer) pour mon père... Les cachous Lajaunie devinrent vite le produit emblématique de la ville de Toulouse... En 1905 le petit atelier lajaunie produisait 324286 boites... en 1910, 400 000 boites, en 1930,  2 000 000 et en 1987, 7 000 000... Il importe de signaler ici que Léon Lajaunie, à son départ en retraite, en 1930, céda sa formule, son procédé et sa marque aux industriels-imprimeurs Toulousains de la dysnastie Sirven, contre 1 centime de royalties par boite vendue !! En 1914, la communication des Cachous Lajaunie fut confiée au célèbre affichiste, caricaturiste Italien, naturalisé français en 1930, Cappiello Leonetto (1875-1942), et en 1922 "L'illustration" réalisa une information publicitaire... En 1930, l'agence Havas crée plusieurs dessins animés avec un jeune bambin-héros nommé "Cachounet" qui volait au secours des personnes dont le succès amoureux était menacé par leur mauvaise haleine !! Et certains se souviennent encore de l'arrangement publicitaire du refrain de l'air de  "La belle de Cadix" :  "Chi-Cachi-Cachou Lajaunie... Lajaunie... Han Han" ! Innoubliable, n'est-ce pas !

                La Pastille Vichy est-elle un BonBon, au sens de "BonBec" ??...  Pour moi assurément non !!  Je l'ai toujours considéré comme une sorte de  médicament. Et pourtant, malgré tout, elle était généralement consommée, sans retenue, comme une friandise, par tous les gamins !! De forme octogonale et de couleur blanche, cette pastille, pesant 2,5 grammes, était un peu dure sous la dent, difficile à croquer... on la suçait en la faisant tourner dans la bouche, et elle se défaisait petit à petit jusqu'à disparaitre en glissant sur la langue... c'était frais et long en bouche... j'adorais celà !! Dans les années 1960-70 les Pastilles Vichy étaient vendues en pharmacie par paquet d'une douzaine d'unités empilées et enveloppées serrées par un papier dont la face interne était argentée... du moins je m'en souviens ainsi... Mais je crois pourtant me rappeler qu'elles étaient également commercialisées en sachets transparents dans les épiceries, en "pochons" comme disaient les enfants... De 1925 à 1950 elles étaient vendues dans de jolies petites boites rondes, ou carrées façon "boîte à sucre", par la maison Vichyssoise Moinet Rémy, confiseur et pharmacien. En 1855 les pharmacies Vichyssoises détenaient la vente exclusive. des Pastilles Vichy... Fabriquées à Vichy elles apparaissent sur le marché en 1825 comme Pastilles à l'Extrait Sec d'Eau Minérale... Auguste Lucas (dcd en 1833), médecin nommé inspecteur à Vichy le 23/01/1801, fonction qu'il tiendra 32 ans, anobli Baron et élu maire de la ville, accorde en 1825 à Joseph Darcet (1777-1844), pharmacien-chimiste parisien, membre de l'Académie des sciences et de l'Académie de médecine, le droit d'extraire la Soude des eaux de Vichy qui étaient alors exploitées en Régie Directe par l'Etat... Joseph Darcet utilisait dèjà, pour son usage personnel, des