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lundi, 17 février 2014

Théodore Botrel, Ludovic Huot, Le Garrec Guillaume Joseph

     Natif de Pont-Aven, la ville aux 14 moulins et aux 15 maisons dans laquelle j'ai vécu avec intensité mon enfance, mon adolescence et la première partie de ma vie d'adulte (1952-1975, environ), c'est seulement en 2012 que j'ai découvert "l'activisme" chansonnier de Théodore Botrel, célèbre auteur compositeur de "la Paimpolaise", qui, "avec sa mitrailleuse à boches..." (G. SERVAT), ne m'a jamais compté parmi ses fans... Mon jeune ami, Renaud Detressan/Soldat Louis, l'un de ses descendants, qui lui aussi a connu, et connait encore, un certain succès dans le "show Bizz" voudra bien me pardonner pour ce qui suit... !!                                                    Et quel activisme !!  Selon Solenn Hellégouach, dans son mémoire présenté en 2009 pour l'obtention du grade de Maitre Es arts musique - option musicologie - à l'Université de Montréal, Théodore Botlel était aussi connu "pour être le père du mouvement de propagande de la "Bonne Chanson"... (un) mouvement qui nait dans le contexte montmartrois, alors qu'en 1900, les chansonniers se réunissent en Congrès pour discuter de l'avenir de leur art, malmené par le flot infatigable de la chanson de café-concert... ". Pour Mme Hellégouach "ce combat pour la "saine" culture... est aussi celui de la IIIème république au nom de la moralité" !! Toujours selon elle, Th. BOTREL "s'inscrit dans un courant qui embrasse la Belle epoque : le régionalisme... Soucieuse de préserver le particularisme des "petites patries" et face au pouvoir centralisateur parisien, l'élite culturelle régionale entreprend un vaste travail de valorisation des régions. La Bretagne occupe une place particulière dans ce courant en tant que conservatoire de la tradition et principale victime des réformes d'Emile COMBES qui s'attaquent aux ferments de son identité : sa langue et sa religion". Il convient de relever ici que le répertoire de Théodore Botrel ne contient, à ma connaissance, aucun texte en langue Bretonne !! Et je ne dirais rien de plus sur l'arme religieuse des colonisateurs... Il importe également de se souvenir des pannonceaux sur les murs des écoles et des services de la République sur lesquels l'on pouvait/devait lire "Défense de parler breton et de cracher par terre". Dans ce contexte Th. BOTREL débutant dans les cabarets artistiques parisiens choisit de ne chanter que sa Bretagne "dans un répertoire exempt de grivoiseries"... Je ne suis pas certain qu'il parlait Breton, ni qu'il l'écrivait... la seule trace d'une écriture en langue bretonne que je connaisse, le concernant, est écrite sur la face arrière du socle de sa statue, en granit Breton, plantée dans un square qui porte son nom sur les quais de l'Aven... mais peut-être est-ce une phrase de lui, je ne sais....

      Dans les années 20, Théodore BOTREL (1868-1925), le barde franscisé, participe donc activement à une campagne de moralisation de la chanson française en prétendant valoriser le terroir... mais exit les pratiques linguistiques et les traditions culturelles bretonnes... Il associe son oeuvre à l'esprit catholique et au régionalisme littéraire, un régionalisme "à la Française", et surtout, selon moi, "à la parisienne", dont l'influence sera marquante de la fin des années 40 jusqu'à la fin des années 50. Th. BOTREL visite deux fois le Québec, en 1922 et en 1930, et collabore avec l'Abbé Charles-Emile GADBOIS qui fonde à son tour, le 14 octobre 1937, la "Bonne chanson" dans le but de diffuser la chanson et le folklore français en terre Québécoise et de contrer l'invasion massive de la chanson américaine... Déjà, depuis 1922, Charles MARCHAND s'était fait le promoteur de ce mouvement au Québec avec son organisme "Le carillon Canadien" ... Et a l'instigation du 1er ministre Wilfrid LAURIER les oeuvres de Th. BOTREL devinrent obligatoires dans toutes les écoles du Québec !!... Comment ne pas faire ici le rapprochement avec "l'interdiction de parler breton et de cracher par terre" affichée dans les établissements scolaires français !!.

