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lundi, 17 février 2014

Comme mon père, Guillaume, je n'ai qu'une oreille de chaque côté... et pourtant je suis de Pont-Aven ??

Pour ce premier BLOG, je lance un travail de recherches maritimes sur les navires suivants :

Le KERSAINT, Armement n° 55, Nantes/Le Havre, avril 1922 --  L'Albert bernard, Armement n° 701, ..................................., oct 1922-- Le BOURGNEUF, Armement n° 274, Nantes, novembre 1924 -- Le SUFFREN, à Nantes, décembre 1924 -- Le MONTANA, au HAVRE, février 1925 -- Le CONDE, au Havre, août 1927 -- L'ILLINOIS, au Havre, juillet 1928 -- Le MICHIGANT, au Havre, juin 1929 -- Le DE GRASSE, au Havre, juin 1930 -- Le ZENON, au Havre, septembre 1930 -- Le SAN DIEGO, au Havre, mars 1931 -- Le MASSABULU, au Havre, juillet 1931 -- Le SAINT GERMAIN, ..........., juin 1932 -- Le MARCE, ...................., août 1932 -- Le TOGO, à Lorient, décembre 1932 -- Le TALY (??), à Doélan, septembre 1943 -- Le PONT-AVEN, à Concarneau, mai 1951 -- La PAULETTE, à Lorient, septembre 1954 -- Le FROMRUS, à Concarneau, octobre 1959 -- .

Ces noms de navires ont été extirpés du livret maritime, toilé "cousu main", de mon père, natif de Moélan-sur-mer, à Kergloanou.... Sur ce beau livret maritime de nombreuses informations sur les embarquements et débarquements, les armements et autres sont, malheureusement, quasiment illisibles... j'en appelle donc à la solidarité des gens de la mer pour m'aider à reconstituer son itinérance... sur mer... et sur terre... les escales... les ports d'attache, les destinations, les équipages... 

Merci d'avance les côteries et autres passionnés de Bretagne et du Monde !!

Kenavo, et Blaevez mad........ Signé :  SIZIG LOEIS AR GARREG

 

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Théodore Botrel, Ludovic Huot, Le Garrec Guillaume Joseph

     Natif de Pont-Aven, la ville aux 14 moulins et aux 15 maisons dans laquelle j'ai vécu avec intensité mon enfance, mon adolescence et la première partie de ma vie d'adulte (1952-1975, environ), c'est seulement en 2012 que j'ai découvert "l'activisme" chansonnier de Théodore Botrel, célèbre auteur compositeur de "la Paimpolaise", qui, "avec sa mitrailleuse à boches..." (G. SERVAT), ne m'a jamais compté parmi ses fans... Mon jeune ami, Renaud Detressan, l'un de ses descendants, qui lui aussi a connu le succès du "star système" l'espace d'un été, voudra bien me pardonner pour ce qui suit... !!                                                                                                                                   

    Et quel activisme !!  Selon Solenn Hellégouach, dans son mémoire présenté en 2009 pour l'obtention du grade de Maitre Es arts musique - option musicologie - à l'Université de Montréal, Théodore Botlel était aussi connu "pour être le père du mouvement de propagande de la "Bonne Chanson"... (un) mouvement qui nait dans le contexte montmartrois, alors qu'en 1900, les chansonniers se réunissent en Congrès pour discuter de l'avenir de leur art, malmené par le flot infatigable de la chanson de café-concert... ". Pour Mme Hellégouach "ce combat pour la "saine" culture... est aussi celui de la IIIème république au nom de la moralité" !! Toujours selon elle, Th. BOTREL "s'inscrit dans un courant qui embrasse la Belle epoque : le régionalisme... Soucieuse de préserver le particularisme des "petites patries" et face au pouvoir centralisateur parisien, l'élite culturelle régionale entreprend un vaste travail de valorisation des régions. La Bretagne occupe une place particulière dans ce courant en tant que conservatoire de la tradition et principale victime des réformes d'Emile COMBES qui s'attaquent aux ferments de son identité : sa langue et sa religion". Il convient de relever ici que le répertoire de Théodore Botrel ne contient, à ma connaissance, aucun texte en langue Bretonne !! Et je ne dirais rien de plus sur l'arme religieuse des colonisateurs... Il importe également de se souvenir des pannonceaux sur les murs des écoles et des services de la République sur lesquels l'on pouvait/devait lire "Défense de parler breton et de cracher par terre". Dans ce contexte Th. BOTREL débutant dans les cabarets artistiques parisiens choisit de ne chanter que sa Bretagne "dans un répertoire exempt de grivoiseries"... Je ne suis pas certain qu'il parlait Breton, ni qu'il l'écrivait... la seule trace d'une écriture en langue bretonne que je connaisse, le concernant, est écrite sur la face arrière du socle de sa statue, en granit Breton, plantée dans un square qui porte son nom sur les quais de l'Aven... mais peut-être est-ce une phrase de lui, je ne sais....