pastilles au Carbonate de Soude... Dès l'obtention du droit il lui devenait alors possible d'isoler et de concentrer les principes actifs des célèbres eaux... J. Darcet découvrit d'abord les vertus digestives du Bicarbonate de Soude, principal élément des eaux de Vichy... Il en tira l'idée de fabriquer du Bicarbonate de Soude en le faisant Bicarbonater avec le gaz Carbonique qui pousse la montée naturelle de l'eau des sources locales... un débit d'environ 800 litres par heure... Une eau ensuite évaporée pour en extraire les sels à raison de 5,9 grammes par litre... Puis J. Darcet communiqua son procédé a Pierre Batilliat, pharmacien Vichyssois de l'établissement thermal, qui confectionna alors les premières célèbres Pastilles Alcalines de Vichy destinées à améliorer la digestion... Une fabrication plus intensive fut ensuite réalisée par les frères Brosson, Michel Eugène (1786-1851) notaire, et François (1792-1845), tous deux originaires de Volvic, fermiers de l'établissement thermal en 1833. Les frères Brosson ayant obtenu la ferme, c'est-à-dire l'exploitation, grâce à l'appui d'Adolphe Thiers (1797-1877) et du Ministre du commerce Laurent Cunin-Gridaine (1778-1859), développèrent les forages, créèrent un embouteillage industriel et une Pastillerie... Les premiers brevets pour extraire véritablement les sels contenus dans les eaux minérales de Vichy ne sont déposés qu'en 1853. Peu après, en 1857, François Bru, pharmacien et directeur de la Compagnie fermière de Vichy, donne à la Pastille de sa fabrication une forme ortogonale pour la différencier des autres pastilles digestives alors sur le marché.... En 1860 la Compagnie fermière dépose un brevet pour la production industrielle des sels extraits des eaux minérales... Après 1945 et jusqu'en 1960, une dizaine de fabricants diffusent la blanche pastille dont Vichy-Central, Vichy-Etat, Vichy-Lardy sont les trois principaux... En 1966 le Groupe Perrier acquiert la Compagnie fermière... Des années 1960-70 je n'ai pas le souvenir d'une Pastille Vichy arômatisée... et pourtant, en 1954, elles étaient déjà comprimées de façon mécanique à partir d'un mélange parfumé à la menthe... La découpe des pastilles était réalisée artisanalement sur des tables, à l'emporte-pièce, dans une pâte molle sèchée ensuite en étuve. Dans ce mélange, outre les sels et autres extraits de l'eau, du sucre et du glucose étaient aussi incorporés, et je ne me souviens pourtant pas non plus d'un goût sucré... Curieusement ce n'est apparemment pas son goût mais plutôt l'effet provoqué qui me faisait aimer ce produit pastillé très apprécié de l'Impératrice Eugénie (1826-1920), épouse de Napoléon III (1808-1873)... L'Impératrice Eugénie et moi, moi et l'Impératrice, une histoire de palais partagé, peut-être une manière commune de goûter la pastille pour mieux digérer !! En 1862, les Pastilles Vichy furent consacrées par un Décret Impérial en tant que produit original.