     Et c'est dans cette mouvance politico-artistique que je retrouve Ludovic HUOT, l'auteur de "L'homme aux guenilles" (dont j'ai parlé dans une publication précédente), la chanson que mon père, Guillaume Joseph Le GARREC, avait interprèté, à Moelan sur mer, lors du repas de mariage de ma cousine... Sauf erreur, Th. BOTREL, comme Ludovic HUOT, faisait partie des artistes professionnels reconnus engagés comme chantres de l'effort de guerre (14-18/39-45)... d'où l'allusion de Gilles SERVAT dans l'une de ses chansons des années 70... De Ludovic HUOT je ne connais, en fait, que le refrain de cette chanson... un refrain resté gravé en moi depuis de si nombreuses années... le refrain d'une chanson portée par mon père .... l'unique fois que où je l'ai entendu chanter... Et je me demande encore où et  comment il s'en est emparé... "L'homme aux guenilles" est un long texte, et il le savait par coeur !! Impressionnant..., d'autant plus qu'il l'avait en lui, comme en réserve au tréfonds de son être, depuis extrèmement logtemps... car n'ayant jamais eu, à ma connaissaance, l'opportunité de le chanter, du moins durant la douzaine d'années auparavant...!! En connaissait-il d'autres ?, de cet auteur ?, de Th. Botrel ? Autant de questions qui ne trouveront probablement pas de réponses... Je crois bien que ce jour de mariage, un dimanche, non pas à Bamako... mon père avait aussi lancé un message malicieux "à tous ceux qui", une forme de plainte amicale, poétique, par la complainte...

     Mon père est inhumé dans le cimetière de Pont-Aven, comme Th. BOTREL... Ludovic. HUOT je ne sais pas...

   Au fil de mes pérégrinations dans les "milieux" artistiques j'ai travaillé avec de nombreux auteurs-compositeurs-interprètes de Bretagne... quelques-uns créaient et chantaient en Breton, et plus encore aujourd'hui... Dans les années 70-80, j'ai beaucoup tourné avec eux, et pour eux, dans les cafés-concerts et autres lieux de Bretagne... j'ai toujours apprécié l'ambiance de ces lieux et ces moments de musique... J'en témoigne aussi avec malice, n'en déplaise à TH. BOTREL et autres actuels moralistes, les grivoiseries allaient bien, elles étaient poétiquement exrèmement bien défendues...  selon moi, elles vont toujours aussi bien.. et, je l'avoue, ça me convient comme ça !!

     Chers "cousins" canadiens, cher Renaud Detressan, je vous prie d'accepter mes excuses...

     Kenavo.      Sizig Loeis Ar Garreg 

 

 

 

   

      

02:00 Écrit par l'apport du temps dans Blog, Livre, Loisirs, Science, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

1790, le Roi LOUIS et le tabac des matelots

LOI RELATIVE à la FOURNITURE de TABAC aux MATELOTS 

dommée à Paris, le 17 novembre  1790

 

LOUIS, par la grâce de Dieu, et par la Loi conftitutionnelle de l'Etat, Roi des François : A tous préfens et à venir ; salut.

L'assemblée nationale a décrété, et Nous voulons et ordonnons ce qui fuit :

Décret de l'Affemblée Nationale, du 09 novembre 1790

L'Affemblée Nationale, fut le rapport de fon Comité de Marine :

Décrète qu'à compter de la date de la publication du préfent décret, il fera fourni aux matelots, formant les vaiffeaux, du moment qu'ils feront rade, du tabac comme il leur eft fourni à la mer, et au prix qu'il eft donné aux soldats ; que le prix leur en fera retenu fur leurs gages, et qu'ils n'en pourront tranfporter à terre ni dans les ports;

Nous avons fanctionné, et par ces préfentes fignées de notre main, fanctionnons le présent Décret.

Mandons et ordonnons à tous les tribunaux, corps administratifs et municipalités que ces préfentes ils faffent transcrire fur leurs regiftres, lire, publier et afficher dans leurs refforts et départements refpectifs, et éxecuter comme Loi du Royaume. En foi de quoi nous avons figné et fait contrefigner cef dites préfentes, auxquelles nous avons fait apposer le sceau d l'Etat. A Paris, le dix-feptième jour du mois de novembre, l'an de grace Mil fept cent quatre vingt-dix et de notre règne le dix-feptième. Signé LOUIS

Et plus bas, l'archevèque de Bordeaux. Et fcellées du sceau de l'Etat.