      Dans les années 20, Théodore BOTREL (1868-1925), le barde franscisé, participe donc activement à une campagne de moralisation de la chanson française en prétendant valoriser le terroir... mais exit les pratiques linguistiques et les traditions culturelles bretonnes... Il associe son oeuvre à l'esprit catholique et au régionalisme littéraire, un régionalisme "à la Française", et surtout, selon moi, "à la parisienne", dont l'influence sera marquante de la fin des années 40 jusqu'à la fin des années 50. Th. BOTREL visite deux fois le Québec, en 1922 et en 1930, et collabore avec l'Abbé Charles-Emile GADBOIS qui fonde à son tour, le 14 octobre 1937, la "Bonne chanson" dans le but de diffuser la chanson et le folklore français en terre Québécoise et de contrer l'invasion massive de la chanson américaine... Déjà, depuis 1922, Charles MARCHAND s'était fait le promoteur de ce mouvement au Québec avec son organisme "Le carillon Canadien" ... Et a l'instigation du 1er ministre Wilfrid LAURIER les oeuvres de Th. BOTREL devinrent obligatoires dans toutes les écoles du Québec !!... Comment ne pas faire ici le rapprochement avec "l'interdiction de parler breton et de cracher par terre" affichée dans les établissements scolaires français !!.

     Et c'est dans cette mouvance politico-artistique que je retrouve Ludovic HUOT, l'auteur de "L'homme aux guenilles" (dont j'ai parlé dans une publication précédente), la chanson que mon père, Guillaume Joseph Le GARREC, avait interprèté, à Moelan sur mer, lors du repas de mariage de ma cousine... Sauf erreur, Th. BOTREL, comme Ludovic HUOT, faisait partie des artistes professionnels reconnus engagés comme chantres de l'effort de guerre (14-18/39-45)... d'où l'allusion de Gilles SERVAT dans l'une de ses chansons des années 70... De Ludovic HUOT je ne connais, en fait, que le refrain de cette chanson... un refrain resté gravé en moi depuis de si nombreuses années... le refrain d'une chanson portée par mon père .... l'unique fois que où je l'ai entendu chanter... Et je me demande encore où et  comment il s'en est emparé... "L'homme aux guenilles" est un long texte, et il le savait par coeur !! Impressionnant..., d'autant plus qu'il l'avait en lui, comme en réserve au tréfonds de son être, depuis extrèmement logtemps... car n'ayant jamais eu, à ma connaissaance, l'opportunité de le chanter, du moins durant la douzaine d'années auparavant...!! En connaissait-il d'autres ?, de cet auteur ?, de Th. Botrel ? Autant de questions qui ne trouveront probablement  pas de réponses... Je crois bien que ce jour de mariage, un dimanche, non pas à Bamako... mon père avait aussi lancé un message malicieux "à tous ceux qui... ", une forme de plainte amicale, poétique, par la complainte...

     Mon père est inhumé dans le cimetière de Pont-Aven, comme Th. BOTREL... Ludovic. HUOT je ne sais pas...

   Au fil de mes pérégrinations dans les "milieux" artistiques j'ai travaillé avec de nombreux auteurs-compositeurs-interprètes de Bretagne... quelques-uns créaient et chantaient en Breton, et plus encore aujourd'hui... Dans les années 70-80, j'ai beaucoup tourné avec eux, et pour eux, dans les cafés-concerts et autres lieux de Bretagne... j'ai toujours apprécié l'ambiance de ces lieux et ces moments de musique... J'en témoigne aussi avec malice, n'en déplaise à TH. BOTREL et autres actuels moralistes, les grivoiseries allaient bien, elles étaient poétiquement exrèmement bien défendues...  selon moi, elles vont toujours aussi bien.. et, je l'avoue, ça me convient comme ça !!

     Chers "cousins" canadiens, cher Renaud Detressan, je vous prie d'accepter mes excuses...

     Kenavo.      Sizig Loeis Ar Garreg 

 

 

 

   

      

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