               Dans la série "Pastillerie" je demande les "Pastilles Pulmoll"... Avant d'être Pastilles Pulmoll ce produit était vendu sous forme d'un sirop inventé en 1926 par le docteur en pharmacie Victor Helin... Un sirop énergétique à base de miel et de Menthol... Victor Hélin est aussi l'inventeur de la célèbre Quintonine dont j'ai déjà "parlé" dans une publication précédente... mais c'est son beau-fils, Jacques Lafarge (1907-1997), lui aussi pharmacien, qui invente en 1946, avec Jacques Lacour, les petites pastilles à sucer, où plutöt les pilules (pilula = petite  balle) rouges, ou vertes... Dans mon souvenir elles étaient noires mais, en fait, elles étaient de couleur "marron foncé."... Les Pastilles Pulmoll Rouges se composent essentiellement de sucres, de Terpines, de Menthol, de Chlorydrate d'Amylëine, de Glycirrhizine, ainsi que d'expédients de parfums et de colorants.... Les Vertes contiennent  du Menthol, de la Menthe poivrée en huile essentielle, de l'Eucalyptus en huile essentielle et de la saccharose... et les Marrons, de la Terpine, de l'Amylëine Chlohydrate, de l'Acide Glycyrrhizique et de la Saccharose... Il me semble que ces dernières avaient aussi, en plus, un petit goût de régllsse, et j'aimais les laisser fondre doucement dans ma bouche... Selon jacqueline Lafarge, fille de Jacques , celui qui préparait la pâte des Pastilles Pulmoll était appelé le "cuisinier"... A la différence des Pastilles Vichy les Pastilles Pulmoll n'étaient jamais consommées comme des "BonBecs"... Me concernant c'était toujours sur prescription de ma mère qui répercutait celle du médecin traitant... Mais je suppose qu'il y avait aussi souvent, après quelques ordonnances, une part d'auto-prescription familiale avec la complicité empathique des pharmaciens... une forme de "culture vivrière d'adaptation pharmaceutique" !!... Les Pastilles Pulmoll étaient vendues en pharmacie... Aujourd'hui elles sont réservées à l'adulte et à l'enfant de plus de quinze ans, et dans tous les cas, il est mieux dans parler avec un pharmacien...  Je garde le souvenir assez savoureux de traitements contre la toux, les maux de gorge et le rhume qui avaient le goût des Pastilles Pulmoll...