Lue, publiée, tranfcrite, ouî, ce requérant le commiffaire du roi, pour être fuivie et exécutée felon fa forme et teneur, et copies collectionnées, envoyées à fa diligence aux juges de Paix des cantons du Reffort ; le tout en exécution du jugement de ce jour. Fait à Thionville au Tribunal de Diftrict, audience publique, le .... (illisible)

Signé MARLY

Le texte ci-dessus est extrait d'un document en consultation libre à la Bibliothèque Nationale Universitaire de Strasbourg, 67000, sous la référence G.139.514.

Puisque le tabac était fourni il serait intéressant d'en connaitre les  méthodes et règles de distribution... et de se rapporter également aux consignes de sécurité à bord des voiliers d'époque... Voir ma publication précdente... 

Selon Ingold, 1991, le tabac a été introduit en france au milieu du XVIème siècle et une  mode du tabac à priser s'est développée à la cour de Versailles courant XVIIème siècle.

A partir de 1700, le tabac se vend le plus souvent dans les magasins de tabac, sous forme de tresses dont le "fumeur" doit chaque fois découper un morceau pour le macher. Autrefois, il était vendu en "pharmacie", puisqu'il était considéré comme "remède".

Après 1810 l'usage de la chique est répandu parmi les marins...

En 1957, le tabac est reconnu comme une toxicomanie par l'OMS !!

Sur le plan "médical G-A Henriek, médecin français du XIXème siècle, écrit ceci : "Voici un fait rapporté par M. Morin, ex-chirurgien de marine, à M. Gory, qui a la même portée en tant qu'observation. Deux bâtiments ayant manqué de tabac au bout de deux mois, tous les marins eurent le SCORBUT, sauf ceux qui, sur le bâtiment de M. Morin machèrent des ficelles servant à raccomonder les cordages. A ce propos nous croyons fort peu intéressante une dissertation ayant pour but de décider si le tabac est, ainsi que l'avance ROUPPE, une cause de SCORBUT, ou un préservatif de cette maladie, ainsi que le soutient RAMAZZINI : du reste nous examinerons à l'article Emploi Médical, quelles sont les affections que le tabac peut guérir, sous les diverses formes qu'on l'emploie"

Toujours selon Henrieck  : "L'usage de la chique a les mêmes effets immédiats et consécutifs que celui de la pipe sur la muqueuse bucale et les glandes salivaires, c'est-à-dire stimulation et sécrétion de salive ; il faut dire en mëme temps que celle-ci est imprégnée d'une plus grande quantité de jus de tabac auquel s'adjoint de la mélasse et le jus de pruneaux employés à la fabrication ; nous ne saurions déterminer au juste si l'absorption  est plus considérable chez les fumeurs  que chez les chiqueurs..."

Il semble bien que déjà à cette époque la conssommation de tabac posait problème. Mon père est décédé accidentellement à la campagne, dans un champ, et je ne l'ai jamais entendu parler d'une quelconque difficulté médicale en rapport avec le tabac à chiquer...  Je ne l'ai vu fumer des cigarettes qu'à de très rares occasions, et ça se voyait bien qu'il n'était pas un adepte tellement il était gauche, maladroit avec cette espèce de tubulure fumante... Mais je crois bien en l'euphorisation provoqué par la consommation du tabac à chiquer. Euphorisation ponctuelle, selon le contexte et les circonstances, et dont, si tout va bien, je vous parlerais bientot...

Je me demande bien aussi comment le jus de pruneaux entrait dans la composition du tabac à chiquer, de mëme que la mélasse ???

Quelques références bibliographiques complémentaires :

Vincent Barthélémy, "Traité du tabac", lyon, 1626. 

Didier Nourrisson, "Tabagisme et antitabagisme en France au XIXème siècle", Vol.7, revue économique et Sté, n°4, 1988. Cedocument peut-être consulté sur le  Site web PERSEE.... que je recommande !

Suite sur une prochaine page. 

KENAVO

Sizig Loeis Ar Garreg

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