              Pour terminer cette publication j'ai gardé la Pastille Valda... inventée par le pharmacien Lillois Henri-Edmond Canone (1867-1961) en 1904... Elevé dans la terreur du "mal de Poitrine", la Tuberculose faisait rage à l'époque, Canone ne jure que pas les essences Antisepiques naturelles... Et le choix du nom Valda, du latin Valetudo, santé et Dare, donné, n'est pas anodin... il résulte d'une décision de Canone après le décès de son épouse suite à une Tuberculose. Il convient aussi  de se rappeler qu'au début du XXème siècle les Antiseptiques n'existaient pas encore... C'est donc dans un contexte un peu particulier que la Pastille Valda, qui "Donne la santé", une gomme verte, de forme conique, enrobée de sucre cristallisé, et qui colle aux dents, est née !! Ses 5 constituants antiseptiques naturels sont la Menthe poivrée (molécule Menthol), l'Eucalyptus Polybractea (molécule Eucalyptol), le thym (molécule Thymol), le bois de Gaïac (molécule Gaiacol), le Pin des Landes (molécule Terpinéol) et de la gomme arabique... On trouve aussi la molécule Eucalyptol dans le romarin, l'armoise, l'absinthe, le laurier, le sauge et le basilic... Le bois de Gaiac, également appelé "Arbre de vie" ou "Bois Saint", qui est originaire d'Amérique Centrale et des Antilles, mériterait bien un petit travail de recherche... Avec ce bois très dur on tourne des Poulies pour la marine, des roulettes pour les meubles et les célèbres "Bourles" Lilloises... les disques de bois de 9 kilos, ovalisées, du "jeu de bourles"... Une petite curiosité doit etre notée ici : Henri-Edmond Canone était un pharmacien Lillois !! Jouait-il aux Bourles ?! Les pastilles Valda étaient toujours présentées dans de  jolies boites dorées rondes, décorées sur le dessus, de 160 grammes environ, on les trouvait dans toutes les épiceries et les pharmacies. Des boites métalliques, dites médicales, à la fois pratiques, et faciles à conserver dans les poches d'un vêtement... au fond desquelles ma mère lavandière trouvait souvent un peu de sucre lorsqu'elle "retournait" mes chemises, vestes et pantalons avant le lavage !! Parfois même mélangé avec du "Carambar" fondu !! Chaque boite contenait une cinquantaine de ces Pastilles coniques qui ne duraient jamais très longtemps. Dès que la boite était ouverte c'était la "curée", quasiment jusqu'à ce qu'elle soit entièrement vidée, consommées comme de simples friandises... Les Pastilles laissaient un super goût "mentholé", très frais, dans la bouche... Sur le couvercle de chaque boite dorée figurait une feuille d'Eucalyptus, qui était un peu l'emblème de la marque. Dans les collections, sur certaines autres boites, on trouve figurée une guerrière, allégorie de la pastille Valda, terrassant, sabre au clair, l'hydre des maladies infectieuses... et sur la face externe du fond de boite, de toutes les boites, était rédigé un texte de présentation avec les coordonnées du fabricant. Quelques années avant l'invention de la fameuse Pastille Henri-Edmond Canone s'installe à Paris en 1899, et "chronomètre en main, il définit son emplacement en fonction de la fréquentation de la rue. Son choix se porte sur le 49 rue de Réaumur, juste en face des magasins Félix Potin"... Son slogan est alors "Vendre bon, pour vendre beaucoup, vendre beaucoup pour vendre bon marché"... En 1920 il produit près de 10 000 boites de Pastilles Valda par jour... Le succès de la fameuse pastille est quasiment mondial... La marque Valda va même s'installer à Moscou en 1908, au Chili en 1917 et en Chine en 1932. En 1943 il crée les laboratoires ValdaFrique qui, sauf erreur existent encore aujourd'hui. Au plan publicitaire la stratégie de Canone est très efficace et variée, mais je m'en tiendrais ici à deux informations dites artistiques, qui me permettent aussi, par un autre cheminement, de faire le lien avec mon enfance et mon adolescence à Pont Aven,... et j'invite le lecteur à se référer aux dernières notes de ma Petite Bibliographie ci-dessous. La première concerne des automates publicitaires créés en 1910, grâce auxquels les vitrines des pharmacies s'animent et se transforment en petits théatres promotionnels et en particulier l'automate "Docteur Valda" immortalisé par l'affichiste Georges Grellet (1869-1959). Le "Docteur Valda" porte un haut de forme, des favoris blancs, des lunettes et une veste bleue, son pantalon est rouge et son gilet blanc, ses gants pécari... Il est décliné sur toutes sortes de supports publicitaires, des carnets d'excellence et buvards d'élèves jusqu'aux wagons de voyageurs... L'automate "Docteur Valda" (1910-1920), en carton moulé, est actionné par un moteur à mouvement mécanique, avec un système de contrepoids (Courtin), et une manivelle en guise de clé pour remonter le moteur. La tête du "Docteur Valda" bouge de haut en bas, puis de gauche à droite.... C'est une jolie machinerie... Suivront d'autres automates, quatre sur un support rectangualire, dont un en tôle lithographiée et emboutie qui reproduit le dessin créé et signé par Georges Grellet : "Pour ne pas tousser, prenez des "Pastilles Valda"... "L'avion Valda" est également un automate dont chacun pourra trouver la description détaillée dans l'un ou l'autre des ouvrages référencés ci-dessous, notamment celui de Marie Boyer... La seconde information concerne Antoine de Saint Exupéry (1900-1944) qui, durant les années folles, signe une affiche représentant un condamné au pied de l'échafaud, déclarant : "Moi je m'en fous, je suce des Pastilles Valda"... Dès les années 1930, la même communication est déclinée dans le monde entier, avec, comme égérie, Micèle Morgan, née en 1920. Et il me semble que cette publicité provoqua quelques remous dans la presse... D'autres affichistes comme Robert Falucci (1900-1989) et, plus tard, Savignas (1907-2002), réalisèrent des "oeuvres" pour Henri-Edmond Canone et les "Pastilles Valda"...

                   Voilà, j'en termine ainsi avec  mes "confiseries", celles les plus "preignantes", celles qui me  "chatouillaient"  le plus...  Et je sais bien que quelques autres "Bonbecs" sont restés collés au fond de ma mémoire, peut-être parviendront-ils un jour à s'arracher des profondeurs pour émerger dans le présent de mes cogitations mémorielles ??  Peut-être...  Mais je n'ai pas fini d'écrire... 

               Depuis que j'ai lancé ce blog je raconte essentiellement ma famille, mon enfance à Pont Aven et  le Finistère de ma Bretagne natale... vers laquelle je retournerais bientôt, très bientôt... Au fil de ce cheminement, du chemin "emprunté", j'ai retrouvé les "traces" de quelques amis d'enfance... notamment Jean-Jacques, surnommé Dadi parcequ'il est devenu un guitariste virtuose, roi du "picking celtique", et, plus récemment, Pierre, avec lequel j'ai connu de chaleureuses aventures et commis de si pittoresques pêchés véniels, et dont je suis heureux d'être encore l'ami après de si longues années de séparation... Merci à tous les deux !!

Et parce que je sais qu'il vous recevra les bras chargés d'amitié et de bienveillance, je vous invite toutes et tous, lectrices et lecteurs, à programmer, lors d'un indispensable voyage en Bretagne, le pays des korrigans, des fées et des Chevaliers de la "Table Ronde" du Roi Arthur, celui de la mer et de la cité d'Ys, engloutie sans doute au large de la Baie des Trépassés, un long séjour, entre Lorient et Concarneau, dans le gite rural de mon ami :                                                                                                

Pierre Rosot, "Le refuge de la salamandre",

lieu-dit Poultréau, 29300, Baaye. 

Tél : 06. 62. 48. 81. 10

Site Web : www.lerefugedelasalamandre.com                                                                                                                                                                                                                                        

KENAVO                                                               SIZIG LOEIS AR GARREG

Petite Bibliographie

(1Foisil Madeleine, "Journal de Jean Héroard", publication du Centre de Recherche sur la Civilisation de l'Europe Moderne, 2 volumes (Vol. 1, 1601-1608 et Vol. 2, 1609-1628), Fayard, Paris, 1989

(2) Ruel-Kellermann Micheline, "Louis XIII enfant, sa bouche, et son médecin Jean Héroard", ............... M. Ruel-Kellermann est secrétaire générale de la société française d'histoire de l'Art dentaire et présidente de la société française d'odontologie psychosomatique

(3) "Journal de Jean Héroard sur l'enfance et la jeunesse de Louis XIII (1601-1628), extrait des manuscrits orignaux, publié avec l'autorisation de S. Exe, Mr le ministre de l'instruction publique. Par MM. Eud. Soulté et Ed. de Barthélémy. Tome 1er (1601-1610), Librairie de Hrmin Didot Frères, fils et Cie, Paris, 1868.

(4) Labey Robert, "Médicaments de la petite enfance à l'aube du XVIIIème siècle (à propos du journal de Jean Héroard, médecin de Louis XIII), in Revue d'histoire de la Pharmacie, année 1995, Vol. 83, n° 304, pp. 56-66

(5) Michel Gayraud, "Un Narbonnais du IVème siècle : Marcellus et son traité De Médicamentis", Académie des Sciences et Lettres de Montpellier., 20/10/08, in Bulletin de l'Académie des Sciences et Lettres, T. 39, 2008

(6) Danielle Gourevitch, "Fabriquer un médicament composé, solide et compact, dur et sec : formulaire et réalités", in "manus Medica", études réunies par François Gaide et Frédérique Biville, publication de l'université de Provence, Aix-en-provence, 2003, pp. 49-68)

(7) F. Janot, "Les pastilles dorées de Rê : une étape vers l'immortalité", sur le site www.biusante.parisdescartes.fr/shm/VESALIUS/....... année 2000.... F. Janot, pensionnaire de l'Institut Français d'Archéologie Orientale du Caire

Danielle Gourevitch, "Pilules romaines. Noms et réalités", Etudes Luxembourgeoises, Vol. 3, in "La thérapeutique dans l'antiquité. Pourquoi ? Jusqu'où ?", 1999, pp. 40-60

Danielle Gourevitch, "Archéologie et médecine romaine à Reims".... http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhad/vol10.... D. Gourevitch est Directeur d'Etudes à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes...

Marie-Hélène Marganne, "Les médicaments estampillés dans le corpus galénique", in A. Dedru Ed., "Galen on pharmacology", leyde, Brill, 1997, pp.153-174

Voir aussi Antoine Thomas, in Journal des savants, année 1920, Vol. 18, n° 1, pp. 15-21

Martial, ou Marcus Valerius Martialis, "Epigrammes", I-87

A tous les "branchés" de la Rome Antique et de la Cosmétique je conseille la visite du Blog suivant : http://latogeetleglaive.blogspot.fr

Voir http://www.ilgionale.it/........ sur le travail d'Elio Cadelo.... qui considère aussi que, selon les résultats des analyses  ADN de certaines traces archéologiques maritimes (bateau naufragé) les Romains connaissaient et échangeaient sans doute déjà avec l'Amérique, et y avaient peut-être débarqué avant les Vikings, et sûrement bien avant le célèbre Christophe Colomb !!

"La Stéatite dans l'art mobilier du Paléolithique supérieur de Grimaldi (Ligurie. Italie) au Massif de l'Esterel (var. France) : Minéralogie, gîtes et contexte culturel", in "Du Chopper au brillant", sur le site http://precieux.mnhn.

Concernant les coiffes de Bretagne je conseille le site : http://www.infobretagne.com/coiffe-breton.htn

Cécile Raaynal, "Un exemple d'eaue minérale artificielle à reconstituer chez soi : les fameux "Lithinés du Dr Gustin", in Revue d'histoire de la pharmacie, année 2007, Vol. 94, n° 356, pp. 505-518

Sur la Réglisse voir le site http://www.haribo.com/frCH/informations-consommateurs/la-réglisse.html

Suzanne Amigues, "Histoire des plantes", Ed les belles lettres, 2006

Sur la lithographie voir http://legrainoir.free.fe/mario-ferreri.html et www.atelier-impression.fr/legrainoir.htm L'association Le Grainoir est basée à Frejus (83600)

Sur Henri Lafont et les produits ZAN voir les archives de la ville d'Uzès : "Monuments historiques et bâtiments protégés d'Uzès"....  et "Inventaire général du Patrimoine culturel du Gard", réf : I00128727, versement 1995/12/12, Uzès...

"Mémoires d'un bout d'ZAN. La réglisse dans le Gard", office de la culture de la ville d'Uzès, Ed. Equinoxe... et www.museeharibo.fr

"Vade-Mecum du pharmacien, aide-mémoire de pharmacie, à l'affaire et au laboratoire", Eusèbe Ferrand, 1891, 5ème édition, Sur le site de la BNF, "Gallica

"Histoire du Cachou", Antoine de Jussieu, Académie royale de médecine, 1720

"Dissertation sur l'origine du Cachou", Justin Lamoureux, Montpellier, 1812

"Eléments de botanique médicale", Alfred Moquin-Tandon, in "Nouveaux éléments d'histoire naturelle médicale", Désiré Cauvet, Vol. 2, 1869

"Dans la fièvre thermale : la société des eaux minérales de Chatel-Guyon. 1878-1914. Réussite et expansion d'une entreprise thermale", Jérome Penez, Institut d'études du Massif Central, Ed. Clermond-Ferrand, Vol. 1, 1994

"Vichy et ses alentours : Pôle Pharmaceutique Historique", Cécile Raaynal et Thierry Lefebvre, in revue d'histoire de la pharmacie, n° 359, 2008

Voir la superbe exposition temporaire "Les boites métalliques de médicaments", collection B. Bonnemain, sur http://www.shp-asso.org/index.php?page=expositionboites.... Société d'histoire de la pharmacie

Voir "le monde Diplomatique" du 27/02/2012, Jean-Maarie Vaslin, Maitre de conférence de l'A E d'Amiens...

"Automates publicitaires d'une collection. Réflexion sur leur restauration", Marie Boyer, Mémoire de fin d'étude, année 2001, Ecole Supérieure d'Art d'Avignon. Section Conservation-Restauration...

"l'âge d'or des automates, 1848-1914", C. Bailly, Ed. Scala, 1987, Paris

"L'automate et ses mobiles", J.C Beaune, Flammarion, 1980, Paaris

"Les Automates", J Bedel, Ed. Grancher, 1987

"Le monde des automates. Etude historique et technique", A. Capuis et E. Gelis, Eds La Rougery, Vol. 1 et 2, 1928, Paris

"Les automates, figures artificielles d'hommes et d'animaux", A. Capuis et E. Droz, Ed du Griffon, 1949, Neuchatel

Voir aussi le très intéressant site : http://conservationmachines.wordpress.com/2012/16/automates-publicitaires-dune-collection-memoire

voir aussi le "Musée de l'Automate" à Souillac et la collection du grand fabricant Roullet-Descamps

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